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›› Chine - monde

Les surproductions chinoises et la mort programmée du commerce mondial ouvert

En 2025, l’excédent commercial chinois a atteint le niveau record de 1200 milliards de $. Résultat de la frénésie d’exportations de ses surplus industriels, devenue le moteur d’une croissance interne en berne, il détruit les équilibres du commerce mondial, au milieu des crispations des Etats-Unis et de l’Europe. « Personne n’avait imaginé qu’un pays, par sa seule taille, ne laisserait plus rien aux autres. »

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Le 5 octobre dernier la revue «  Le Grand Continent » lancée en 2019 qui porte la marque d’excellence de l’École Normale Supérieure, avec une pensée de géopolitique globale clairement articulée à la souveraineté européenne face aux empires chinois, américain et russe, a donné la parole à Pascal Lamy, 79 ans, ancien Commissaire européen pour le commerce et Directeur de l’OMC de 2005 à 2013.

Son mandat coïncidait avec la spectaculaire envolée de la puissance de la Chine après son entrée à l’OMC, avec, entre 2001, date de l’entrée de la Chine dans l’Organisation et 2013, à la fin du mandat de Pascal Lamy, un surplus commercial chinois passé de 22,6 à 259,1 milliards de $ US.

Précisons qu’en 2005, année de la prise de fonction de Pascal Lamy à l’OMC, le surplus chinois était déjà de 100 milliards de $ US et que l’élan a continué de manière spectaculaire. Douze ans plus tard, en 2025, l’excèdent des échanges de biens était de 1200 milliards de $, en hausse de 20 % par rapport à 2024, soit, selon les statistiques nationales chinoises, un record d’augmentation historique sur une seule année.

Même si dans le bilan on inclut les échanges de services où la Chine accuse un déficit de 116 milliards de $ US, en 2025, la balance du compte courant incluant les biens, les services et les revenus (générés hors de Chine par les investissements chinois et en Chine par les entreprises étrangères) affichait, toujours selon les statistiques chinoises, un excédent de 735 milliards de $ US.

Le titre très inquiétant de l’article « La Chine est en train de tuer le commerce mondial ouvert - https://legrandcontinent.eu/fr/2026/10/05/pascal-lamy-la-chine-est-en-train-de-tuer-le-commerce-mondial-ouvert/ -  » ouvre un vaste champ d’analyse sur les conditions souvent critiquées d’entrée de la Chine dans l’OMC, ses stratégies industrielles et commerciales ayant tiré profit de l’absence de cohésion européenne face à l’implacable rouleau compresseur chinois.

Après des années d’inefficacité marquées en Chine par des stratégies commerciales concurrentes des Européens entre eux, un timide réveil avait eu lieu il y a déjà plus dix ans par une série d’alarmes de voix autorisées soulignant à la fois la puissance chinoise et les discordances européennes.

Difficile prise de conscience européenne.

« Un quart de siècle après, le pari de l’entrée de la Chine dans l’OMC s’est mué en un défi existentiel pour l’appareil productif européen et américain. Loin du mirage « d’un commerce mutuellement bénéfique » comme l’espérait encore le président français en 2019, la Chine a hissé ses produits au sommet de la chaîne de valeur et vient désormais concurrencer le cœur productif européen. Commentaires du 07/10/2026 Par Alexandra Buste, Xavier Lalbin.

Photo publiée par Elucid qui le 9 octobre publiait « La fin de l’économie libérale » Hermann, 2023, par Michel Bourdeau, agrégé de philosophie et ancien élève de l’ENS (Saint-Cloud), il est Directeur de recherches émérite de l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (Paris-I/CNRS).


