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Cyber-guerre. Une autre perspective

Les meilleurs « hackers » sont américains.

Comme pour ajouter foi à cette remise à plat d’un réalité moins univoque que ne le disent les adeptes de la menace chinoise tous azimuts oublieux de leurs propres machinations occultes, le général Hayden, ancien Directeur de la CIA et de la National Security Agency, a lui-même confirmé ce que chacun savait déjà : les États-Unis se livraient aussi à la recherche de renseignements électroniques, enfouis dans les ordinateurs appartenant non seulement aux adversaires potentiels – terroristes ou pays faillis -, mais également aux pays amis.

Prenant soin de rappeler que les États-Unis ne ciblaient jamais les entreprises industrielles privées comme le font les Chinois, Michael Hayden explique : « nous n’attendons pas qu’une bonne âme transforme les données en photons et en électrons et nous les envoie. Nous allons les chercher là où elles se trouvent, dans les réseaux de l’adversaire. Et dans cette activité nous sommes les meilleurs. » On ne saurait être plus clair.

Les Chinois savent tout cela. Dès lors on comprend leur sérénité face aux attaques répétées de Washington dont les leviers pour faire pression sont limités, sauf à affirmer, de manière très subjective, que leur espionnage est moins condamnable que celui des autres, puisque, disent-ils – mais les Chinois ne les croient pas –, ils n’attaquent jamais les groupes privés, seulement les systèmes informatiques des Etats.

Le fait est que la réalité de la menace est soudain en question, tandis que Pékin et Washington se retrouvent dans le même camp de « hackers » informatiques, se livrant à des activités d’espionnage que tout le monde pratique en temps de paix comme en temps de guerre, dans un contexte où il n’existe aucune règle autres que celles que les espions se fixent eux-mêmes.

Goldsmith conclut que les États-Unis ont beau se lamenter, leurs réactions publiques « sont pathétiques ». Qu’elles soient diplomatiques ou articulées autour de menaces de sanctions (mise en accusation de citoyens chinois par les tribunaux américains).

Plus destinées à alerter la communauté internationale, que Washington espère rallier à sa cause, elles n’ont aucune chance d’être efficaces contre la Chine. Dans l’état actuel du Droit international, les seules actions opérationnelles possibles ne peuvent être que les contre mesures électroniques, que les cibles potentielles des hackers chinois civiles ou militaires, aux États-Unis et ailleurs, doivent s’appliquer à développer et améliorer.

NOTE de contexte

(mise à jour le 10 juin 2013).

Le programme « PRISM »

Lors de sa rencontre informelle le week-end du 9 juin en Californie, Barack Obama était d’autant moins à l’aise pour dénoncer l’agressivité des hackers chinois que l’administration américaine est aujourd’hui sur la sellette pour son programme antiterroriste de surveillance du net mondial, baptisé « PRISM », dont la teneur a d’abord été révélée par le Guardian et le Washington Post dans plusieurs articles.

Dans un article du 10 juin, le journal allemand Die Welt ironisait qu’en accusant la Chine d’intrusions électroniques « Obama devait se sentir un peu comme un amateur de vin faisant l’apologie des buveurs d’eau ». La dénonciation du programme par nombre de médias occidentaux a donné l’occasion à Yang Jiechi, l’ancien ministre des Affaires étrangères, successeur de Dai Bingguo à la tête des affaires stratégiques, de replacer Pékin sur un pied d’égalité avec Washington « les défis de la cyber-sécurité se posent autant à la Chine qu’aux États-Unis ».

S’il fallait une preuve que les États-Unis, qui considèrent le net comme une source de risques terroristes, sont bien plus impliqués que la Chine dans les intrusions informatiques, le programme « PRISM », que le président Obama a cautionné et défendu, en est une éclatante. Lancé en 2007 par Georges Bush et développé pendant le premier mandat d’Obama, il contrôle grâce à ses capacités d’intrusion, Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, Youtube et Skype.

L’administration présente le programme comme une action légale destinée à obtenir des informations sur les réseaux terroristes et les services secrets étrangers, à partir de leurs échanges internet. Selon James R. Clapper responsable des opérations spéciales à la Maison Blanche, PRIMS est un atout majeur dans la lutte antiterroriste.

Les moyens mis en œuvre sont considérables puisque la National Security Agency (NSA) dispose d’une centre de stockage de données construit sur 10 hectares. Clapper ajoute que les intrusions sont autorisées par une juridiction spécialement créée à cet effet, mais dont les décisions sont gardées secrètes.

En interne, les États-Unis sont, après Wikileaks, confrontés à une nouvelle affaire de fuite de secrets d’état. Le 9 juin Edward Snowden (29 ans), qui dit être un ancien agent secret de la CIA, a avoué être la principale source des récentes informations sur les opérations secrètes de la NSA. Snowden explique qu’il a fait ces révélations en réaction à « la surveillance systématiques de citoyens innocents. »


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Par Anonyme Le 10/06/2013 à 14h38

Cyber-guerre. Une autre perspective.

"Les Etats-unis n’attaquent jamais les groupes privés, seulement les systèmes informatiques des Etats."
Je ris autant que les chinois. Quel pays alloue le plus de budget pour espionner la France : les États-unis. Les États unis utilise la plus grosse part de leur budget d’espionnage pour quel pays : la France.
Si la France n’avait aucune activé aéronautique la situation serait surement bien différente.
Les réactions sont certes pathétiques mais quelque groupe aura eu le besoin d’attiser la haine contre la chine.
Sinon splendide le "Et dans cette activité nous sommes les meilleurs"

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