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Tensions financières, restructurations industrielles, succès du high-tech chinois

Progrès de la qualité chinoise. Succès des nouvelles technologies

Selon une étude conduite par Millward Brown, spécialisé dans les études de marché ainsi que dans l’évaluation de la qualité et de la valeur boursière des marques, publiées chaque année dans une base de données ouverte, la qualité des produits et la renommée des marques chinoises s’améliorent régulièrement. Parmi les 100 premières marques mondiales pour les revenus à l’international, on trouve aujourd’hui 20 chinoises classées entre le 8e et le 95e rang.

Il s’agit de 2 groupes technologiques (Lenovo, Sohu), 4 compagnies aériennes (Air China, China Eastern, China Southern, Hainan Airlines), 4 fabricants d’équipements ménagers (Hisense, Midea, Gree, Haier), 2 banques (Bank of China, China Merchants), un goupe pharmaceutique (Tong Ren Tang), un groupe automobile, (BYD), 3 sociétés agroalimentaires (Bright, Mengniu, Greatwall), un groupe d’assurance (China Taiping), 2 groupes d’hydrocarbures (Petrochina, Sinopec). Parmi eux 13 sont des groupes publics. Mais l’étude ne fait référence qu’à des groupes listés en bourse, c’est la raison pour laquelle Huawei, le n°1 mondial des réseaux cellulaires et quelques autres ne figurent pas sur ce palmarès à considérer avec prudence.

Voir le document PDF (30,4 Mo) Top100 valuable Chinese Brands.

En réalité, à l’international les marques chinoises restent mal connues (seulement 1 personne sur 5 dans le monde est capable de citer le nom d’une marque chinoise) et quand elles le sont, elles véhiculent une image de qualité moyenne. Aujourd’hui, c’est sur les marchés émergents, notamment au Brésil et en Inde qu’elles sont le mieux perçues. Le tout s’inscrit dans une tendance générale très prévisible d’amélioration qualitative de la production chinoise, avec cependant d’importantes différences de rythme entre les secteurs.

S’il est vrai que l’aéronautique chinoise peine à effacer la domination d’Airbus et de Boeing, selon une étude de CLSA société de recherche, de courtage et d’investissements spécialisée sur l’Asie, les groupes chinois fabriquant des équipements de chantier lourds (excavateurs, tunneliers, grues, pelleteuses), ont ces dernières années pratiquement comblé le fossé technologique qui les séparait de leurs concurrents étrangers.

S’il existe encore un différentiel avec les équipements de Carterpillar, les chinois sont maintenant au niveau des Coréens et des Japonais. Le tout dans une tendance générale de regroupement autour d’une poignée de groupes qui tiennent le haut du pavé, comme Sany, Zoomlion et Liugong dont les produits ont aussi l’avantage d’être bien moins chers. « Leurs équipements seront bientôt présents sur tous les chantiers de la planète », prédit un article de The Economist du 3 janvier.

Le mouvement s’est accéléré depuis la crise de 2008, grâce à la relance financière massive du gouvernement chinois qui initia une myriade de chantiers entraînant des dizaines d’équipementiers à se lancer sur le marché intérieur dont elles parvinrent à conquérir près de 50% grâce à un féroce dumping.

Mais, dans la foulée et grâce à des JV ciblées avec les Américains, les Japonais, les Coréens et les Australiens, à quoi s’ajoutèrent le rachat de groupes européens en faillite (Sany a avalé l’Allemand Putzmeister et Zoomlion a racheté l’Italien CIFA), les meilleurs chinois on réussi à monter en gamme.

D’autant que, tournant le dos aux anciennes stratégies qui bridaient en Chine les avancées high-tech pour conserver un avantage qualitatif sur le marché intérieur, les ténors internationaux opérant en Chine ont en liaison avec les groupes chinois associés à eux en JV, commencé à produire des équipements technologiquement très avancés, sortis de leurs centres R&D où les chercheurs étrangers travaillent en équipe avec les Chinois. Lire notre article Chine – Allemagne – Europe. Le grand malentendu.

La puissance montante des sociétés « high-tech » chinoises.

Enfin viennent les hautes technologies, autre terrain de chasse des groupes chinois avec LENOVO qui, après le rachat de la division portables d’IMB en 2005 pourrait en 2014 cibler des groupes comme Blackberry et HTC, en situation financière difficile. Mais les domaines où l’empreinte internationale chinoise se développe le plus rapidement sont ceux du commerce en ligne et des réseaux sociaux.

Plusieurs noms émergent dont le plus brillant est incontestablement Alibaba, et son fondateur Jack Ma propriétaire d’un groupe où lui-même et le conseil d’administration détiennent les 2/3 des actions. Alibaba, bazar universel en ligne a d’abord uniquement fonctionné avec des fournisseurs chinois, mais son emprise internationale s’élargit rapidement avec l’arrivée dans son réseau de nombreux exportateurs étrangers attirés par les vastes connexions du groupe.

Celles-ci ont déjà investi les marchés russes et brésiliens et au troisième trimestre 2013, les revenus avaient augmenté de 60% à 1,73 Mds de $, tandis que les bénéfices nets avaient doublé à 717 millions de $, deux fois mieux que Facebook qui vise les mêmes marchés. L’introduction d’Alibaba à la bourse de Hong-Kong qui interdit que la direction d’un groupe contrôle le Conseil d’administration, a, pour cette raison, échoué en octobre. Mais alors que sa valeur totale est aujourd’hui estimée 110 Mds de $, le NASDAQ de New-York et la bourse de Londres ont manifesté leur intérêt.

La cour assidue que les grands centres de la finance mondiale font à Jack Ma signale peut-être un changement de nature de l’industrie technologique chinoise, jusqu’à présent seulement vue comme une base d’assemblage et assez peu comme un foyer d’innovations.

L’exemple le plus frappant de cette mutation en cours est Xiaomi, un tout nouveau fabricant de smartphones, qui compte parmi ses actionnaires le milliardaire russe Yuri Milner. Ses produits, bien moins chers, viennent de grignoter les parts du marché d’Apple en Chine où le benjamin des groupes high-tech chinois lorgne aussi le marché des services en ligne sur le schéma déjà exploré par les tablettes multifonctions d’Amazon. Il est présent à Singapour. En 2014, il compte vendre 40 millions de portables.

Ce type d’information commercialement très agressive peut se lire sur Sina Weibo, créé par un autre athlète de l’informatique et du high-tech chinois : Charles Chao, dont la société compte 600 millions d’abonnés. Elle est cotée au NASDAQ et la valeur de ses actions a doublé l’année dernière. Avec ce type de géant investi dans les réseaux sociaux, on quitte le domaine de l’électronique et du commerce pour aborder les territoires sensibles de la société et de la politique.

Sur ce créneau, Charles Chao n’est pas le seul et se bat avec la concurrence de la messagerie mobile de Tencent Weixin/wechat, où bouillonnent comme sur sina weibo les attentes de la société chinoise. Connectée à l’extérieur de la Chine et aux mouvements accélérés du monde et des idées, la puissance d’influence de ces réseaux sur l’opinion et le gouvernement dont 60 000 agents on un compte Weibo, ne peut pas être sous estimée.


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