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›› Chronique

Mer de Chine du sud. Entre postures agressives et crainte d’un dérapage militaire

Au cours des années 2019 et 2020, la mer de Chine du Sud a été le théâtre de postures militaires concurrentes entre la 2e artillerie, la marine de l’APL et celle des États-Unis. Cette note fait le bilan des activités navales chinoises et américaines depuis 2019.

L’effervescence des postures connut un point d’orgue à la fin août 2020 par un extrême raidissement chinois, quand la 2e artillerie effectua un tir de missiles balistiques anti-navires dans les parages de Hainan (lire : La puissante menace régionale des missiles chinois.).

La séquence généra une avalanche de commentaires sur les risques de guerre. Il est exact que les crispations réciproques ont atteint un niveau alarmant. Pour autant, l’examen des postures et des ripostes fait apparaître une réalité plus nuancée que celle spéculant uniquement sur l’agressivité chinoise.

Dans un article publié le 1er décembre par China Leadership Monitor, Oriana Skylar Mastro, réserviste de l’armée de l’air américaine, spécialiste de l’armée chinoise à l’Institut des études internationales de Stanford, membre de l’Américain Enterprise Institute, propose un angle de vue original.

Analysant le « timing » des réactions chinoises, elle avance l’hypothèse qu’elles ne sont pas les prémisses d’un conflit mais, au contraire, l’indice d’une inquiétude. Les postures martiales, les tests missiles sont en réalité parties d’une stratégie de dissuasion relayée par les médias officiels.

Plus encore, orchestrés par la direction politique du régime, les raidissements militaires accompagnés de commentaires de presse officiels ou semi-officiels édifiants mettant en scène la puissance de l’APL et de ses missiles tueurs de porte-avions, sont l’expression d’un malaise.

La conclusion de l’auteur est que « l’intensification de l’activité militaire chinoise est probablement le signe d’un sentiment d’insécurité. » Elle ajoute que « c’est parce qu’il se sent vulnérable que le régime se cabre. »

Le fait que le discours soit abondamment répété par la presse et la télévision nationales conforte l’idée d’une intention dissuasive, articulée à la fois à des réactions de force et à une campagne publique mettant en garde contre le risque d’une catastrophe.

En arrière-plan surgit le sentiment d’une contradiction. Alors que le nationalisme du régime lui interdit toute concession territoriale en mer de Chine du sud qui pourrait apaiser les tensions, il n’en est pas moins inquiet que sa posture finisse par provoquer un engrenage néfaste. Prenant les devants il en attribue la responsabilité à Washington.

Pressions de l’US Navy.

Si, mettant de côté les analyses portant les arguments du droit international et du respect de la Convention de Montego Bay, on examine le sujet sous le seul angle « de l’agressivité », il est un fait qu’au cours des huit derniers mois, Pékin a été confronté à des pressions américaines sans précédent dans l’histoire des relations bilatérales.

Après les déclarations de Mike Pompeo, l’été dernier ayant qualifié de « complètement illégales », les revendications de Pékin sur les ressources offshore, Washington a fermé le marché américain à 24 entreprises chinoises impliquées dans le bétonnage des îlots.

A côté des sanctions économiques (lire : Féroces offensives américaines contre la Chine. Régression politique de l’appareil. L’Occident en quête de son humanisme perdu.), les « missions pour la liberté de navigation – freedom of navigation operations - FONOP - » sont l’autre moyen de pression contre l’expansionnisme chinois.

Arborant un immense pavillon américain, les missions FONOP autour d’une partie des douze îlots désormais contrôlés par Pékin, dont certains militarisés et élargis par bétonnage, prétendent freiner l’élargissement de la souveraineté chinoise vers le sud, jusqu’aux parages de l’Indonésie dont l’archipel contrôle le passage vers l’océan indien et le Pacifique sud [1].

Sous l’administration Trump, leur fréquence a notable augmenté. Dans les seules années 2018 et 2019, l’US Navy a pénétré douze fois à l’intérieur des 12 nautiques autour des îlots et récifs réclamés par la Chine que Pékin considère comme ses eaux territoriales. Au cours des six premiers mois de 2020, le Pentagone a ordonné autant de « FONOP » qu’au cours des deux dernières années du mandat d’Obama.

En juillet 2019, eut lieu une démonstration de forces exceptionnelle. La mer de Chine a en effet été survolée par deux bombardiers stratégiques B-1B, tandis que le porte-avions (PA) USS Ronald Reagan (88 000 t) entrait sur le théâtre par le nord.

Au cours du seul mois de septembre 2019, des appareils de reconnaissance américains se sont approchés 60 fois des côtes chinoises. Un an plus tard, au mois d’octobre 2020, venant de l’océan indien, l’USS R. Reagan était de retour pour la troisième fois avec son groupe aéronaval, composé entre autres du croiseur lance-missiles USS Antietam (9000 t) et du destroyer USS Halsey (9300 t).

