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Les « docteurs Folamour » de l’économie mondiale

La lutte contre l’inflation otage du statuquo politique.

L’inflation est devenue en 2011 une des priorités du gouvernement. Ce dernier a augmenté 11 fois le taux de réserve obligatoire des banques (il est aujourd’hui 21,5%) et 5 fois les taux d’intérêts (fixé aujourd’hui à 6,56 % légèrement au-dessus de l’inflation, alors que le taux de rémunération des dépôts à 1 an reste bloqué à 3,5% très en-dessus de la hausse des prix).

Depuis 2010, la Commissions Nationale pour la Réforme et le Développement (CNRD) a exigé des rapports quotidiens sur la situation des prix de détail et augmenté ses pressions pour les contrôler.

Il reste que l’inflation est toujours élevée, avec les prix alimentaires en hausse de 13,4 % en août - le porc ayant battu un record à + 52,3% -. Une situation qui frappe de plein fouet les citadins pauvres, dont le budget nourriture devient exorbitant.

La raison en est, en partie, que le schéma de développement repose toujours sur le crédit facile, les prix de l’énergie subventionnés, les préférences accordées aux grands groupes, les faibles coûts de la main d’œuvre, principal frein à la hausse de la consommation, dans un contexte général où, après la relance de 2008, les banques sont redevenues des allocateurs de capitaux publics.

Plus que technique, le blocage est politique. En amont du 18e Congrès, il est en effet difficile de faire évoluer un système économique où s’enchevêtrent les intérêts catégoriels des clans et des factions qui peinent à abandonner les prébendes d’un schéma de croissance stimulé par la manne financière de l’argent public, et figé par une conception politique attachée au statuquo.

C’est très exactement ce à quoi faisait allusion Anoop Singh, le Directeur de la branche Asie Pacifique du FMI, quand, à l’issue d’une réunion le 24 septembre avec le Directeur de la Banque de Chine, Zhou Xiaochuan, il expliquait à la presse qu’un nouveau plan de relance chinois « serait mieux utilisé s’il aidait à stimuler la consommation plutôt qu’à soutenir l’investissement et le crédit ».

Le contrôle macro-économique du pays évolue dans une marge étroite entre l’obligation de resserrer le crédit générateur d’inflation et le souci de ne pas écraser la croissance, condition de la stabilité sociale. Avec en arrière plan la contrainte d’un schéma de développement arrivé au bout de sa logique.


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