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Enfin les débats ont encore une fois souligné les risques pour le pays d’une corruption généralisée qui, selon un chercheur de Qinghua, pose un problème de confiance à toute la société chinoise. Evidemment cette inquiétude monte en corollaire des interrogations concernant la démocratie et les élections libres, qui permettraient un contrôle par un contre-pouvoir. Car au fond, chacun sent bien que les deux questions sont liées. Sans une contrôle exercé sur les responsables et les chefs d’entreprise corrompus par le peuple dûment représenté, la lutte contre la corruption restera partiellement inefficace et la cohésion de la société chinoise -qui est tout sauf harmonieuse- menacée. Notons cependant qu’une forme d’élections existe dans les villages : les familles reçoivent la visite « d’enquêteurs » qui recueillent les votes non secrets des électeurs, à partir d’une liste de candidats établie par le parti. Ces derniers se font connaître en faisant du porte à porte ou en organisant des réunions publiques.
Ces préoccupations nouvelles de la Chine se réflètent comme d’habitude dans les derniers slogans qui fleurissent sur les banderolles rouges : De « l’édification des campagnes socialistes », en passant par « la protection des droits démocratiques par le vote », jusqu’à « l’édification d’une société harmonieuse », tout indique que la Chine est en train de manœuvrer à sa manière, pour éviter d’aller dans le mur. Il reste à savoir si l’organisation pesante et rigide de l’appareil sera assez efficace pour conduire ces réformes et si les intérêts et les lobbies touchés par ce lent et lourd virage (cadres locaux privés des revenus de la terre et des taxes, chefs d’entreprises qui profitent des bas salaires des mingong) ne seront pas à l’origine de conflits internes.
