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›› Taiwan

Rencontre entre Vincent Siew et Hu Jintao. Quel symbole ?

Le 12 avril, Vincent Siew, qui sera le vice-président de Ma Ying-Jeou à compter du 22 mai prochain a rencontré le président chinois à Boao, lors du forum asiatique organisé par Pékin dans l’île de Hainan. Après huit années de boycott du pouvoir taiwanais, ostracisé pour n’avoir pas reconnu la « politique d’une seule Chine », Pékin noue pour la première fois le contact avec un dirigeant de l’île élu. Il se trouve que ce dernier est également un membre du KMT, vieux frère ennemi du PCC qui, lui aussi, a toujours placé Taiwan dans le giron de la Chine.

Il y avait bien eu, au printemps 2005, le voyage, très médiatisé en Chine de Lien Chan, alors président du KMT. Mais ces retrouvailles historiques avec le vieil adversaire de la guerre civile, relégué dans l’opposition par le suffrage universel, avaient laissé le pouvoir à Taipei, démocratiquement élu, à l’écart. En acceptant d’accueillir Vincent Siew, Hu Jintao, qui s’est dit ému par la rencontre, n’a cependant pris que peu de risques. Il s’est aussi donné le beau rôle de celui qui favorise la détente, rejetant entièrement la responsabilité des huit années de black-out sur Chen Shui-Bian.

Vincent Siew, en revanche, observé à la loupe par ses compatriotes taiwanais et en particulier par le DPP, encore au pouvoir pour quelques semaines, avait, quant à lui, toutes les raisons d’être sur ses gardes. Accueilli au pied de l’avion par le responsable des affaires taiwanaises de Pékin, Siew s’est d’abord montré gêné de l’accolade ostensiblement chaleureuse de son hôte et a tenté de s’en dégager pour revenir au style plus formel de la poignée de mains.

A Taipei, on n’a pas manqué de scruter le traitement protocolaire réservé au futur vice-président. Formellement invité comme membre d’une ONG, Vincent Siew avait été placé aux côtés des représentants de Macao et de Hong Kong. Ce que Chen Shui-Bian s’est empressé de relever, pour souligner à quel point les intentions de Pékin étaient claires. Pour le PCC, l’île ne serait jamais autre chose que ce que sont devenues aujourd’hui les deux anciennes colonies anglaise et portugaise : une province qui réintégrera tôt ou tard la mère patrie et dont le gouvernement sera réglé selon le principe « un pays deux systèmes ». Il est clair qu’une fois en fonction, ni Ma Ying-Jeou, ni Vincent Siew ne pourront accepter, sous peine d’être rapidement discrédités à Taiwan, ce genre de désinvolture chinoise, verrouillée par une vision univoque du rapport entre les deux rives.


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