Plus largement, dans la seule année 2019, l’US Navy a conduit 85 exercices conjoints avec ses alliés dans le Pacifique occidental, au milieu des tensions croissantes avec la Chine, marquées par les fermetures des consulats chinois et américain à Houston et à Chengdu.

A la fin septembre, lors de la cession virtuelle des NU, D. Trump n’a pas ménagé ses coups, stigmatisant « l’origine chinoise de la pandémie », ce qui – c’est une première de la part d’un dirigeant chinois s’exprimant publiquement à l’ONU – a contraint Xi Jinping à accuser son homologue américain de mentir. Lire : Le théâtre d’ombres de la 75e Assemblée Générale des NU. Mensonges et durcissement militaire. L’Europe en désarroi.

En haussant l’observation d’un étage et notamment en s’intéressant au calendrier, on perçoit que les accès de pugnacité agressive de Pékin sont une riposte aux pressions tous azimuts exercées par Washington. Sur le théâtre de la mer de Chine du sud, les réactions militaires furent certes spectaculaires, mais elles ont systématiquement évité le contact direct avec les unités de la marine américaine.

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La marine de l’APL, outil du contrôle de l’espace naval.

Montée en puissance depuis le règne de l’Amiral Liu Huaqing (décédé en 2011) commandant les forces navales chinoises entre 1982 et 1988 (lire : La marine chinoise devient un outil diplomatique et stratégique de portée globale.), la marine est l’outil stratégique majeur de Pékin pour consolider ses revendications sur les îlots et sur la presque totalité de l’espace marin dont les dimensions voisinent celles de la Méditerranée.

Simultanément les mouvements navals chinois s’efforcent de tenir à distance les opérations des porte-avions et des destroyers de l’US Navy, que le discours public chinois considère comme des intrus illégitimes, au milieu d’une vaste et efficace campagne de « séduction vaccinale » au profit de tous les pays riverains (lire : La vaste stratégie « enveloppante » des vaccins (Suite).).

La revendication de Pékin est ancienne. En 1946, Tchang Kai-chek affirmait déjà, contre le droit international, la prévalence culturelle chinoise dans la zone, par une ligne en 11 traits (aujourd’hui réduite à 9). Dans le nouveau discours nationaliste de Pékin [2], la ligne a progressivement été assimilée à « un intérêt vital (核心) », tandis que, la flambée politique nationaliste aidant, la réclamation officielle est de plus en plus intraitable.

Les objectifs restent inchangés. D’abord rappeler la prévalence du suzerain dans l’espace culturel où la Chine dit avoir été présente depuis « les temps anciens - 远古时代 ». Ensuite exercer un contrôle stratégique sur le flanc sud de la Chine, ses ressources d’hydrocarbure dont elle interdit l’exploration aux étrangers à la zone, et sur les routes commerciales par où transite 30% de la valeur globale du commerce mondial (Voir l’Annexe).

L’agressivité chinoise. Une réaction aux intrusions américaines.

La marine chinoise a également augmenté le rythme de ses activités. Elles sont homothétiques de sa modernisation et de sa montée en puissance. Depuis 2016, l’élargissement des îlots par 1300 hectares de bétonnage artificiel, a permis de construire un efficace réseau de points d’appui logistiques et opérationnels.

Ces derniers comptent des hangars assez vastes pour abriter plus de 70 avions de combat, des dépôts de munitions, des quais d’amarrages, des silos de missiles, des sites radars et 4 pistes d’atterrissage de 3000 m (une sur Woody Island dans les Paracels trois dans les Spratlys, sur les îlots Fiery Cross, Subi et Mischief).

Au cours de 2020, l’APL a organisé 17 sorties et exercices. Ils vont des exercices aériens de lutte anti sous-marine (mars 2020) à l’appui apporté à distance à la flotte des garde-côtes qui harcèlent les explorations d’hydrocarbures, en passant par des missions de bombardiers à longue portée et plusieurs exercices à tirs réels de grande ampleur dont des missiles balistiques anti-navires.

La plupart furent des « ripostes » aux incursions américaines.

La manœuvre anti-sous-marine de mars 2020 a été organisée peu après le passage du PA Roosevelt ; en juillet, les exercices organisés simultanément sur les théâtres « des trois mers » (mer Jaune, mer de Chine de l’est, mer de Chine du sud) le furent après les exercices des PA Ronald Reagan et Nimitz ;

Le même mois, un exercice à tir réel de trois frégates, suivi des mouvements de huit chasseurs de combat posés à Woody Island dans les Paracels étaient une réponse aux accusations de Mike Pompeo ; Quant aux salves de missiles balistiques de la fin août – la plus sérieuse menace contre les porte-avions américains – elles furent tirées quelques jours seulement après la dernière série d’opérations du PA Ronald Reagan dans la zone.

