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Les Chinois du Continent débarquent à Taiwan. Le potentiel de tensions persiste

Pour la première fois depuis 60 ans, les 36 premiers vols directs transportant des Chinois « ordinaires » de la Grande Terre entre l’Ile et le Continent se sont posés le 4 juillet à Taipei, Taoyuan, Kaoshiung et les Pescadores, avec plus de 700 touristes chinois à bord. A l’avenir leur nombre pourra aller jusqu’à 3000 par jour. Sous la présidence Chen Shui-Bian, ostracisé par Pékin pour cause de velléités indépendantistes, cette avancée n’aurait pas été possible.

A cette époque, seuls les Chinois d’outre-mer, résidant dans un pays tiers ou des Chinois du Continent possédant une autorisation spéciale pouvaient se rendre à Taiwan. Ma Ying-Jeou met ainsi en œuvre sa promesse électorale d’apaiser les relations avec la Chine et de développer le tourisme et les relations commerciales. Les premiers vols directs ont été accompagnés d’autres mesures telles que l’ouverture du change entre le Taiwan Dollar et le Renminbi et le relèvement du quota des investissements taiwanais autorisés dans les bourses chinoises. Dans l’autre sens, l’autorisation de rejoindre le Continent à partir des Iles de Jinmen et Matsu sera étendue à tous les Taiwanais. Parmi les visiteurs du Continent se trouvait Shao Qiwei, directeur de l’administration du tourisme de Chine. Il rencontrera le Président du KMT Wo Poh-Hsiung.

A Taipei les milieux du tourisme se réjouissent de l’afflux prévisible des Chinois, tandis que les analystes indiquent que l’accroissement des échanges directs contribuera à réduire les malentendus dans le Détroit. A Pékin, Wang Yi, directeur du bureau des affaires taiwanaises, soulignait que l’événement marquait une évolution radicale dans les relations. Au demeurant la décrispation des échanges entre l’Ile et le Continent suit la tendance des nouvelles générations à Taiwan. Ces dernières, si elles restent attachées à leur statut de quasi indépendance, souhaitent ne plus diaboliser la Chine et développer avec elle des relations d’affaires normales.

Mais la semaine a également été marquée par une série de déclarations et de gestes, dont la portée renvoie au potentiel de tensions encore intact : le 3 juillet Ma Ying-Jeou réclamait à Pékin les dividendes de ses efforts d’apaisement en suggérant à la Chine d’accorder à l’Ile une plus grande marge de manœuvre internationale - participation significative à l’OMS par exemple - que Pékin rejette fermement. La veille, le parlement taiwanais avait adopté le budget destiné à financer la production en grande série de missiles de croisière Hsiung Feng 2 capables d’atteindre Hong-Kong et Shanghai. Le vote venait en riposte à la nouvelle selon laquelle, en dépit de l’apaisement des tensions dans le détroit, la Chine n’avait pas cessé de déployer ses missiles sol-sol, dont le nombre atteindrait maintenant 1300 unités. Cette décision était commentée par MaYing-Jeou qui soulignait que l’Ile ne se laisserait pas intimider par les déploiements militaires de la Chine.


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