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Avec ma bite et mon couteau : René Viénet cinéaste par René Viénet

Extrait de la présentation du livre par les Éditions MAREST. « Enfin un livre consacré à René Viénet, traducteur, graveur de sous-titres, réalisateur, distributeur, collectionneur & fils de docker, membre de l’Internationale situationniste, historien de la Chine, écrivain, éditeur etc. »


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« AVEC MA BITE ET MON COUTEAU » est la première monographie sur « René VIENET cinéaste » éditée par les Editions MAREST, par René VIENET lui-même.

Les lecteurs de Questionchine connaissent bien René Viénet ; il a contribué au site par de nombreuses rubriques sur la Chine contemporaine et sur la situation énergétique à Taïwan.

Détrompons d’entrée tous les adeptes de porno perverse, attirés par ce titre transgresseur dans le plus pur style paillard et rabelaisien de Viénet « Avec ma bite et mon couteau  » ne renvoie en réalité qu’à l’expression plus prosaïque et moins poétique « avec les moyens du bord  » .

Pour René Viénet, les moyens étaient maigres mais du courage, de la ténacité et de l’habilité, il en avait à revendre ; lisez (page 307) les quelque mots écrits à son sujet… par Simon Leys (Pierre Ryckmans) (Lire notre hommage à Simon Leys . https://www.questionchine.net/hommage-a-simon-leys-et-a-la-liberte-de-penser )

Les mots de Simon Leys sur RenéViénet ne sont pas seulement élogieux, ils sonnent « vrai ».

Mes premiers livres ont tous été placés à Paris par René Viénet qui a négocié avec divers éditeurs. Durant ce temps j’étais à Hong Kong puis à Canberra. Je m’en remettais entièrement à Viénet et je n’ai jamais eu à le regretter. Il était à la fois audacieux et habile - il l’ est toujours mais il applique son génie à d’autres entreprises : il fait du business à Taïwan et il a un vignoble dans la région de Cahors » -.

(...) Sur le fond, il demeure fidèle a ses idéaux anarcho-situationnistes de ses vingt ans . C’est un personnage haut en couleurs. Redoutable à certains égards mais incontestablement génial, il est capable d’à peu près tout sauf d’hypocrisie. »

Ce livre se lit comme les péripéties du retour d’Ulysse à Ithaque. On peut en rire, mais il y a de ça. Le récit de Viénet est, comme celui d’Homère. Un parcours parsemé d’horions, de victoires et de cicatrices, d’un combat sans fin contre les imbéciles, les lâches et les incompétents.

Et des ennemis, René Viénet s’en ai fait à la pelle ; Il fait partie des rares personnes que je connaisse qui, quand ils aperçoivent un imbécile ou un incompétent sur le trottoir d’en face, ne peuvent s’empêcher de traverser la rue pour aller le lui dire… Et un peu comme Sisyphe et son rocher, il s’est ingénié à tenter de les pousser vers le puits sans fond de la bêtise humaine. « Vaste programme » disait De Gaulle.

Sa célèbre offensive contre la « Révo-cul  » et ses maos délirants, avec son ami Simon Leys qui leur valut tant de critiques et de haine, est un de ses plus glorieux combats. Traiter les maoïstes d’imbéciles et d’idéologues-bornés, au temps de la gloire du Grand-Timonier c’était se mettre à dos, la grande majorité de l’élite intellectuelle française de l’époque et la totalité de la presse servile.

Traiter de lâches et d’incompétents des mandarins de l’université (Jean Chesneaux, Léon Vandermeersch, J-Luc Domenach, entre autres), était une témérité quasi suicidaire. Elle affrontait en effet de plein fouet ceux-là même qui forcèrent Simon Leys à l’exil en Australie en lui refusant le droit d’enseigner en France, et qui feront payer à Viénet son audace en le couvrant d’ignominies et en parvenant à le faire virer par DEUX fois du CNRS,

Mais Viénet arrive encore à en rire ; page 360, il nous susurre : «  Ces larves sont des personnages du film de Jean Yanne, “les Chinois à Paris” (1974). Vous pouvez y reconnaître Jean Luc Domenach et plus encore Leon Vandermeersch dans l’Abbé, recyclé en commissaire politique, magistralement interprété par le génial Paul Préboist. »

Le livre nous retrace, bien entendu, ses succès cinématographiques, avec ses célèbres films détournés à la mode situationniste mais aussi des combats moins connus de sa carrière cinéaste.

