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›› Chine - monde

Xi Jinping au centre, avec V.Poutine et Kim Jong Un, vent debout contre l’Occident

A Pékin, Xi Jinping, en majesté lors du défilé du 3 septembre, accompagné de Vladimir Poutine et Kim Jong Un, deux parias de la communauté internationale ostracisés par l’Occident et le Japon, le premier pour son attaque brutale de l’Ukraine, le deuxième pour, malgré les sanctions qui le frappent, avoir développé les recherches sur le nucléaire militaire.


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Du 31 août au 3 septembre, comme un coup de pied de l’âne, après plusieurs mois de passe d’armes tarifaires avec Washington, Xi Jinping et le parti communiste chinois ont offert à la planète entière le grand spectacle de la puissance chinoise antioccidentale, mis en scène à la manière d’une production hollywoodienne.

Trois jours après le sommet de l’OCS à Tianjin qui réunissait plus de 20 pays, tous hors de la sphère occidentale, notamment l’Inde dont les exportations vers les États-Unis, venaient tout juste d’être chargées par D. Trump d’une brutale hausse des droits de douanes de 50% en représailles de ses achats d’hydrocarbures à la Russie, la vaste parade militaire du 3 juillet sur Chang An fut un grand spectacle aux dimensions et à l’ordonnancement épiques.

Au passage, l’insolite de l’événement est que la plus puissante parade militaire du siècle eut lieu sur l’avenue de la Longue Paix 長安, qui court d’Ouest en Est, séparant la cité interdite au nord, de la place Tian An-Men au sud, où le 4 juin 1989, le Parti Communiste avait engagé une division blindée de l’APL pour tuer brutalement dans l’œuf les progrès de la Chine vers une société ouverte.

Célébrant le 80e anniversaire de la victoire sur le Japon, la cérémonie dont les invités d’honneur étaient Vladimir Poutine et le Coréen Kim Jong-un, une première depuis plus de six décennies, était réglée comme une marche triomphale en l’honneur de Xi Jinping applaudi par une foule enthousiaste pressée sur Tian An-men, au-dessus de laquelle flottait de nombreux drapeaux rouges.

L’intention d’exprimer la puissance de la Chine face aux États-Unis qui la sanctionnent, n’a échappé à personne. Mais il y avait aussi, en arrière-plan, l’objectif de restaurer la confiance de l’opinion en berne depuis les catastrophiques ratés de la sortie de l’épidémie de COVID en 2023 (lire : De la toute puissance à la crise politique. L’itinéraire de l’affaiblissement de Xi Jinping).

Alors que même les rangs des officiels étaient alignés au cordeau comme les députés lors des mises en scène des séances de l’ANP écrites a l’avance, tout y était. Musique emphatique, chorégraphie théâtrale de péplum romain, puissance de la multitude, mouvements de têtes synchronisés, commandements des cadres de chaque carré de forces au passage de Xi Jinping qui répétait impassible, sans la moindre effusion de saluts à la foule « 同志们好, salut camarades », et, enfin impressionnant étalage d’équipements militaires dernier cri.

A Tianjin, la loi du nombre.

La réunion de l’OCS a rassemblé autour de Xi Jinping, Narendra Modi et Vladimir Poutine, 21 pays dont la Turquie membre de l’OTAN, l’Iran, tête d’une nébuleuse terroriste hostile à Israël, appuyé par tous les Occidentaux, 5 pays d’Asie Centrale dont 4 furent les fondateurs avec Pékin et Moscou de l’OCS, le Pakistan, puissance nucléaire comme la Chine et l’Inde, foyer terroriste en Asie du sud, proche allié de Pékin, mais dont l’appareil militaire est toujours lié à Washington, deux pays du Caucase en sérieux conflit l’un avec l’autre et 5 pays d’Asie du Sud-est, dont certains développent des relations à la fois avec la Chine et avec les Etats-Unis.

A cette mouvance sans unité réelle hormis sa défiance à l’égard de l’Amérique de D. Trump, il faut ajouter l’Égypte, la Mongolie, les Maldives et le Népal.


