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L’énergie de fusion et la préservation de la biodiversité. En attendant Kunming 2021

La fusion « aux caractéristiques chinoises. »

Le rêve chinois rencontre celui ultime 终极 de l’énergie illimitée « 能源 终极 梦想 » : La légende dit « Un scientifique chinois imite le soleil 中国科学家 种 太阳 ».


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La dernière partie de l’article annonce clairement l’ambition de Pékin de préparer la construction de son propre réacteur de fusion nucléaire en Chine. 中国参与ITER计划的最终目的, 是为建成自己的核聚变反应堆做准备. L’annonce fait suite à l’historique des recherches chinoises sur la question, commencées, disent les auteurs, dans les années 50 – 60.

Au point que selon Caixin, la Chine se classerait - claire allusion au discours international de Pékin que Xi Jinping a encore répété à l’ONU -, au « premier rang des pays en développement » 居发展中国家之首 pour la mise en œuvre de cette technologie. »

Reprenant le slogan politique de la « spécificité » chinoise, le journal ajoute que, concernant la fusion 核聚变, la conception des équipements, leur construction 工程技术 et l’expérience 实验方面 de la physique des plasmas 等离子体, la recherche chinoise et ses applications avaient leurs « propres caractéristiques 有自己的特色. » (...)

« Dans les années 1990, la Chine a commencé à développer des tokamaks de tailles diverses. A cet effet, elle a successivement construit les tokamaks supraconducteurs HT-7 et HL-2A. Dès 2006, elle a construit le “tokamak-EAST“ (pour Experimental Advanced Superconducting tokamak, en Chinois 先进实验超导托卡马克实验装置) non circulaire qui fut le premier tokamak entièrement supraconducteur au monde. »

« Avec le tokamak HL-2M », dit Laurent Sacco dans un article de Futura Sciences du 21 décembre 2019, « la Chine entend bien apporter sa nouvelle pierre au projet ITER en atteignant une température 200 millions de degrés. »

Laurent Sacco rappelle cependant « le tomakak Fusion Test Reactor (TFTR) de l’Université de Princeton dans le New Jersey, avait déjà atteint une température de 510 millions de degrés en 1995, un record du monde qu’il détient toujours ».

Par ailleurs, en 2003, autre record, le tokamak français du CEA avait obtenu un plasma [3] stable pendant six minutes et-demie.

Mis au point et construit par l’Institut de Physique du Sud-ouest de Chengdu, partie de la China National Nuclear Corporation, le réacteur à fusion HL-2M, faisant suite au HL-2A, pour lequel la Chine a investi près d’un milliard de $, est l’un des trois tomakaks nationaux en activité en Chine.

Les deux autres sont le « tokamak-EAST » de l’Institut de sciences physiques de Hefei cité plus haut et le « J-TEXT » - Joint Texas Experimental tokamak – issu d’une coopération de recherche sino-américaine implantée dans l’Université des sciences et technologies de Huazhong (HUST à Wuhan.

En 2017 la Chine avait débuté la conception technique du CFETR (China Fusion Engineering Testing Reactor) dont la puissance devrait atteindre 1 GW avec l’objectif, disent les Chinois, d’assurer la transition entre la phase ITER et le projet DEMO (Demonstration Power Plant).

Ce dernier vise à démontrer qu’il est possible de produire de l’électricité à la manière d’une centrale électrique traditionnelle, en utilisant l’énergie générée par des réactions de fusion nucléaire se produisant au cœur d’un plasma porté à haute température (plusieurs millions de degrés Celsius).

En attendant Kunming 2021. Progrès des « renouvelables », mais enthousiasme financier de la Chine en berne.

Le prochain sommet sur la biodiversité à Kunming (ici le parc Daguan), initialement prévu en octobre 2020 a été reporté du 17 au 30 mai 2021. Alors que l’élan pour les financements a diminué les organisateurs craignent que les actions concrètes ne soient pas à la hauteur des enjeux.


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En attendant le « rêve » de l’énergie de fusion décarbonnée inépuisable dont la réalisation ne sera pas possible avant 2050, la Chine développe son parc de 48 centrales nucléaires en fonctionnement (lire : Nuclear Power in China) et se débat du mieux qu’elle peut dans ses contradictions, tiraillée entre ses promesses écologiques et ses très voraces besoins en énergie.

Pour Li Shuo (Greenpeace pour l’Asie de l’Est), les récentes performances chinoises n’ont pas été bonnes, avec toujours d’importants investissements dans le secteur des énergies fossiles.

En dépit des signes très encourageants de l’augmentation de la part des énergies propres dans le mix énergétique (chiffres de mars 2020 : Charbon 64%, renouvelables 28%, Nucléaire 5%, Gaz 3%), la politique énergétique chinoise, se présente, dit Li Shuo comme une « bête à deux têtes, chacune essayant de courir dans une direction opposée »

Le constat global du sommet de l’ONU sur la biodiversité réuni par le Secrétaire Général Antonio Guterres en marge de l’Assemblée Générale était pessimiste. Une des raisons est que le président Xi Jinping s’est montré moins affirmatif et moins allant que lors de son discours de l’assemblée générale.

Alors que la prochaine conférence sur la biodiversité est, après son report, désormais prévue à Kunming du 17 au 30 Mai 2021, le Président chinois n’a pas présenté la vaste perspective que certains attendaient pour corriger les destructions d’environnement et le recul de la biodiversité.

Le discours du n°1 préenregistré diffusé en vidéo-conférence s’est contenté de vagues paroles pour « promouvoir l’harmonie entre l’homme et la nature et « entre le développement économique et la protection de l’environnement. ».

Alors que 20 promesses de biodiversité sur 44 arrêtées en 2010 à Aichi au Japon n’ont pas été tenus, tandis que 19 objectifs n’ont été atteints qu’en partie, il manque 600 à 700 Mds de $ de financements. Seule l’Allemagne et quelques rares pays européens se sont engagés avec des promesses fermes de financement.

Les États-Unis n’avaient même pas envoyé un représentant et le 29 septembre, Bolsonaro au Brésil a révoqué la loi nationale sur la préservation de la mangrove.

« Si l’enthousiasme n’est plus au rendez-vous, et si on se contente de rhétorique, le sommet Kunming sera un échec », dit Li Shuo.

Note(s) :

[3L’état plasma est un état de la matière différent de l’état solide, liquide ou gazeux, - exemples la foudre, les flammes - dont les propriétés chimiques diffèrent de celles des autres états. Il apparaît à températures élevées favorisant l’arrachement des électrons aux atomes qui forment une nébuleuse d’électrons très actif appelée « soupe » dans laquelle baignent aussi des ions chargés électriquement et des molécules neutres.


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