Il y eut ses efforts en faveur de la célèbre émission TV d’enseignement du français à Taiwan en 1980, tenue à bout de bras par ses amis Zyl et Jacques Picoux, vite étouffée par les services du Quai d’Orsay effrayé par une éventuelle réaction du régime chinois.

Il y eut aussi la distribution par ses soins de Ne laissons pas les morts enterrer les morts, le premier film sur la Shoah, 15 ans avant celui plus connu de Claude Lanzmann.

N’oublions pas non plus ses combats littéraires avec la Bibliothèque Asiatique que René Viénet a dirigée chez Champ-libre, puis à 10-18, chez Bourgois ou encore chez Robert Laffont.. Au total une centaines de titres, que l’ancien libraire et bibliophile érudit, Maurice Imbert a compilés dans une collection à paraître chez Marest Ed., en 2027.

Parmi les livres publiés par Viénet aux Ed Champ Libre, le plus célèbre fut en 1971, « Les habits neufs du Président Mao », chronique au lance-flammes de la révolution culturelle par Simon Leys qui détruisit sans ménagement et avec une féroce lucidité tous les dogmatismes Maoïstes de l’époque qui peuplaient l’université française.

J’en passe et des meilleures, que vous découvrirez au fil de votre lecture, à l’exemple de cette extraordinaire conversion de notre cinéaste-éditeur-sinologue devenu, avec succès, banquier, vendeur d’uranium à Taïwan, expert des centrales nucléaires et de leurs combustibles usés et viticulteur dans le Cahors…

Et pour finir, un hommage à double entrée de Delfeil de Ton (page 241) inconditionnel de Viénet, parodiant avec un humour acerbe l’esprit rétréci et la sècheresse d’âme des harcèlements que ses détracteurs infligeaient à Viénet.

« C’est qu’il pousse vachement loin son fameux mépris le plus total de la vie humaine, René Viénet ! Il n’est pas pour Giscard ; il n’est pas pour Brejnev, il n’est pas non plus pour Mao. I !l n’est même pas pour Mitterrand ! Faudrait faire un sondage pour savoir si ça a seulement le droit de vivre des hurluberlus pareils. Sûr que ça doit même pas se laver. »

Que René Viénet ait pu parfois user d’un langage outrancier pour tenter de déstabiliser ses médiocres détracteurs qui se drapaient dans les costumes chics de la respectabilité et de la bien-pensance, cela ne fait aucun doute et il ne s’en cache pas ;

En somme,il a fait avec les moyens du bord « Avec sa bite et son couteau », pour reprendre son titre à la paillardise rabelaisienne, cependant toujours avec une fougue et sa vaste connaissance de la Chine, soulignées par Vincent Roussel, critique de cinéma et auteur, animateur de blogs et de chroniques dédiées au septième art.

«  Ce qui séduit dans Avec ma bite et mon couteau, c’est sa verve et son humour qui n’excluent ni l’érudition, ni la conviction » (quelques mémorables et saignantes lettres d’insulte en sont la preuve. »)

Un exemple de son érudition est inscrit, dès le début du livre, dans la citation en chinois de la couverture sous la photo de Viénet qui détourne une citation originale du célèbre poète Liu Changqing de la Dynastie Tang, « 手中(無)尺鐵 » .

L’original décrit la détresse d’un soldat encerclé « sans même une petite arme en main ». Mais il en modifie délicatement le sens en ne changeant qu’un sinogramme « 手中(有)尺 鐡 » qui transforme l’expression devenue « avec seulement un petit bout d’acier en main » dont la subtile grivoiserie est en phase avec la salacité du titre « avec ma bite et mon couteau  ».

 

 

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