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Le faste et la mise en scène du sommet le plus important jamais organisé par l’OCS depuis sa création en 2001, ont, face au désordre créé par D. Trump, permis à Xi Jinping de présenter la Chine comme un pôle de stabilité et une superpuissance, chef de file d’une nébuleuse de 24 pays d’Asie du Sud-est, d’Asie centrale, d’Eurasie et d’Asie du Sud.

Dans ce groupe peu homogène, la Turquie membre de l’OTAN et l’Inde proche des États-Unis, membre de l’alliance « QUAD » en défiance vigilante face à la Chine, mais agacée par les 50% de droits de douane infligés à ses exportations par D. Trump, voisinaient avec la Russie et l’Iran, animés d’une féroce rancœur contre les États-Unis et l’Occident.

Dans son discours, Xi qui s’affiche comme le promoteur de la paix et de la stabilité globale, tout en tirant des missiles dans le détroit de Taiwan et en réclamant la souveraineté sur 75% de la Mer de Chine, en sévère conflit de frontières maritimes avec Manille, a présenté sa vision d’un nouvel ordre économique et sécuritaire démarqué de l’empreinte des États-Unis et de l’Occident et réclamé l’instauration d’une organisation mondiale multipolaire et, dit-il, plus démocratique.

Concrètement, s’efforçant d’élargir le champ d’action de l’Organisation, Xi a annoncé la création d’une de banque de développement dédiée, à l’instar de celle des BRICS ; le lancement d’une plateforme de coopération pour les industries d’énergies vertes et promis 1,4 milliard de dollars de prêts aux membres de l’organisation sur les trois prochaines années.

Toujours sur le mode de la compétition avec l’Amérique, le président chinois a également rappelé qu’en alternative au système GPS contrôlé par les États-Unis, la Chine proposait son système satellitaire BeiDou, dont il faut, au passage, préciser qu’il est désormais techniquement plus précis, grâce à la taille de sa constellation de satellites et qu’il offre un service plus performant en Afrique, en Asie du Sud-est et en Amérique latine.

Pour sa part V. Poutine qui a proposé que les membres de l’OCS émettent des titres obligataires et dont la présence au sommet a démenti qu’il serait isolé comme le disent les Européens, continue, trois ans et six mois après avoir agressé l’Ukraine, à rejeter la responsabilité du conflit sur l’Occident, l’Amérique et l’OTAN, dont il fait, comme Xi Jinping des boucs émissaires dont l’influence globale doit être restreinte, notamment en ralliant la vaste nébuleuse des populations du Sud global.

Alors que récemment, la fréquence de ses attaques par missiles et drones contre les populations civiles de sa « petite sœur slave  » se sont accélérées, il répète que Kiev est le principal responsable du piétinement des pourparlers de paix.

Faisant référence au soulèvement pro-européen de 2013-2014 à l’évidence soutenu par Washington, ayant renversé le président ukrainien de l’époque, le pro-russe Viktor Ianoukovitch, contraint de se réfugier à Moscou, Vladimir Poutine a martelé que « la crise n’avait pas été déclenchée par l’attaque russe contre l’Ukraine, mais par le coup d’État en Ukraine de 2014, soutenu et provoqué par l’Occident ».

Quant au règlement du conflit, il a profité de la caution de son ami Xi Jinping qu’il a rencontré en tête à tête le 31 août, pour rappeler son exigence d’éradiquer les « causes profondes conflit » dont les modalités telles que l’éviction du Président Zelenski, le désarment de l’Ukraine et l’interdiction permanente faite à l’Ukraine d’intégrer l’OTAN confinent à une reddition sans condition de Kiev.

Enfin, selon les informations recueillies par Bloomberg, le 2 septembre, Gazprom aurait signé avec CNPC un MOU pour construire le gazoduc « Power of Siberia 2 ». En gestation depuis de longues années pour un désaccord sino-russe sur les prix, le gazoduc long de 7000 km livrerait à la Chine à partir des gisements de Yamal, au nord de la Sibérie occidentale, en passant par la Mongolie, 50 milliards de m3 de gaz par an.

Alexeï Gromov, directeur en chef de l’énergie à l’Institut de l’énergie et des finances russe, a prédit qu’un contrat en bonne et due forme pourrait être signé courant 2025. Mais, selon lui, la question des prix n’est toujours pas réglée.

