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Turbulences en vue. Inquiétude face aux risques d’embrasement

Ces alertes et ces critiques ne sont pas isolées. Elles viennent de toutes part (chômeurs, conducteurs de taxis, intellectuels, chercheurs, journalistes, chefs d’entreprises, « petits partis » non communistes, paysans pauvres), en écho aux messages pessimistes et inquiets du président Hu lui-même qui, dans, un article du Quotidien du Peuple, publié le 30 novembre, avertissait que la crise « sera un test de la capacité du parti à gouverner le pays ». Un concert de remises en cause et de mises en garde qui tranche avec l’habituelle opacité du système et induit quelques doutes sur la cohérence au sommet, tiraillé entre la tentation d’accélérer l’ouverture, comme certains le réclament, et la reprise en main politique, prônée par ceux hantés par les risques de désordres.

La réaction du pouvoir à ces alertes de plus en plus pressantes est d’abord économique par des mesures de relance massive, dont il espère la création d’emplois. Elle est aussi sociale, avec la réforme du système de santé et la mise sur pied de caisses de retraite dans tout le pays. Dans le domaine politique, en revanche, les initiatives restent hésitantes : réforme du système de location des terres aux paysans, mal défendu par les cadres locaux ; réforme du système judicaire, qui prend cependant ses distances avec la nécessaire indépendance de la justice.

Tout au plus peut-on noter l’extrême prudence avec laquelle Pékin s’applique à gérer les protestations, souvent violentes, qui agitent les campagnes et la périphérie des grandes villes, allant jusqu’à organiser à l’Ecole du parti une session de formation des cadres pour la gestion des troubles. Comme si le PCC, qui sait sa légitimité menacée, cherchait à tout prix à éviter l’affrontement direct dont il redoute l’effet d’embrasement (selon un sondage récent du Quotidien du Peuple, 76% des Chinois doutent de la probité des cadres et 86% de leurs sens de la discipline).

A cet égard de nombreux observateurs ont noté la patience avec laquelle ont été traités les chauffeurs de taxi en grève aux quatre coins du pays. Mais simultanément, le pouvoir garde la main lourde contre les dissidents isolés, comme s’il craignait que les mèches que pourraient allumer, même les plus anodins des militants, déclenchent des réactions en chaîne impossibles à maîtriser.


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