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Il est étonnant que personne n’ait relevé que la “Loi Anti-Sécession” est, en fait, l’exact pendant du “Taiwan Relations Act” américain de 1979. On peut voir là un parfait exemple de la réactivité chinoise : en politique étrangère, Pékin est assez peu créatif en général, mais extrêmement habile à retourner les arguments de l’adversaire.
Par le “Taiwan Relations Act” les Etats-Unis se sont créés une obligation de droit interne à défendre Taiwan en cas d’agression chinoise. Cette disposition de nature légale - donc supposée rationnelle - renforce le discours de la Maison Blanche et justifie comme une nécessité juridique, à laquelle on ne saurait se dérober, toutes les dispositions prises par les Etats-Unis pour protéger Taiwan, y compris les ventes d’armes.
Par la loi anti-sécession Pékin vient de se placer sur le même plan : celui de la « loi », voulue - sinon « votée » - par le peuple chinois tout entier, représenté par son Congrès, qui définit la riposte militaire à une tentative d’indépendance comme une « nécessité nationale », avec laquelle il est juridiquement - donc rationnellement - impossible de transiger. Il suffisait d’y penser. Il est en fait étonnant que Pékin n’ait pas pris cette intitiative plus tôt et, en tous cas, probable que la Chine utilisera cet argument « légal » pour répondre à sa manière aux ventes d’armes américaines qu’elle considère comme une provocation.