›› Chronique
L’Afrique 2e fournisseur d’hydrocarbures
Au cours du 2e trimestre, le 2e point focal de la diplomatie économique chinoise fut l’Afrique. Avec toujours en tête la quête d’énergie (20% des importations de pétrole viennent d’Angola et du Nigeria et placent l’Afrique au 2e rang derrière le MO des fournisseurs de la Chine), Li Keqiang à néanmoins tenu à montrer que la relation dépassait le secteur des ressources primaires et s’intéressait au développement du Continent, avec en arrière pensée l’idée de désamorcer les critiques parfois faites à la Chine de ne respecter ni les sociétés africaines, ni les lois du travail, ni l’environnement.
Consolider la relation hors ressources primaires
Au Nigeria, une des priorités chinoises en Afrique, des contrats ont été signés dans l’aviation, la finance et, avec Huawei et ZTE, pour la téléphonie 4G, tandis que China Railway Construction Corp (CRCC) signait un contrat de 13 Mds de $ pour la construction d’une ligne de train rapide sur une distance de 1385 km. En Angola, 1er partenaire de la Chine pour le pétrole avec une colonie de plus de 200 000 chinois où SINOPEC possède 15% du champ pétrolier de Marathon dont une partie avait été acheté à Total en 2011, les compagnies chinoises travaillent depuis le milieu des années 2000 pour étendre et moderniser le réseau ferré.
Enfin au Kenya, Li Keqiang a annoncé que la Chine était prête à encourager les entrepreneurs locaux et à investir pour créer une zone de production high-tech capable d’attirer des investisseurs étrangers, tandis que Pékin cautionnera et financera aussi, en grande partie par le truchement de l’Exim-bank, la coopération entre Nairobi et Kampala pour la construction d’une voie ferrée au gabarit international entre la capitale ougandaise à la mer.
Une manne financière appréciée, malgré les critiques
Globalement, il est exact que la présence chinoise crée de nouvelles opportunités pour un continent qui monte en puissance, au milieu d’une « surchauffe démographique » dangereuse. Dans ce contexte, la relation avec la Chine qui véhicule un désir de commerce et d’investissements à des échelles assez nouvelles en Afrique, profite aux pays bien gérés, capables d’articuler des politiques de développement harmonieuses et planifiées pour le long terme. Malgré les critiques qui montent ça et là sur l’attitude prédatrice de la Chine, la vérité est que les relations ont jusqu’à présent globalement été plutôt mieux perçues par les Africains émancipés que celles avec leurs anciens mentors coloniaux.
Pour autant, les compagnies chinoises avides de ressources peuvent, si leurs actions sont mal contrôlées, devenir des partenaires encombrants et des sources de déboires pour les pays dont les systèmes politiques corrompus détournent la mise en valeur du pays au profit des individus et des clans. Enfin, il faut une fois encore relativiser l’empreinte chinoise en Afrique, même si sa montée en puissance, partie de rien il y a 10 ans, impressionne.
Chine - Afrique : un fort potentiel de croissance
En dépit des très fortes augmentations des échanges commerciaux qui, à la fin 2014 atteindront probablement 200 Mds de dollars contre 50 Mds à la fin des années 90, l’impact de la Chine en Afrique reste en effet moins large qu’on le dit. Selon une étude de la Bookings Institution, le stock des investissements chinois y représente toujours moins de 5% du total, tandis que la proportion du commerce chinois plafonne également à moins de 6%.
Vastes projets avec les pays arabes
Dernier pilier de la diplomatie économique chinoise au 2e trimestre : les 22 pays de la Ligue Arabe à qui Xi Jinping a, le 5 juin, lors du 6e Forum Chine – Pays arabes, proposé un partenariat de coopération pour l’énergie, avec en retour une augmentation des investissements chinois dont le stock serait portés à 60 Mds de $ destinés au développement des infrastructures, assortis de facilités d’investissement accordées aux capitaux arabes en Chine ; à quoi s’ajouteront de nouvelles coopérations dans les domaines de l’espace, de l’énergie nucléaire civile et des énergies vertes.
En perspective un accord de libre échange qui porterait le commerce des pays arabes avec la Chine à 600 Mds de $ (soit plus du double du volume actuel), dans le cadre d’une stratégie de resserrements des liens appuyée par des échanges culturels et éducatifs avec la formation en Chine de 6000 stagiaires.
Photo Forum Chine – Pays arabes à Pékin, le 5 juin 2014.