Un mois plus tard l’APL organisait quatre exercices navals simultanés, en mer Jaune, en mer de Chine de l’est, dans le golfe de Bohai et en mer de Chine du sud dont deux à tirs réels près des îles Paracel. (lire : China holds simultaneous military drills in four seas, again),

La démonstration de force était accompagnée d’une accusation - en réalité un secret de polichinelle - que des avions espions américains avaient survolé la mer de Chine du sud.

Contredisant l’idée d’une offensive imminente de l’APL, dont la préparation supposerait le secret et la surprise, le branle-bas de la marine chinoise et de la 2e artillerie est accompagné par une campagne médiatique de mise en garde.

En août 2020, les journaux de l’APL déclarèrent en effet sans ambages que les tests de missiles chinois étaient destinés à signifier aux États-Unis que leurs porte-avions seraient inopérants dans un conflit avec la Chine.

*

Au total, il semble que Pékin s’applique à tenir une ligne de crête visant à dissuader Washington sans prendre le risque d’un affrontement direct.

L’essentiel des harcèlements contre les pêcheurs et les explorations d’hydrocarbures est mené par des gardes côtes, les destroyers de la marine restant à distance. Ni les avions de combat ni les missiles balistiques n’ont été déployés à demeure dans les Spratlys.

Les buts sautent aux yeux. Maintenir les positions chinoises sur le théâtre sans prendre le risque d’un affrontement militaire direct dont les conséquences seraient imprévisibles ; désigner la marine américaine comme le principal fauteur de troubles.

Passant sous silence la revendication hors-normes de la majeure partie de la mer de Chine du sud, l’élargissement par bétonnage des îlots et leur militarisation rampante, le discours officiel chinois diffuse l’idée que les tensions ne sont pas le fait de la Chine.

Depuis la pandémie, le discours a évolué. Il répète désormais que l’agressivité américaine est destinée à détourner l’attention de l’opinion de la mauvaise gestion de la maladie par la Maison Blanche.

Le 28 août déjà, le China Daily publiait une mise au point dans ce sens : « Nous espérons que « certains politiciens américains » qui sabotent les relations sino-américaines pour des raisons égoïstes au risque de provoquer un conflit militaire, reviendront à plus de pondération afin que les relations bilatérales puissent reprendre leur cours normal. »

Le 24 novembre dans le New-York Times, Fu Ying, ancienne vice-ministre des Affaires étrangères, actuelle vice-présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’ANP ne disait pas autre chose.

Pour que la coopération sino-américaine soit remise sur les bons rails, il fallait accepter la situation telle qu’elle est aujourd’hui. Toute autre attitude reviendrait à prendre partie contre la Chine et à raviver les humiliations coloniales.

« L’insensibilité à l’égard des préoccupations de la Chine à propos de Taïwan et des conflits territoriaux dans la mer de Chine méridionale ne peut qu’amener Pékin à douter des motivations de Washington. »

Touchant un point sensible de l’histoire heurtée entre la Chine et l’Occident, attisant de manière anachronique le sentiment de repentance, excluant à la fois toutes les considérations sur le droit de la mer et les aspirations des autres riverains, elle ajoute : « Les États-Unis se rangent-ils du côté des autres riverains de la région pour humilier la Chine comme les impérialistes l’avaient fait dans le passé ? »

Enfin, passant sous silence, à la fois les augmentations des pressions exercées sur l’Île depuis l’élection de Tsai Ing-wen et l’aspiration démocratique des Taïwanais, carte sauvage surgie dans le paysage politique du Détroit où les habitants de l’Île n’avaient jamais été consultés : « Les États-Unis ont-ils l’intention de pousser l’Île de Taïwan à l’indépendance ? »

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ANNEXE
Mer de Chine du sud. Voie de passage et ressources.

En moyenne la valeur annuelle globale du commerce mondial est de 15 000 Mds de $.

Celle des marchandises transitant par la mer de Chine du sud est de 3 à 4 000 Mds de $. Pour la Chine c’est 39,5% de son commerce total qui transite par ces routes et 80% de ses importations de pétrole. Ce pourcentage est talonné par celui de l’Inde, 30,6%, suivi du Brésil, 23,4%.

Les autres pays sont loin derrière, avec 19,1% pour le Japon, 11,8% pour le Royaume Uni, 9% pour l’Allemagne, 8,14% pour l’Italie, 7,77% pour la France, 5,72% pour les États-Unis et 2,67% pour le Canada (les chiffres datant de 2016 sont ceux de China Power, publié par le CSIS.

