›› Chronique
Une alarme inquiétante pour le marché immobilier.
Les raisons de l’échec sont multiples. Elles vont du manque de services médicaux et d’hôpitaux, au déficit d’écoles en passant par la mauvaise connexion internet, l’absence du câble TV ou la rareté des distractions culturelles. Surtout, le projet s’est enlisé dans ses propres sables mouvants de la spéculation immobilière qui fit monter les prix à une vitesse vertigineuse au rythme de 50% par an. Comme le dit un témoin, ouvrier du bâtiment venu du Shandong, « Il n’y a personne. La ville ressemble à une vaste publicité immobilière. »
Aujourd’hui, au vent froid de la steppe s’ajoute celui de l’inquiétude face à la chute des prix immobiliers et de l’angoisse, pour les cadres locaux responsables du projet, d’être désignés comme des fonctionnaires corrompus ayant dilapidé l’argent public. Selon les agences immobilières, les prix ont baissé de 60%, tandis qu’ailleurs on se demande si la secousse n’annonce pas des craquements plus graves, pouvant déclencher des mouvements de panique.
Le Premier Ministre a promis de tenir fermement la barre des prix immobiliers, malgré le récent relâchement du contrôle monétaire. Mais à Ordos, les prix sont déjà tombés au-dessous de la cote d’alerte en quelques mois. Presque partout en Chine l’immobilier ralentit ou baisse, avec une accélération importante à Pékin, Shanghai, Canton et Shenzhen.
Avec un schéma politico-économique qui lie le dynamisme du marché immobilier aux revenus des provinces et des municipalités, dont beaucoup sont endettées, Pékin craint désormais une contagion vers les banques qui, lors de la crise, avaient protégé les budgets des administrations provinciales de la faillite.