Pékin privilégierait des prix alignés sur les tarifs intérieurs russes, autour de 120 à 130 dollars les 1 000 mètres cubes, alors que Moscou, souhaite des conditions similaires à celles du projet « Power of Siberia 1 », avec des prix indexés sur le panier de produits pétroliers asiatiques, estimé par Gromov à environ 265 à 285 dollars les 1000 mètres cubes.

Enfin, le 3 septembre, en marge de la parade des 80 ans, Vladimir Poutine a déclaré en restant pour le moins ambigu que le gaz fourni par le nouveau gazoduc serait « tarifé selon les principes du marché » et fixé « selon une formule à déterminer », sans plus de précisions.

Enfin, Gromov a indiqué que la construction du gazoduc côté russe pourrait prendre environ trois ans, tandis que le calendrier pour le segment chinois n’a pas été rendu public par Pékin.

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Sur le fond, de la puissance stratégique réelle de l’OCS, pour dire les choses de manière abrupte, « l’esprit de Shanghai » – mélange de discours chinois classiques sur le respect mutuel, la coexistence pacifique et la coopération mutuellement bénéfique – reste une rhétorique fragile, cachant mal la somme des différends et rancœurs enkystées notamment entre la Chine et l’Inde.

Rappelons au passage que le même affichage de bonnes volontés chinoise à la fois édifiantes, ampoulées et chimériques avait eu lieu lors du sommet de l’OCS à Qingdao, les 9 et 10 juin 2018 (lire : Le G7 au Québec et l’OCS à Qingdao, les deux pôles rivaux du monde). A cette occasion Xi Jinping avait sans ambages proposé à Narendra Modi qui avait poliment refusé l’offre, de faire cause commune avec la Chine contre l’Occident.

Certes la taille de l’Organisation – 60% de l’Eurasie et 42% de la population mondiale et 25% du PIB global - est importante, mais dans le cas de l’OCS, comme l’écrit Stefan Wolf dans « The conversation », elle crée des problèmes au lieu de contribuer à leur résolution.

En réalité, les thèmes et les situations où le bât blesse sont nombreux.

Quelques exemples :

1. L’organisation n’a guère réagi à l’escalade des tensions entre l’Inde et le Pakistan après les attentats terroristes au Cachemire, qui conduisit les deux rivaux de longue date à une escalade mortelle. Il a fallu la médiation des États-Unis pour apaiser les violences.

Ajoutons que l’incapacité de l’OCS à condamner explicitement le terrorisme transfrontalier dans une déclaration commune à l’issue de la réunion des ministres de la Défense de OCS fin juin, a conduit l’Inde à refuser de la signer.

2. Deux partenaires de dialogue de l’OCS – l’Arménie et l’Azerbaïdjan – ont été impliqués dans plusieurs affrontements violents de grande ampleur depuis leur entrée en dialogue il y a près de dix ans. Et s’il est vrai qu’ils ont désormais adopté l’esprit de Shanghai, c’est, ironiquement, grâce à l’entremise de Washington, et après la forte dégradation de leurs relations avec la Russie.

3. La Chine qui surveille son flanc sud comme l’huile sur le feu, a accueilli avec prudence la reconnaissance des Talibans par la Russie, le 3 juillet 2025. Même si elle a ostensiblement affiché une volonté de coopération avec le régime de Kaboul, elle n’a pas suivi le mouvement de Moscou.

Comme le rappelle Francois Danjou, en page 2 de l’éditorial du 27 août (Sur son flanc sud, Pékin revisite ses tensions avec l’Inde et cherche le chemin d’une improbable médiation entre Islamabad et Kabul), les tensions sont telles entre Kaboul et le Pakistan, lui-même proche allié de Pékin, que les conditions d’une stabilisation de la région dont rêve Perkin pour lancer en Afghanistan ses stratégies de développement d’infrastructures, ne seront pas réunies avant longtemps.

4. Enfin, même si Xi Jinping avait espéré que Narendra Modi humilié par les taxes punitives de D. Trump, tourne le dos à l’Amérique, les contentieux sont tels entre New-Delhi et Pékin qu’une bascule de l’Inde en faveur de la Chine reste une hypothèse improbable.