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Fin 2016, au milieu d’une claire crispation de Bruxelles, François Danjou documentait la défiance de Sigmar Grabiel et de l’Allemagne après des années de connivence complice entre Angela Merkel et Li Keqiang (https://www.questionchine.net/la-chine-l-europe-l-allemagne-et-la-france)

En mars 2018, QC analysait l’alerte du rapport « China at the gate », (https://www.questionchine.net/les-vents-contraires-de-la-relation-chine-europe ) publié en 2017 pour l’European Coucil of foreign relations par Francois Godement et Abigaël Vasselier. Lire le texte en Anglais : https://ecfr.eu/publication/china_eu_power_audit7242.

En même temps, le tableau général dressé par QC n’avait pas manqué pas de souligner en 2015, la tentative de Londres pour jouer sa propre partition d’une relation avec la Chine pourtant marquée par de douloureuses cicatrices historiques.

Le faste de ce « cavalier seul  » de Londres en avait choqué plus d’un. (Lire :https://www.questionchine.net/lune-de-miel-entre-londres-et-pekin-le-faste-monarchique-au-service-du-pragmatisme.)

Le 18 octobre 2015, deux jours avant le voyage officiel de Xi Jinping à Londres, Ma Jian écrivain chinois dissident réfugié en Allemagne (Parmi les plus connus de ses romans : « Beijing coma » et « la mendiante de Shigatze ») avait signé un article au vitriol.

Après la douloureuse amertume du titre, « Les plaintes des prisonniers chinois hanteront la réception royale prodiguée à Xi Jinping  », il s’insurgeait contre les excès de la pompe britannique : « Une fois de plus “big brother “ est en territoire britannique. Cette fois pourtant, il n’est pas accueilli par une poignée de mains distante, mais les bras ouverts au milieu d’une honteuse flagornerie  ».

Il reste que dans la recherche d’une relation d’exception avec la Chine communiste, en Europe, c’est tout de même Paris qui tient le haut du pavé.

La aussi, la vérité oblige à reconnaitre qu’après les enthousiasmes réciproques de la reconnaissance par Charles De Gaulle en 1964, qui fut aussi une affirmation d’indépendance face à Washington, la relation franco-chinoise s’est, au fil de la montée en puissance de la Chine, elle aussi banalisée, parmi d’autres points de crispation, autour du rapport de forces commercial déséquilibré.

Depuis 2017 Paris tente face à la Chine un rééquilibrage de puissance par le biais de l’Europe. En vain. La fragilité de la cohésion européenne et le grand scepticisme de Pékin à l’égard d’une «  Europe Puissance  » cantonnent la relation Chine-Europe dans un exercice baigné d’illusions.

En 2019, François Godement avait clairement décrit la fin des faux semblants «  Même si l’Union européenne persiste à dire qu’il peut y avoir un partenariat avec Pékin, les illusions de convergence et de réciprocité, assez fortes il y a douze ou treize ans, se sont dissipées ».

Au même moment, QC décrivait à la fois les efforts de Paris et de ses alliés européens pour affirmer la puissance de Bruxelles face à la placidité de Xi Jinping qui n’en fut nullement impressionné. https://www.questionchine.net/face-a-pekin-la-solidarite-hesitante-de-l-europe.

La réalité est que, progressivement, l’espoir d’une relation apaisée s’est éloigné, remplacé par une crispation articulée à un rapport de forces. Le changement de ton dans la relation était clairement apparu au moment des malentendus de l’accord Chine-Europe sur les investissements en janvier 2021.

Sa ratification avait été bloquée par le parlement européen aussi longtemps que Pékin n’aurait pas lever les sanctions chinoises infligées aux représentants européens critiques des camps d’internement des Ouïghour au Xinjiang.

Prenant à témoin Pascal Lamy, l’article de Grand Continent cite un autre exemple, d’une relation Chine-Europe désormais articulée aux représailles chinoises en riposte à ce que Pékin considère comme une agression de Bruxelles.

En d’autres termes face à ses concurrents commerciaux qui ciblent ses distorsions du marché, la Chine est sortie de l’esprit de dialogue pour entrer dans celui de la loi du Talion.

