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En bref :
• Le Renminbi s’émancipe. Pékin intensifie ses efforts pour internationaliser sa monnaie. Les transactions en Yuan ont augmenté rapidement ces dernières années, avec les pays d’Asie du Sud-est, la Russie, le Brésil, et l’Inde. A Hong-Kong, depuis juillet dernier les transactions en RMB sont passées à 400 Millions de $ / jour, en à peine 6 mois.
Depuis un mois, les Américains sont autorisés à échanger des RMB à la Banque de Chine aux Etats-Unis jusqu’à l’équivalent de 4000 $ / jour, avec cependant une prudente limite de 20 000 $ par an. Il est probable que les autres grandes banques chinoises suivront. Déjà la Banque Industrielle et Commerciale de Chine (ICBC), à 80% propriété du gouvernement chinois, qui a accumulé l’équivalent de 1700 Mds de $ de dépôts en Chine, vient d’acheter 80% des parts de la Banque américaine East Asia Ltd et a manifesté son intention de s’implanter aux Etats-Unis.
Compte tenu de l’attractivité actuelle du RMB, il faut s’attendre à ce que des sociétés étrangères utilisent de plus en plus la monnaie chinoise. Déjà Mac Donald et Caterpillar, 2 compagnies présentes en Chine, ont émis des actions en Yuan à Hong Kong. D’autres compagnies américaines et étrangères pourraient suivre. Certains experts, estiment que d’ici 5 ans, 30% du commerce de la Chine pourrait être libellé en RMB, contre 1% aujourd’hui.
Tous ces mouvements et commentaires s’opèrent dans un contexte général où le poids du dollar dans les réserves de change globales est passé en 10 ans de 73% à 60%, et où se multiplient les analyses très prématurées d’observateurs et d’officiels chinois sur la marche du Yuan vers le statut de monnaie de réserve. La vérité est que cette éventualité est à court terme peu probable. Pékin n’est en effet pas prêt à laisser sa monnaie flotter librement et à mettre fin au contrôle des changes, conditions indispensables au statut de monnaie de réserve.
Sans contrôle des changes, « il deviendrait impossible de forcer la population chinoise à détenir de vastes quantités de dépôts bancaires à faible rendement. Surtout, Pékin perdrait son principal outil de contrôle économique : les banques. C’est sans doute là quelque chose de quasiment inconcevable sur le court terme » (le Monde du 31 janvier, en partenariat exclusif avec le Financial Times).
Pour le moment l’augmentation de la demande pour le Yuan obligera le gouvernement chinois à multiplier ses émissions de monnaie pour contrôler la hausse, avec d’importantes conséquences inflationnistes. Une solution serait de laisser la monnaie s’apprécier plus vite. Ce à quoi Pékin n’est pas préparé non plus.