Alors qu’il n’a pas échappé au ministre de la défense indien Rajmat Singh que, lors du récent conflit avec le Pakistan, la Chine avait, malgré ses efforts pour apparaître neutre, clairement penché vers Islamabad, il est probable que New-Delhi restera fidèle à son positionnement en Indo-Pacifique au sein du dialogue de sécurité du « QUAD », structure de dialogue en défiance à la Chine regroupant les États-Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie.

Comme le dit la chercheuse indienne Sana Hashmi, membre de la Taiwan-Asia Exchange Foundation, dejà citée dans l’éditorial, « Pour l’instant, la priorité de l’Inde est de gérer les tensions avec la Chine, tout en naviguant au mieux dans les eaux américaines troublées par Trump. »

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L’impressionnante parade du 3 septembre. Au-delà du pas de l’oie.

Le 3 septembre dernier, sur la place Tian An-men, les trois « drapeaux rouges », en tête, celui du Parti au milieu le drapeau national, en dernier celui de l’APL, portant les chiffres chinois Ba Yi 八 一, 1er août, en référence au 1er août 1927, date de la fondation de l’Armée Populaire de Libération, après le soulèvement de Nanchang 南昌起义 en riposte aux purges de Tchiang Kai-chek.


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De l’avis de tous les observateurs témoins de son lancement sur la place Tain An-men par le mouvement rigide, saccadé et mécanique des sentinelles de la garde aux trois drapeaux rouges – du Parti, de l’APL et de la RPC -, avançant l’une après l’autre au pas de l’oie des soldats prussiens du XVIIIe siècle, le défilé du 3 septembre sur Chang An - 长安 -, l’avenue de la Grande Paix – organisée en mémoire de la victoire sur le Japon en 1945, fut une impressionnante démonstration de force à la gloire de Xi Jinping.

Soigneusement millimétrée et cadencée dans de vastes alignements au cordeau, le déploiement à l’ampleur inédite a durant 70 minutes présenté au monde 10 000 hommes et femmes de l’APL, groupés en carrés compacts, une centaine d’avions et d’hélicoptères de combat, un nombre impressionnant de véhicules blindés et le dernier cri des équipements dont, entre autres, des missiles et des robots militaires.

Parmi les armements les plus récents qui, selon Michael Raska, professeur adjoint au programme de transformations militaires de l’Université technologique Nanyang de Singapour, ne sont plus seulement « des copies rudimentaires d’il y a vingt ans des modèles occidentaux », citons, notamment les missiles et les drones produits en quantité par le complexe militaro-industriel dont la productivité et la réactivité sont très au-dessus des lourdeurs des pays démocratiques soumis à l’exercice des discussions budgétaires et à l’impératif de la rentabilité immédiate des industriels.

Ainsi le Dongfeng DF-61 pour 东风 –Vent d’Est-, à ogives multiples ; le missile balistique intercontinental DF-5C capable, depuis le nord de la Chine de frapper directement les États-Unis ; ou encore le missile à portée intermédiaire DF-26D baptisé « le tueur de Guam - 关岛杀手 - », qui pourrait atteindre les bases militaires américaines de l’Île de Guam, dans l’archipel des Mariannes en mer des Philippines, plus de 4000 km au Sud-est de Pékin.

Dans la panoplie des armes défensives, citons aussi le laser géant LY-1 dont on parle beaucoup, capable de désactiver les ensembles électroniques ou même d’aveugler les pilotes et une vaste gamme de missiles air-sol antinavires hypersoniques difficilement interceptables de la famille des « aigles  » YJ-15, 17, 19, 20. (“YJ“ pour 鹰击 Ying Ji - “attaque de l’aigle”).

A côté de sa flotte d’avions de chasse furtifs J-20 et J-35 de cinquième génération, la Chine a également développé une vaste panoplie de drones dont certains sont équipés de l’Intelligence Artificielle. C’est le cas du drone sous-marin géant AJX-002 en forme de torpille et du HSU 100 de reconnaissance et de surveillance, dont Pékin affirme qu’il sont opérationnels.

De même, le GJ-11 - pour Gong Ji 攻击– attaque - dit « sabre trenchant 利剑 lijian » fabriqué par AVIC, capable de missions de reconnaissance et de frappes chirurgicales (lire la longue expérience chinoise en matière de drones - Les drones tueurs. La Chine entre en lice, entre commerce, rivalité stratégique, efficacité tactique et controverses morales).