Exemple. « Le 9 juillet dernier la Commission a ouvert une enquête antidumping sur les importations de viande de canard de Pékin. Le lendemain, la Chine annonçait qu’elle interdisait temporairement toutes les exportations d’hélium, un gaz sans lequel il est impossible de fabriquer des semi-conducteurs. ».

Peu après, lui-même gêné que sa réaction puisse ressembler à un « œil pour œil, dent pour dent », l’appareil justifiait cette mesure par les perturbations d’approvisionnement causées par la guerre en Iran. Commentant l’épisode, Pascal Lamy affirme que le prétexte est crédible, mais que la brutalité immédiate du réflexe de riposte en dit long sur la différence d’approche.

Face à cette situation où Bruxelles constate que l’esprit de compromis s’est évaporé, les Européens se raidissent de manière plus solidaire alors que précédemment, leur approche du marché chinois était dispersée, chacun se préoccupant de ses intérêts nationaux.

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Nouvelles lucidités. Malentendus de l’OMC. Vulnérabilités chinoises et faux semblants.

« Il est clair qu’en poursuivant son approche étatique, les politiques et pratiques de la Chine remettent en cause les règles de l’OMC et causent de graves dommages aux travailleurs et aux entreprises du monde entier » Déclaration du de Katherine Tai, la représentante américaine au Commerce de février 2022 ©AFP


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Lors du Conseil des ministres franco-allemand de juillet, le Chancelier Merz appelait à réagir au déséquilibre commercial, tandis que le Président Macron réclamait « des mesures d’urgence, » supposées plus efficaces que « de longues enquêtes. »

Le contexte des échanges extérieurs de l’UE souligne le déséquilibre des relations commerciales avec la Chine. « Hors Chine, l’excédent européen avoisine les 490 milliards d’euros. L’Europe n’a donc pas un problème global de compétitivité dans le commerce des biens. Elle a un grave problème chinois qui n’existe avec aucun de ses autres partenaires commerciaux. »

Au milieu de ces controverses tactiques essentiellement articulées au déficit commercial au profit de la Chine également au cœur des crispations sino-américaines, et, pour l’Europe, à la spectaculaire invasion des véhicules électriques chinois, 30% moins chères à qualité comparable, la très utile réflexion de Pascal Lamy considère l’ampleur du hiatus systémique entre l’approche chinoise et celle de l’UE.

A l’origine, la discordance de principe remonte à l’accord commercial UE-Chine de 1995, au moment où la Chine était en pleine transformation dans le sillage de l’impulsion d’ouverture économique de Deng Xiaoping, quand tous les pays développés rivalisaient d’initiatives concurrentes pour se tailler une part du marché intérieur chinois.

Pour Pascal Lamy le malentendu prend racine dans la naïveté des architectes de l’accord et des négociateurs convaincus que les surproductions chinoises s’ajusteraient d’elles-mêmes par la hausse des prix, la valorisation du Yuan et l’augmentation des salaires.

Mais, ajoute l’ancien Directeur de l’OMC, « ce mécanisme [d’ajustement] ne pouvait pas fonctionner pour la Chine, première puissance manufacturière mondiale car ses règles n’ont pas été écrites pour un membre capable de le neutraliser. » En d’autres termes la question se pose de l’efficacité des règles de l’OMC face à un capitalisme d’État de cette ampleur dont la puissance les contourne.

Pékin balaye l’argument en expliquant que les problèmes ne sont ni les subventions, ni les surcapacités et encore moins l’invasion quantitative, mais simplement un différentiel de compétitivité entre l’offre chinoise et l’offre européenne.

Ce n’est pas tout à fait exact. L’un des meilleurs exemples est le constructeur automobile BYD.

