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›› Editorial

Wenzhou, laboratoire financier du Parti

Pourquoi la réforme financière est–elle cruciale pour la Chine ?

Alors que le taux de croissance de l’économie chinoise se contracte inexorablement, l’objectif de maintenir une hausse du PNB comprise entre 7 à 8% pendant encore une dizaine d’années n’est envisageable que si la Chine améliore de manière significative la rentabilité du capital.

Cette bascule qualitative sera nécessaire dans un contexte général où les autres facteurs de croissance, que sont l’expansion démographique et l’export seront fragilisés par le vieillissement de la population, sensible à partir de 2020, et la baisse de la compétitivité des prix chinois tirés vers le haut par la hausse des salaires, à quoi s’ajoute la contraction des marchés européens et américains, traditionnels destinations des exportations chinoises.

Dans une étude publiée le 19 mars, Arthur R. Kroeber, expert financier au Centre Brookings – Qinghua à Pékin explique que, pour une grande part, la croissance rapide des dix dernières années avait reposé sur une amélioration accélérée de la productivité du travail, elle-même résultat d’un taux d’investissement extrêmement élevé.

Mais ce dernier, situé à 49% du PIB, soit 10 points de pourcentage au-dessus des taux maximum jamais atteints par le Japon et la Corée du sud, est arrivé à son apogée en 2011 et déclinera à l’avenir, restreint par la masse croissante des dépenses sociales non honorées. Le corollaire évident de cette situation est que la capacité de la Chine à maintenir une croissance élevée par la mobilisation massive de capital ne pourra que faiblir.

Il en résulte que, dans une situation marquée par des ressources humaines moins abondantes et plus chères, la seule marge de manœuvre pour préserver la croissance restera une meilleure rentabilité du capital.

Avec une inflation structurelle mécaniquement plus élevée, il y faudra une hausse des taux d’intérêt. Pour éviter l’assèchement du crédit et les dérives vers les marchés occultes qui favorisent l’usure et les trafics, il sera nécessaire d’assouplir les mécanismes financiers et de diversifier les institutions agréées.

Celles-ci devront avoir accès au marché des obligations, aux fonds de pension et aux plans d’investissement ou d’épargne à revenus fixes, seuls capables de dynamiser le marché, d’une manière régulée, durable et contrôlable.


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