Enfin, on n’oubliera pas le formidable développement de la marine aujourd’hui dotée, selon l’US department of Defense, de 332 navires de combat, contre seulement 291 à l’US Navy (lire le § « Puissance de l’aéronavale » de notre article Espace et marine de guerre).

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Pour autant, sous la surface de la puissante démonstration de force du 3 septembre mimant les défilés de la victoire contre les Nazis organisés tous les 9 mai par la Russie, persiste un très sérieux hiatus de la propagande de l’appareil à propos de la résistance au Japon.

Réécriture de l’histoire.

Tchiang Kai-chek et Mao dont l’alliance contre les Japonais n’a duré que jusqu’en 1938.


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A l’intérieur, la lutte contre l’agression de l’empire nippon en Chine ne fut en majorité pas l’œuvre du PCC, mais du KMT. A l’extérieur, la victoire fut portée par l’aéronavale américaine et les deux frappes nucléaires des 6 et 9 août 1945. Elles furent les préludes à l’annonce, le 15 août, par l’empereur Hirohito de la reddition du Japon, dont la capitulation formelle fut signée le 2 septembre 1945, à bord du cuirassé américain Missouri.

En Chine, contre le Japon, le Parti Communiste a ménagé ses forces.

Il est exact que durant la 2e guerre sino-japonaise, - 1937-1945 – dont le bilan fut de 20 millions de morts, l’Armée rouge a d’abord combattu aux côtés des forces du KMT, notamment lors de la bataille de Taiyuan – septembre – novembre 1937. Mais la réalité est que la coopération entre Mao et Tchiang Kai-chek a très vite atteint ses limites après la bataille de Wuhan de juin à octobre 1938.

Perdue par les troupes de l’alliance PCC – KMT, au prix de plus de 400 000 pertes, tués, blessés et disparus (certains parlent d’Un million de pertes chinoises militaires et civiles) et plus de 100 000 pertes infligées au Japon, la bataille de Wuhan, clé de la plaine centrale où plus de 70% des jeunes officiers de Tchiang Kai-chek furent mis hors de combat, constitua le point culminant de la coopération entre le KMT et le PCC.

Après cette date, l’alliance entre Mao et Tchiang qui se méfiaient l’un de l’autre, commença à se défaire à mesure que les Communistes ralliaient les résistances chinoises derrière les lignes japonaises, allant même parfois jusqu’à les agresser quand elles refusaient de changer d’allégeance. En juin 1939, le général He Long, transfuge du KMT, futur vice-premier ministre, à l’époque à la tête d’une unité de l’armée rouge, anéantit dans le Hebei, une brigade de résistants commandée par Zhang Yin-wu qui refusait la tutelle communiste.

À partir de 1940, les conflits ouverts entre nationalistes et communistes se multiplièrent dans les zones restées hors du contrôle japonais. Ils culminèrent du 7 au 13 janvier 1941 avec « l’incident de l’Anhui du Sud » quand, à Maolin, 200 km à l’ouest de Hangzhou, les troupes de Tchiang Kai-chek tendirent une embuscade aux Communistes.

L’incident qui, selon le KMT, ripostait à une attaque communiste, marqua la fin de la coopération entre Mao et Tchiang. Par la suite, le Deuxième Front uni s’effondra complètement, tandis que Mao basculait ses priorités vers la prise de pouvoir en Chine. A cet effet et en prévision de la guerre civile, il ménagea ses forces et réduisit l’engagement de l’armée rouge contre le Japon.

A l’extérieur, dans le Pacifique occidental, la guerre contre le Japon fut celle de l’Amérique.

Dans l’imaginaire du Pentagone, la légitimité de la présence des forces armées terrestres, navales et aériennes américaines dans le Pacifique occidental, plonge dans la guerre du Pacifique contre le Japon.


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Alors que l’un des objectifs stratégiques de Pékin est de repousser les forces américaines hors du Pacifique occidental, la persistance dans l’imaginaire américain des images fortes de sa « guerre du pacifique » commencée après l’attaque japonaise de Pearl Harbour, le 7 décembre 1941, constitue pour Washington, une incontestable légitimité à la continuation de la présence de l’US Navy et des troupes américaines au Japon, en Corée du Sud, aux Philippines et à Guam.