Ses avantages compétitifs sont réels. « Mais, selon l’Institut Kiel, plus ancien organisme de recherche économique allemand fondé en 1914, même BYD qui se dit indépendant, a reçu des subventions directes totalisant 2,1 milliards d’€ en 2022, soit 3,5 % de son chiffre d’affaires. »
Ce qui, correspondrait pour le constructeur Français Renault à 2 milliards d’€. Très au-dessus des aides publiques de 237 millions d’€ reçues par l’entreprise française dont le chiffre avait été communiqué au Sénat en 2023.

Plus encore, alors que six ans après l’admission de la Chine à l’OMC, Wen Jiabao, le Premier Ministre de l’époque avait, le 16 mars 2007, face à l’Assemblée Nationale, déjà lui-même alerté sur les vulnérabilités de la croissance chinoise « instable, déséquilibrée, non coordonnée et pas durable  », près de vingt ans plus tard, les commentaires de Pascal Lamy pointent directement les fragilités les plus criantes de la situation domestique chinoise.

Marquée par une dette interne évaluée selon le FMI à l’équivalent de 50 000 milliards d’€ et par la chute de la consommation interne, l’essoufflement domestique a, par compensation, directement débouché sur l’exigence d’appuyer de plus en plus la croissance à l’élan d’exportation.

« L’éclatement de la bulle immobilière a fait fondre le patrimoine des ménages à un point tel que les familles chinoises en souffrent encore. Les ventes de voitures sur le marché intérieur ont reculé dix mois d’affilée jusqu’en juillet, pendant que les exportations automobiles bondissaient de près de 90 %. »

Dans son constat, Pascal Lamy aborde au passage la question de la dette interne ayant atteint 300 % du PIB.

Selon lui et en substance, les vastes surplus commerciaux et les importantes réserves de change, bilan de la frénésie d’exportations, seraient le moyen de créer un « matelas  » de sécurité permettant, en cas de coup dur, d’éponger la dette globale interne. Supérieure à 300 % du PIB, elle agrège le déficit budgétaire de l’exécutif, les dettes des entreprises et celles des collectivités locales.

Enfin, revenant sur le sujet de l’entrée de la Chine dans l’OMC qu’il connaît bien, l’ancien Directeur Général rappelle à plusieurs reprises les malentendus ayant brouillé les conditions de son admission.

Au cœur du débat, un quiproquo politique.

L’adhésion à l’OMC n’obligeait pas la Chine à se transformer en une économie libérale de marché. Elle a surtout exigé qu’elle respecte un ensemble précis de règles commerciales, tout en lui permettant de conserver une grande partie de son modèle économique.

L’exportation, nouveau moteur invasif de la croissance chinoise. Faiblesse de la solidarité européenne. Tensions Chine-UE

Par un communiqué du 27 avril, 2026, le ministre du commerce Wang Wen Tao avait menacé de représailles l’UE si cette dernière adoptait sa loi visant a réindustrialiser l’Europe sans prendre en compte la position de la Chine. « Si l’UE ignore les suggestions de la Chine et insiste pour faire adopter ce texte, portant ainsi préjudice aux intérêts des entreprises chinoises, la Chine n’aura d’autre choix que de prendre des contre-mesures ».

En cause l’exigence imposée par Bruxelles aux secteurs stratégiques d’incorporer à leurs productions un pourcentage minium de composants critiques originaires d’Europe pour bénéficier des subventions et prétendre aux marchés publics.

La mesure vise particulièrement l’industrie automobile notamment les véhicules électriques, les technologies d’énergies décarbonées (panneaux solaires, batteries, pompes à chaleur), les centrales nucléaires, ainsi que les industries lourdes et les matières premières cruciales.A la date du 10 octobre, la procédure législative europenne est toujours en cours. Le soutien aux mesures est majoritaire, mais des divergences subsistent sur leur application et leur calendrier.


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Pour stabiliser sa situation politique interne, la Chine fait dérailler la loi du marché et de la concurrence en subventionnant des entreprises non viables. En tenant la tête des « entreprises zombies » hors de l’eau, elle détruit l’argument économique de la concurrence libre, loyale et non faussée.

