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Volontarisme politique et difficultés de la transition énergétique

Selon les douanes chinoises, en 2021, alors que les exportations d’acier se sont contractées, les importations chinoises de pétrole brut ont baissé de 5% pour la première fois depuis vingt ans. Nikkei Asia y voit le signe que « l’usine du monde » est en train de modifier fondamentalement son modèle de croissance.

L’analyse rejoint une note de François Godement rédigée en octobre dernier pour l’Institut Montaigne, où il faisait le point des mesures prises par la Chine en matière d’énergie.

Décidées au pas de charge, sous la marque autoritaire de Xi Jinping, elles suggèrent qu’après la mise au pas des groupes numériques, le n°1 chinois ambitionne de refonder sur le long terme, le modèle de développement économique du pays dont déjà Wen Jiabao, premier ministre de 2003 à 2013, avait dit qu’il était insoutenable.

En dépit ou à cause de ces difficultés, la Chine effectue subitement un tournant majeur de son schéma de croissance, y compris dans le domaine énergétique. En dépit des apparences, le moment et le style, n’ont que peu de lien avec les promesses climatiques de la Chine.

Une intention de rupture.

L’arrière-plan réel est l’ambition de long terme de Xi Jinping de corriger un modèle de production obsolète et gaspilleur, à la très faible efficacité énergétique. Pour l’heure, - et c’est toute la difficulté -, il est encore dans de larges pans du système productif, très peu capable de basculer de la quantité vers la qualité, condition essentielle du maintien de la croissance.

Le style est autoritaire, toujours surplombé par le souci de la prévalence verticale de l’appareil. Mais il est aussi pragmatique, puisqu’il décide sans état d’âme de changer de cap.

La promotion en 2012 de champions chinois du secteur traditionnel de l’industrie lourde et le coup de fouet donné à l’innovation, fut en effet suivie du contrôle politique des introductions en bourse à New-York, ayant peu à peu découragé les investisseurs et chefs d’entreprises de tenter l’aventure du NYSE. Simultanément ont été mis au pas les débordements financiers des groupes numériques, pourtant symboles de la modernité dynamique du pays.

Aujourd’hui se précisent à la fois la volonté de limiter le risque posé par la gigantesque bulle immobilière et les efforts pour accélérer la transition énergétique, non seulement en réduisant les gaspillages, mais aussi en accélérant la diversification avec cependant un succès mitigé compte tenu des avantages acquis retranchés dans l’appareil et de la difficulté du dilemme énergétique.
Énergie.

Réduire les gaspillages et diversifier.

Alors que la Chine produit 20% de l’énergie mondiale et en consomme 24%, la réduction de l’intensité énergétique (quantité d’énergie nécessaire à la production d’un point de PIB), longtemps plombée par les gaspillages, est au cœur des préoccupations du régime depuis le sixième plan quinquennal (1981 – 1985).

A partir des années 90, les efforts accélérés ont divisé l’intensité énergétique par quatre, à moins de 7, la rapprochant progressivement des premiers de la classe des grands pays industriels dont l’indice moyen varie entre 4 et 5.

Quant à la diversification, l’ampleur de la tâche se lit dans la rémanence de la dépendance aux énergies fossiles et, notamment au charbon. Si la part de celui-ci a baissé de plus de 20% en quinze ans, elle représentait toujours plus de 55% en 2020, contre seulement 11% en Europe.

Les difficultés ont percé la surface, en septembre dernier, conséquence du volontarisme bureaucratique ayant réduit les stocks de charbon, à l’origine, dit François Godement, « d’une pénurie d’électricité, comme le pays n’en a pas connu depuis le début des années 2000 » (lire le § « sévères pénuries d’énergie » de notre article Une fête nationale sous tensions économiques et stratégiques).


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