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De la guerre électronique aux « cyber conflits ». La Chine en première ligne

Une prise de conscience tardive.

Pour l’APL le réveil a sonné deux fois. Lors de la première guerre du Golfe, les militaires chinois avaient observé avec une certaine inquiétude à quel point les progrès high-tech sur fond de révolution dans les systèmes de Commandement et de Contrôle avaient permis à l’OTAN de prononcer des attaques à distance par missiles de croisière, le tout dans un environnement où le ravitaillement en vol des chasseurs, avant ou après les missions, parfois les deux, était réglé comme un ballet que rien ne venait troubler.

Quelques années plus tard, le 7 mai 1999, l’Ambassade de Chine à Belgrade qui abritait une station de radio serbe diffusant des messages appelant à la haine, essuyait elle aussi un tir de missile de croisière, guidé par les émissions électroniques de l’ambassade. Aujourd’hui plus personne ne croit à l’affabulation américaine d’une erreur provoquée par l’utilisation de cartes périmées.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les progrès chinois dans le domaine des contre-mesures électroniques, puis des intrusions dans les systèmes de commandement, aient commencé dès le début des années 2000. Ils sont attestés par un nombre important de rapports et d’études ouvertement publiés par l’Université de la Défense Nationale, l’Académie des Sciences Militaires et nombre de centres de recherches travaillant sur la question.

En 2000, l’objectif était fixé dans un ouvrage publié par l’Université de la Défense Nationale, intitulé « La science des campagnes militaires – Zhan Yixue - 战役学 - ». Ce dernier précisait que « la maîtrise du flux de l’information de l’adversaire et la conquête de la supériorité dans ce domaine constituent les priorités stratégiques et tactiques de l’APL ».

L’Etat-major a traduit cette intention générale en une série d’actions destinées à mettre l’APL en mesure de pénétrer le dispositif électronique de commandement et de contrôle de l’adversaire, cerveau des opérations militaires aéroterrestres, de le brouiller, et, si nécessaire, de le détruire par une attaque missile.

Le but à atteindre étant ainsi défini les étapes suivantes ont consisté à définir une organisation de commandement chapeautant les unités chargées de la mise en œuvre, à répartir la tâche de mise au point des équipements entre les divers centres de recherches militaires, en liaison avec les universités civiles et les grands ministères concernés, et à tenter par tous moyens de combler les lacunes technologiques, notamment par l’espionnage industriel.

Dès lors le système chinois a fait feu de tous bois, sur un mode multidirectionnel, utilisant toutes les ressources humaines et les techniques disponibles, dans un contexte où, en Chine encore plus qu’ailleurs, quand on touche aux questions de sécurité, la limite entre recherche civile et militaire n’existe pas.


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