*

Au passage, la dépendance de la Chine au transit commercial – notamment de ses importations de pétrole toujours en hausse - rend improbable toute opération de blocus du commerce par la Chine, parfois évoqué dans certaines analyses.

En revanche, il est exact que Pékin dont le but est aussi de nier la légitimité de l’influence stratégique des États-Unis dans la zone, exerce une pression sur l’exploration et l’exploitation des ressources d’hydrocarbures.

En 2018, Pékin avait laissé filtrer ses propositions pour le Code de conduite en mer de Chine du sud dont au moins deux articles visaient clairement à affirmer la prévalence du suzerain chinois et à exclure Washington de la région.

La première exigerait qu’aucun exercice militaire conjoint impliquant des forces armées extérieures à la zone ne soit conduit sans l’aval de toutes les parties. Ce qui, par le truchement des pays de l’ASEAN alignés sans condition sur Pékin tels le Cambodge et le Laos, sans compter la puissance de l’influence commerciale chinoise sur tous les membres, confèrerait à Pékin un droit de veto sur les manœuvres de la marine des États-Unis.

L’intention suzeraine chinoise se décline aussi dans la part civile de la proposition sur ce que, selon Pékin, devrait être un code de conduite en mer de Chine du sud.

Elle stipulait en effet qu’aucune coopération économique – ce qui impliquerait les activités d’exploration et d’exploitation des ressources d’hydrocarbures – ne pourrait inclure des compagnies extérieures à la région sans l’aval des autres pays de l’ASEAN. Là aussi la vassalité obligée de Phnom-Penh et de Vientiane confèrerait à Pékin un droit de veto.

François Danjou et J.P. Yacine avaient analysé l’irrésistible montée de l’influence chinoise dans la zone, non seulement par l’ascendant direct pris sur Phnom-Penh, Vientiane et Manille, mais également par la puissance de son commerce qui s’exprime depuis 2004 chaque année à la foire commerciale Chine – ASEAN de Nanning.

- L’ASEAN s’aligne progressivement sur la Chine. Volte face et contrepied américains.
- Mer de Chine du Sud : Avec le Cambodge à sa botte, Pékin ajuste le Code de conduite aux caractéristiques chinoises.

La 17e édition de la foire exposition de Nanning a eu lieu du 27 au 30 novembre 2020, alors que volume du commerce entre la Chine et les 10 de l’ASEAN est passé des 300 à 640 Mds de $ entre 2010 et 2019.

A cette occasion, le président chinois qui rappelait la force du commerce régional concrétisé par la signature le 15 novembre du pacte de libre-échange marquant l’influence sans partage de la Chine (lire : En l’absence de l’Inde, la Chine unique poids lourd du Partenariat Économique Régional.), a promis l’ouverture du marché chinois, la réciprocité des facilités d’investissements et toujours plus d’intégration des chaînes d’approvisionnement et de production industrielle.

Note(s) :

[1Officiellement la position de Washington est de ne pas interférer dans la querelle à propos de la « ligne en 9 traits. », dont le concept élargit les frontières de la Chine de près de 2000 km vers le sud, au mépris de la souveraineté des riverains. Il reste que les contestations exprimées ponctuellement autour des îlots par les missions « FONOP », qui affirment un « droit de passage innocent » dans des eaux revendiquées par Pékin comme ses « eaux territoriales » sont un rappel régulier du droit de la mer.

[2Le 1er juillet 2016, alors que les Philippines attendaient l’arbitrage de la Cour internationale sur le droit de la mer, dont chacun savait qu’il serait défavorable aux revendications chinoises, Xi Jinping avait à l’occasion du 95e anniversaire du Parti, rappelé, dans un discours adressé au Comité Central, qu’il ne fallait pas s’attendre que Pékin abandonne ses intérêts fondamentaux 拿自己的核心利益做交易 dans un ordre international que la Chine récusait et où le dernier mot n’appartient qu’à une seule partie (不能由一家說了算).

Lire à ce sujet notre article publié après l’arbitrage de la cour qui stipulait clairement qu’il n’y avait « aucun fondement juridique aux revendications de Pékin à l’intérieur de la ligne en 9 traits ». Il ajoutait « qu’en dehors des eaux territoriales, les espaces marins étaient à considérer comme la haute mer » : Arbitrage de la Cour de La Haye. Tensions et perspectives d’apaisement.

Dans sa conclusion, François Danjou spéculait sur une hypothèse d’apaisement, par le biais des contacts entre les deux marines, qui, on le voit, n’a pas eu lieu. On notera cependant que le Parti qui déplore les tensions actuelles, appelle de ses vœux le retour de la coopération militaire.

 

 

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