›› Technologies - Energie
(seconde partie)
En premier lieu et pour les intéressés, le caractère précaire de leur nomination est clairement rappelé au travers de ces changements brusques et soudains. Qui peut prétendre être « arrivé » au sein d’une telle entreprise publique chinoise, quand la porte de sortie est montrée aussi facilement ?
D’autre part, ces mouvements peuvent créer des inquiétudes au sein des états majors, comme vers l’extérieur. Les dites entreprises en sont bien conscientes et passent leur temps et leurs communiqués à rassurer les investisseurs et les partenaires sur la continuité de leur politique stratégique.
L’on peut aussi s’inquiéter d’un tel sujet, la politique stratégique de ces groupes. La continuité d’une telle politique est-elle réellement maintenue quand le risque de changement des dirigeants est si grand ?
L’on peut aussi s’interroger sur le vrai lieu de décision des politiques stratégiques de ces groupes. Sont-ce les conseils d’administrations de ces entités ou les tutelles administratives que sont le SASAC, le Bureau de l’énergie, le ministère de l’industrie de l’information...? Toutes structures gérées par des personnes au rang de ministre du Conseil d’Etat qui gère la Chine sous l’autorité de son Président et de son Premier Ministre.
Au titre externe, l’on peut enfin s’interroger sur les stratégies à long terme de ces groupes, en relation avec leur cotation boursière à Hong Kong ou New York.
De même, les partenaires actuels ou futurs de ces groupes (Telefonica pour China Netcom, BP qui espère se rapprocher de Sinopec...) peuvent légitimement s’interroger sur ces risques de changement, relié au fait de l’importance des relations personnelles entre patrons, si caractéristique en Chine.
Enfin, l’on ne peut que rester rêveur devant la puissance économique formidable que représente cette capacité de la Chine à mettre à la bonne place les bons dirigeants, et à les changer quand cela devient nécessaire. Ou, a contrario, la faiblesse d’une telle capacité quand les décideurs si puissants, prennent les mauvaises décisions. Voltaire et « son monarque éclairé » nous reviennent alors à l’esprit.
