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Aux États-Unis, la palme de la féminisation.
En Occident c’est l’US Navy qui détient le palmarès des femmes commandant de bateaux de guerre, ayant, dans la suite de leur carrière, atteint un grade élevé dans l’institution. Alors que la tradition des femmes dans la marine américaine remonte à 1917, la première placée à la tête d’un navire opérationnel fut Darlene Iskra nommée en 1990 Commandant du bâtiment de sauvetage USS Opportune.
En 1998, le Commandant féminin Maureen A. Farren prit la tête d’un navire porte chalands de débarquement. En 2006, l’Amiral Carol M. Pottenger, partie à la retraite en 2013, fut la première femme à commander un groupe de combat amphibie de la 7e flotte comptant 40 000 hommes et 15 unités navales dont un bâtiment d’assaut de 40 000 tonnes, embarquant 34 aéronefs.
Alors que depuis 2012, les femmes américaines sont affectées sans restriction à bord de sous-marins, l’Amiral Nora Tyson nommée en 2015 à la tête de 3e flotte basée San Diego, fut la première femme à commander un groupe aéronaval.
A ce jour l’US Navy compte une trentaine de femmes ayant le grade d’amiral (sur 292 amiraux) dans des fonctions allant du commandement opérationnel à la médecine en passant par la logistique, le renseignement et la guerre électronique.
Parmi elles signalons, tout juste partie à la retraite en 2017, l’Amiral Janine Howard qui fut successivement commandant de la marine américaine en Afrique et commandant interalliés à Naples pour le flanc sud de l’OTAN.
Placée à la tête du porte-chalands de débarquement USS Rushmore en 1999, elle fut la première femme afro-américaine à commander un bateau de guerre. Avant d’accéder au grade d’Amiral ****, elle a commandé plusieurs groupes amphibies et fut le n°2 des opérations navales de l’US Navy à Norfolk.
Mais si on cherche la rupture d’un tabou, c’est vers la Norvège qu’il faut porter son regard. Alors que les pays occidentaux commencent seulement à ouvrir les sous-marins aux femmes, en Norvège, le Commandant Solveig Krey est la seule femme au monde ayant une sérieuse expérience à la tête de submersibles de combat qu’elle a déjà commandés deux fois.
Contrairement à la plupart des autres pays, la Norvège (1985) la Suède (1988) et le Danemark (1989) sont les 3 seuls pays ayant autorisé les femmes à bord des sous-marins depuis déjà trois décennies.
Retard chinois, en dépit des légendes.
En Chine il existe une longue tradition de femmes guerrières inscrites depuis l’antiquité dans de multiples péripéties devenues des légendes comme celle de ces concubines impériales transformées en troupe de manœuvre par Sun Zi pour démontrer à l’Empereur la valeur de la discipline dans le commandement et l’efficacité des armées.
Les inscriptions sur des os d’animaux mises à jour depuis le XIXe siècle témoignent de l’existence sous la dynastie Shang (1675 – 1646 av. JC) d’une femme général dénommée Hao Fu commandant 13 000 hommes partis réprimés la révolte des Qiang occupant le Shaanxi et le Henan.
L’historiographie chinoise a amplement utilisé le thème des femmes soldats ou commandants d’armées comme des exemples édifiant de la dernière chance. Reconnues honnêtes, loyales et courageuses face à une menace grave, elles sont décrites dans les légendes soit comme l’ultime recours après la défaillance des hommes, soit comme les vaillantes héritières du chef disparu.
L’archétype, devenu en 1998 le thème d’un dessin animé de Walt Disney, est la légendaire Hua Mulan 花 木 兰. Au temps de dynastie Wei (386 – 584) fondée par un peuple turc progressivement sinisé, Mulan déguisée en homme a remplacé son vieux père à la guerre contre les peuples du nord menaçant l’empire déjà aux prises avec des révoltes des « garnisons du nord ».
Bien plus tard, le Parti s’est emparé du thème des femmes soldats pour magnifier leur rôle dans la « Longue Marche » à laquelle participèrent 3000 femmes dont seulement 150 ont survécu, insistant sur leurs contributions logistiques ou administratives ou même leur participation au combat.
De cette épopée émergea même la femme général Zhen Li (1908 – 1990), promue aux étoiles en 1955 après les vicissitudes de la Longue Marche au sein de la 6e armée qui lui valurent une fausse couche et de sérieux problèmes de santé.
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Mais la promotion de Li ne coïncida pas avec la féminisation des armées, au contraire. Le nombre des femmes dans l’APL fut réduit de 90%. Tandis que leur rôle se limita aux tâches administratives et logistiques. Il fallut attendre plus de 30 ans avant une nouvelle promotion de 5 femmes au grade de général en 1988. Promue avec 4 autres, la plus célèbre fut Nie Li.
Formée à Leningrad comme ingénieur missiles, aujourd’hui âgée de 87 ans, elle travaillait au ministère des sciences et de la technologie sur des projets de calculateurs. Elle participa aussi à la mise au point du premier bâtiment d’essai et de mesures Yuan Wang, lancé en 1977, atout essentiel des programmes spatiaux et de missiles balistiques chinois.
En 2018 le nombre de femmes dans l’APL est estimé à 8% - pas de statistiques ouvertes par armée - , contre 15% en France en moyenne (21% dans l’armée de l’air, 13% dans la marine et 11% dans l’armée de terre) - une des plus fortes féminisation en Europe - , 10% au Royaume Uni, 16,5% en Australie (20% dans la marine) ; aux États-Unis, la proportion de femmes est de 14% dans l’armée de terre (20% dans la réserve, 16% dans la garde nationale), 18% dans la marine et 19% dans l’armée de l’air.
