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3e trimestre 2012. Faits et commentaires

CHINE MONDE

Tensions avec les Etats-Unis et le Canada

La période a été marquée par une série de refus opposés à des tentatives d’investissements chinois aux Etats-Unis et au Canada. Le dernier incident en date concerne le blocage par le gouvernement de la vente de Hawker Beechcraft (aéronautique) à la société chinoise Super Aviation.

Il a été précédé par les interdictions faites à une firme chinoise d’éoliennes d’investir dans l’Oregon, dans une région proche d’une zone militaire, et à l’équipementier automobile chinois Wangxiang de racheter pour 465 millions de $ 80% des parts de A 123 Systems, un fabricant de batteries américain. A quoi s’ajoute un rapport du Congrès qui mettait en garde contre une coopération avec Huawei et ZTE, les 2 premiers équipementiers de Telecom chinois, accusés de manière récurrente d’être responsables d’espionnage et de captation de technologies.

Le 17 septembre, après l’échec de deux séries de négociations commerciales en juin et juillet, la Chine a décidé d’accuser les Etats-Unis d’attitude discriminatoire à l’OMC sur un total d’export estimées par Pékin à 7,5 Mds de $. De son côté Washington, qui constate que la valeur totale des importations de pièces détachées automobiles chinoises est passée de 7,4 Mds de $ en 2002 à 69,1 Mds de $ en 2011, soit 16% du marché, accuse Pékin de dumping sur les prix.

Mais dans une ambiance générale portée à la surenchère discriminatoire anti chinoise par la compétition pour la Présidence, l’administration, Obama vient de faire un geste d’apaisement vis-à-vis de Huawei, le n°2 mondial des équipementiers de télécom derrière Ericsson. Après un an d’enquêtes, et prenant le contrepied du rapport critique du Congrès, la Maison Blanche a en effet publié une appréciation qui exonère Huawei des accusations d’espionnage par piégeage des équipements télécom.

La manœuvre en dit long sur les connivences cachées entre Pékin et Washington. Elle vient après que Huawei ait publié un long papier à la mi-septembre, qui faisait référence à la « chasse aux sorcières de l’époque McCarthy », accusant le Congrès de proférer des « accusations sans fondement pouvant nuire aux relations sino-américaines ». Lire aussi HUAWEI, le flambeau du succès High Tech, pilier de la captation de technologies ?.

Ouverture partielle du marché des services

Peut-être pour réagir à un ralentissement des investissements directs étrangers durant les mois de juin, juillet et août, le gouvernement a, à la fin septembre, relâché les restrictions pour l’accès aux marchés des assurances, du tourisme et de la livraison rapide. Une procédure est également en cours pour autoriser les autorités provinciales à approuver des investissements étrangers à concurrence de 300 millions de $, sans approbation du Centre.

Chute de l’activité industrielle japonaise

La plupart des grands constructeurs automobiles japonais et quelques autres sociétés présentes en Chine ont été contraints de fermer leurs usines plusieurs jours à la mi-septembre, tandis que les vols de Nippon Airways enregistraient tous un longue série d’annulations, à la suite des plus graves échauffourées entre Tokyo et Pékin depuis la fin de la guerre.

Canon, Panasonic, Toyota, Nissan, Mazda, Honda, Sony et plusieurs supermarchés japonais ont fermé leurs portes, au milieu d’échanges diplomatiques acerbes où n’ont surnagé que peu d’initiatives de conciliation de part et d’autres. La controverse aura des conséquences sur les deux économies dont le commerce bilatéral s’est élevé en 2011 à 345 Mds de $.

La Chine met en garde les autorités canadiennes

Le 22 septembre, Zhang Junsai Ambassadeur de Chine à Ottawa a, dans une interview publiée dans la presse locale, mis en garde les autorités canadiennes contre la politisation des relations d’affaires et la tentation du gouvernement canadien de mettre son véto au rachat par le pétrolier chinois CNOOC de la compagnie Nexen.inc au prix de 15,1 Mds de $, une somme largement plus élevée que celle proposée par les autres acheteurs potentiels, ce qui a ravi tous les actionnaires.

L’initiative directe et sans nuances de l’Ambassadeur est une première, tandis que le rachat de la société Nexen constituerait la plus grosse transaction opérée par un groupe public chinois au Canada. Cette occurrence motive la prudence d’Ottawa, qui s’interroge sur les intentions chinoises, en même temps que le gouvernement semble vouloir faire pression sur Pékin pour lever quelques obstacles aux investissements canadiens en Chine.

Le débat s’est invité dans la politique intérieure où l’opposition des « nouveaux démocrates » s’appuie sur un sondage d’opinion qui refuse à 75% qu’un groupe public chinois prenne des intérêts dans une grande société canadienne. (Le sondage révèle aussi que dans le cas d’un groupe non chinois, seuls 39% seraient opposés à l’opération. Ce qui ne correspond cependant pas tout à fait à la réalité, puisque le gouvernement canadien vient de bloquer la reprise par BHP du plus gros groupe de potasse canadien).

Concrètement il est assez peu probable que la transaction soit refusée – la Chine cherche assidument l’accès aux gaz et pétrole de schistes et Nexen a besoin de cash -, mais les négociations en cours risquent de hausser les enchères pour CNOOC, sur la transparence de sa gestion, la publication régulière de ses comptes, la nature indépendante du Conseil d’administration et le traitement équitable des actionnaires). La question est de savoir quel niveau de contraintes CNOOC est capable d’accepter.


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