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Le G7 au Québec et l’OCS à Qingdao, les deux pôles rivaux du monde

La place du 4 mai à Qingdao. Il n’est pas anodin de rappeler que Qingdao, ancienne colonie allemande avait, avec la concession du Shandong, été attribuée au Japon par le traité de Versailles. La bévue provoqua le mouvement du 4 mai 1919 qui fut l’acte de naissance du nationalisme chinois moderne que Xi Jinping nourrit aujourd’hui avec les références à Confucius et les projets des nouvelles routes de la soie.


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En observant les récents ballets diplomatiques du monde on ne peut qu’être frappé par l’incongruité d’un G7 au Québec du 8 au 9 juin marqué par de sévères tensions entre alliés d’où étaient absents la Russie pour cause de sanctions et la Chine qui figure parmi les 2 premières économies mondiales, se déroulant en même temps que le 18e sommet des chefs d’États de l’Organisation Coopération de Shanghai (O.C.S) les 9 et 10 juin, organisé à Qingdao à l’invitation du Président Chinois Xi Jinping.

Véritables symboles du dérèglement de la solidarité internationale, les deux sommets tenus simultanément l’un sur le Continent nord-américain et l’autre à Qingdao, apparaîtront peut-être aux historiens comme le point d’orgue d’une période où volèrent en éclats les anciens repères de l’après-guerre, bousculés par le raidissement nationaliste sans concession de Washington – qui, infligeant un gifle à ses alliés, n’a pas cautionné le communiqué final du G.7 – à quoi s’ajoute, à l’œuvre depuis au moins 20 ans, la montée en puissance du pôle de contestation de l’ordre occidental par la Chine opportunément rejointe par la Russie ostracisée du G.8 depuis 2014.

Le grand spectacle de Qingdao.

En organisant une réception grand style à Qingdao, Xi Jinping, accueillant Poutine qui, comme lui n’était pas invité au G.7, a envoyé un message aux pays occidentaux pour leur rappeler l’influence de la Chine dans les affaires du monde.


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En apparence et contrastant avec les acerbes querelles québécoises, le sommet de l’OSC a offert un spectacle édifiant rivalisant de bons sentiments et de promesses de coopération orchestrés par Pékin.

La sereine cohésion, mise en scène pouvait donner le sentiment que, face à l’Occident désuni et en chute libre, le pôle rival de l’OCS créé au printemps 1996 par Pékin Moscou, ayant de surcroît rallié à lui la puissance démographique et économique de l’Inde, pouvait désormais assumer le rôle de contrepoids planétaire à l’influence américaine qu’il avait toujours eu l’intention d’être, au-delà du discret affichage initial de bon voisinage autour des questions de frontières et de la gestion des ressources hydriques de l’ancienne Asie Centrale soviétique.

Ville ouverte sur l’avenir et l’océan Pacifique, vibrante de modernité, qui fut brièvement une concession allemande de 1898 à 1918, avant d’être attribuée au Japon par le traité de Versailles, abritant aujourd’hui le Commandement de la flotte chinoise de l’Est, symbole de la modernité de l’APL et de ses nouvelles capacités de projection lointaine, Qingdao a accueilli en grande pompe - feux d’artifice sur la baie de Jiaozhou à l’appui -, un sommet de l’O.C.S d’exception auquel participaient pour la première fois comme membres actifs, l’Inde et le Pakistan, sous l’œil de l’Iranien Hassan Rouhani observateur invité en même temps que l’Afghanistan, la Biélorussie et la Mongolie.

Au-delà d’une déclaration commune à l’éventail opérationnel plutôt maigre rappelant l’exigence de coopération amicale, les principes de bon voisinage et le refus des ingérences extérieures, cochant soigneusement la liste obligée des menaces bien connues, depuis le terrorisme, jusqu’aux trafics de drogue et d’êtres humains, en passant par les dangers de la prolifération et la militarisation de l’espace, envoyant au passage un coup de griffe à Washington à propos de l’installation du système anti-missiles THAAD en Corée du sud, la scène du théâtre de Qingdao fut complètement occupée par les deux étendards politiques actuels du régime, que sont les « nouvelles routes de la soie » et « les caractéristiques chinoises ».


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