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Les longues stratégies chinoises dans l’Arctique

NOTE de CONTEXTE

Les 7 colonnes en marbre blanc provenant du Vieux palais d’été détruit en 1860 restituées à la Chine en 2014 par le musée d’art de Bergen. Le geste était une bonne volonté du gouvernement norvégien en « réparation » de l’attribution du prix Nobel au dissident Liu Xiaobo en 2010 que Pékin considérait comme une atteinte à sa souveraineté. Si la Norvège tenait à l’amélioration des relations pour écouler son saumon en Chine, Pékin dont la stratégie dans l’arctique ne peut pas se passer de la Norvège, était tout aussi disposé au retour normal des relations.


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Lorsque Pékin et Oslo reprirent des relations normales après la querelle à propos du prix Nobel attribué à Liu Xiaobo, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi avait enveloppé le pragmatisme de Pékin dans une leçon de contrition adressée à Oslo : « La Norvège qui a profondément réfléchi aux raisons ayant heurté la confiance réciproque, a solennellement consulté la Chine sur les moyens d’améliorer la relation bilatérale ».

Rédigé avec la Norvège également intéressée par la relance d’un accord commercial avec Pékin notamment sur les exportations de saumon, le communiqué commun évoquait à la fois la querelle du prix Nobel et les « consultations nombreuses et méticuleuses », ayant permis de restaurer la confiance.

Oslo reconnaissait la position de Pékin, la « politique d’une seule Chine », et promettait des respecter la souveraineté de la Chine dont Pékin jugeait qu’elle avait été mise à mal par l’attribution du prix Nobel à Liu Xiaobo en 2010.

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Les relations Pékin Oslo commencèrent à se réchauffer à partir de 2014, quand le gouvernement conservateur norvégien élu en 2013, décida de restituer à Pékin 7 colonnes de marbre provenant de l’ancien Palais d’été détruit en 1860. Parties ,d’une collection de 2500 pièces, les colonnes avaient été données au musée de Bergen par l’officier de cavalerie norvégien Wilhelm Normann Munthe, entre 1907 et 1935.

Emigré en Chine en 1886, Munthe s’enrôla dans l’armée impériale chinoise durant la guerre contre le Japon. Parlant le Chinois couramment, il servit comme instructeur de cavalerie sous le gouvernement Yuan Shikai dont il fut l’aide de camp entre 1902 et 1909. Promu général en 1911, après la chute de l’Empire il eut la charge d’organiser le quartier des légations à Pékin jusqu’en 1914.

Collectionneur et amateur d’art chinois, il avait accumulé une impressionnante quantité de peintures et de statues en marbre et bronze léguées à plusieurs musés dont celui de Bergen. Munthe avait épousé Alexandra Von Herder la veuve de Frederick William Grantham, officier britannique tué en 1915 en France et dont le fils Alexander Grantham fut gouverneur de Hong-Kong de 1947 à 1957.

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La restitution à la Chine des colonnes de marbre croise l’entremise d’un promoteur immobilier chinois Huang Nubo, que sa biographie publique classe parmi les 400 Chinois les plus riches.

Cultivé et original, garde-rouge déporté à la campagne par Mao, ancien fonctionnaire du département de la propagande (1996 – 1998) reconverti dans l’immobilier, Huang est un sportif, un esthète et un philanthrope. Diplômé de littérature, et écrivain, il a, entre 2005 et 2013 participé à plusieurs expéditions vers les 7 plus hauts sommets de la planète (Everest, Kilimanjaro, Mc Kinley, Elbrous, Vinson, Aconcagua, Carstensz).

En décembre 2013, pour faciliter la restitution des pièces du Palais d’été à la Chine, Huang avait donné 10 millions de couronnes norvégiennes (1,6 millions de $) au musée de Bergen.

Peu avant, l’Islande pièce majeure de l’échiquier arctique, à mi-chemin entre le Groenland et la Norvège au débouché sud des routes polaires vers l’Europe, avait rejeté son projet touristique de 100 millions de $ d’hôtels de luxe avec golf sur un vaste terrain de plus de 1000 km2.

L’occurrence qui s’accompagnait d’une autre proposition de Huang d’acheter 10 avions et de rénover la piste d’aviation de Grimsstadir à 350 km à l’est de Reykjavik, avait réveillé les craintes d’un improbable plan chinois visant à installer une base navale dans la zone.

Ayant de la suite dans les idées, loin d’être rebuté par un premier échec, Huang négocie actuellement la solution d’une location longue durée des vastes terrains de son futur centre de loisir qu’il dit destiné aux Chinois fortunés en manque d’air pur et de silence.


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