Au cours des quatre années qui séparent Pearl Harbor et la reddition du Japon en 1945, qui leur coutèrent près de 500 000 pertes dont 160 000 morts, les Américains gardent en mémoire les batailles de la mer de Corail et de Midway (1942), de Guadalcanal (1942-1943), de la mer des Philippines de (1944), du golfe de Leyte, gigantesque bataille aéroterrestre, au centre de l’archipel des Philippines (1944) et des féroces combats de l’Ile d’Okinawa (1945).

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Par l’affichage cette semaine à Tianjin et à Pékin, Xi Jinping confirme que, depuis son accession au pouvoir en 2012, à la tête du Parti, il a tourné le dos au narratif édulcoré de la « montée en puissance pacifique de la Chine Heping Jueqi – 和平 崛起 - ».

En 2025, il est vrai très loin derrière les 883,7 milliards de $ alloués au Pentagone cette année (qui se rapprocheront des 1000 mds de $ en 2026), le budget militaire chinois est, avec 246 milliards de $, en augmentation rapide depuis 2007, année à laquelle, il n’était que de 67 milliards de $. Au cours des 15 dernières années, il a augmenté de 146%.

Au milieu des bruits de bottes qui, au prix d’une rectification de l’histoire, mimèrent une solidarité avec les parades russes de la victoire contre l’Allemagne nazie, le fait d’associer à ses côtés Kim et Poutine, deux parias des puissances occidentales, fut une provocation de Xi Jinping.

Elle soulignait sa conviction que le système international actuel, dirigé par les États-Unis, selon lui toujours animés d’une mentalité de guerre froide, pratiquant l’intimidation du fort au faible et responsables de nombreux conflits, doit être refondu de fond en comble.

A Tianjin les 31 aout et le 1er septembre à Pékin, le 3 septembre, selon le narratif du PCC, l’alternative pacifique à l’Amérique guerrière était clairement chinoise, en dépit de la puissante démonstration de force et des tentations impériales en mer de Chine du sud et dans le détroit de Taïwan.

L’option chinoise s’articule au discours de Xi Jinping qui, depuis 2023, fait la promotion des trois Initiatives globales de développement ; de sécurité et de civilisation (全球发展倡议 ; 全球安全倡 议 &全球 文明 倡议 ), portant sans équivoque un projet de normalisation du monde à l’aune des « caractéristiques chinoises ».

Selon Yu Yunquan, président de l’Académie des études chinoises et mondiales contemporaines, le « modèle chinois » énoncé dans les « Trois initiatives », non seulement sert d’exemple aux autres pays en développement, mais propose une amélioration du modèle occidental de gouvernance et de relation internationales.

Surtout, « il vise à créer un environnement extérieur favorable à la souveraineté, à la sécurité et aux intérêts de développement de la Chine, afin, dit Liu Jianfei, chercheur à l’École Centrale du Parti, de briser l’alliance antichinoise que les États-Unis tentent de créer ».

Depuis Washington, D. Trump qui a observé l’expression aux dimensions inédites du vaste rejet de l’Amérique dont il est lui-même l’artisan, a tweeté sur son réseau social à l’intention de Xi jinping « Veuillez transmettre mes plus chaleureuses salutations à Vladimir Poutine et à Kim Jong Un, alors que vous conspirez contre les États-Unis d’Amérique ».

Alors que Trump, à nouveau sur la même ligne que Poutine, recommence à blâmer l’Ukraine pour le piétinement des négociations de cessez-le-feu, selon Stephen Collinson analyste politique sur CNN, le message de dépit du président américain largement diffusé dans le monde, signifie deux choses.

1. Si les deux grands rassemblements de dirigeants autocrates, nouveaux adversaires et certains anciens alliés des États-Unis organisés cette semaine en Chine avaient pour but d’attaquer personnellement le président américain, ils ont parfaitement rempli leur objet.

2. En même temps, il souligne la vanité de ses tentatives de soumettre à son art des affaires, les nouveaux hommes forts de la planète dont il surjoue l’amitié.

 

 

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