Autre particularité soulignée par Pascal Lamy, en investissant simultanément toutes les gammes des échanges planétaires, la Chine qui réduit mécaniquement la part des autres acteurs, fonde l’accusation de détruire le commerce mondial.

Alors que les émergents asiatiques comme le Japon, la Corée et Taiwan ont fait évoluer leur production et leurs exports d’une faible valeur ajoutée vers le haut-de-gamme, la Chine a continué à produire des textiles et des jouets. En même temps elle développait sa production dans les secteurs de l’acier, de la chimie, des panneaux solaires, des batteries, des voitures, des machines-outils, des semi-conducteurs et des médicaments.

Résultat, la part chinoise dans la valeur ajoutée manufacturière mondiale est passée de 8,5 % en 2004 à 28 % en 2024, tandis que celle de l’Union européenne baissait de 25 % à 17 %. Un des effondrements industriels les plus douloureux est le secteur des cellules photovoltaïques. En 2007 l’Europe produisait 30% de la demande mondiale. Aujourd’hui elle n’en exporte plus que 1%

La conclusion de l’article exprime une urgence européenne. L’UE doit, le plus rapidement possible achever l’intégration de son marché intérieur « là où subsistent des trous dans la raquette en finance, en énergie et en connectivité  »

Un exemple extrême du déficit européen de solidarité industrielle est l’automobile.

En 2024, tous les constructeurs allemands se sont pour des raisons différentes opposés aux « droits compensatoires européens » destinés à pondérer les subventions chinoises aux véhicules électriques exportés en Europe. Leur valeur vaut de 7,8 % pour Tesla à 35,3 % pour les véhicules de la SAIC en passant par 17 % à BYD et 18,8% pour Geely.

Alors que Mercedes et BMW les avaient également rejetés, le plus ardent opposant fut Olivier Blum PDG de Volkswagen dont le projet industriel est étroitement impliqué en Chine avec 13 sites de production de véhicules et 21 usines de composants.

Stellantis (Peugeot, Citroën, DS Automobiles, Fiat, Alfa Romeo, Jeep et Chrysler), moins impliqué que Volkswagen, visant surtout les marchés européen et américain est quand même opposé aux droits, par crainte qu’une escalade commerciale nuise à ses intérêts en Chine.

Enfin, moins impliqué en Chine que les groupes allemands, le Français Renault adopte des positions plus nuancées.

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Depuis qu’elle est entrée dans l’OMC avec un statut transitoire de pays en développement et en conservant intact son système politique, la Chine écrase le commerce mondial par la puissance invasive de ses exportations. « Personne n’avait imaginé que. par sa seule taille, un pays, ne laisserait plus rien aux autres », dit Pascal Lamy.

Devenues l’indispensable moteur d’une croissance interne en perte de vitesse, les effets disruptifs des vastes surproductions du système industriel chinois sont au cœur des alertes américaines et européennes. Elles sont à l’origine de la brutale réaction de Washington et commencent à fédérer une solidarité européenne toujours hésitante.

Le secteur automobile submergé par les modèles chinois nettement moins chers et à qualité égale est un bon exemple. Faute de mesures de protection, les aides et subventions - prêts préférentiels, aide à l’achat de terrains et subventions aux producteurs de batteries -, que la Chine continue à accorder, tout en les niant, à ses constructeurs ont la capacité de détruire le vieux tissu industriel européen.

Alors que, pour juguler l’inflation interne, Pékin, surveille artificiellement le taux de change de sa monnaie dont la sous-évaluation fluctue entre 16 et 30% - autre avantage décisif à l’export -, Pascal Lamy suggère de riposter à la Chine en généralisant à tous les échanges le système adopté par l’Europe au secteur de l’acier qui combine quotas, droits de douane élevés, traçabilité des importations et taxes de décarbonation appliquées aux entrants chinois.

 

 

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