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"La Grande Muraille de Chine"

Par Michel Jan

La "Longue Muraille" est-elle un mythe ? Oui, bien sûr, mais avec des racines complexes dans la réalité. Les premières mentions écrites de murailles frontalières datent du 7è siècle avant JC. A l’origine étaient des seigneuries comprenant une ville murée entourée de terrains de culture et d’élevage protégés par d’autres murailles. Sur la périphérie du monde sédentaire et civilisé, les seigneurs repoussaient les limites de leur domaine et contenaient les barbares nomades par de nouvelles murailles.

C’est ainsi qu’à l’époque des "Royaumes combattants" (de 475 à 221 avant JC), le bas et moyen Fleuve Jaune se trouva partagé entre sept Etats principaux, dont les limites étaient marquées par des murs de terre ou de pierre. Il en existe encore de nombreuses traces dans la grande plaine du nord de la Chine, jusque bien au sud de Pékin. Après la victoire de QIN (221 av.JC) et la fondation du premier Empire chinois couvrant toute cette zone, l’idée dominante fut d’utiliser et de compléter les éléments de murailles se trouvant face au Nord et à l’extrême Ouest et, au contraire, de détruire ou de percer les obstacles séparant les anciens royaumes.

Presque toutes les dynasties ont renforcé ou édifié des murailles sur les frontières nord. Mais deux d’entre elles - les HAN (du 2è siècle avant au 2è siècle après JC) et les MING (14è-17è siècles) ont bâti leur propre système défensif, compliquant ainsi les divers tracés. Les HAN, à la recherche d’alliés contre les Xiongnu (ancêtres des Huns) étendirent l’Empire et ses murailles en direction de l’Asie centrale. Les MING rebâtirent et unifièrent murs et fortifications du Gansu au Yalu, créant le mythe actuel de la Grande Muraille unique "de 10 000 li". L’auteur a soin de nous faire sentir aussi comment les nomades du nord, de Tumen à Gengis Khan, ont ressenti la muraille et l’Empire qui voulaient leur interdire le Sud.

Contraint de faire court, Michel JAN a fait deux livres en un. Il évoque l’histoire dans un style visuel et littéraire, entrecoupé de citations poétiques attachées au mythe. Connaisseur de la steppe autant que de la Chine, il s’appuie sur Sima Qian, le premier historien chinois, Aurel STEIN, le grand explorateur des confins, ou Victor SEGALEN, le poète des stèles, et sur maints auteurs chinois anciens. Mais ce beau texte est complété, sur un ton différent, par quatre-vingt pages de notes et d’annexes qui apportent la précision historique et géographique et méritent tout autant la lecture.

NB : Le texte principal de ce livre a été publié sous le même titre en 2000, accompagnant les admirables photographies de Roland et Sabrina MICHAUD (Ed. Imprimerie nationale). Traduit en anglais et en allemand.


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