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Avis de tempête économique

Des politiques publiques hésitantes.

Pour Xiang Songzuo, professeur d’économie à l’Université du Peuple, la promotion par le Président des études marxistes envoie un très mauvais signal aux entrepreneurs privés.


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Évoquant la crise commerciale entre Washington et Pékin, Xiang Songzuo a d’abord fustigé la réponse politique trop confiante du régime, « les Américains se tirent dans le pied » (…) « La victoire de la Chine ne fait aucun doute » (…), ignorant à, la fois l’ampleur des risques économiques posés par les taxes de Washington et le fait que les États-Unis et la Chine étaient embarqués dans une rivalité systémique globale, articulé à un conflit de valeurs auquel, pour l’instant, aucun accommodement n’a été trouvé, créant une anxiété larvée.

D’autre causes du ralentissement se doublant de la montée des doutes dans l’opinion, furent les coups sévères portés à l’entreprise privée par quelques déclarations officielles ayant laissé entendre l’élimination de la propriété. Ajoutées aux analyses de certains chercheurs glosant sur la fin du marché en Chine, elles ont nourri le pessimisme des investisseurs au point que les disponibilités financières privées se sont sérieusement contractées, impactant directement la confiance des entrepreneurs.

A l’appui de son analyse il a critiqué avec véhémence les références du pouvoir et notamment celles de Xi Jinping lui-même, aux études marxistes « Quel signal croyez-vous que ces rappels communistes envoient aux entrepreneurs privés ? ». « Mieux vaudrait », ajoute Xiang, « s’appliquer à rassurer la propriété individuelle. »

Marasme boursier. Crise industrielle et accumulation des dettes.

Peu performante, la bourse chinoise est en baisse de plus de 25% depuis février 2018. La persistance de la chute crée un sentiment d’inquiétude aggravé par le freinage de la croissance et le recul des investissements. En revanche, la baisse des réserves de change culminant toujours à 3000 Mds de $ reste limitée à 3% depuis janvier 2018.


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Puis vient le bilan concernant l’état du secteur productif traversé par une crise, les dettes des administrations locales et les faibles résultats de la bourse dont les profits ne sont qu’en partie orientés vers la production, une part importante étant toujours dirigée vers le secteur financier officiel ou la « finance grise ». Lire aussi Plongée dans les arcanes contradictoires de la finance chinoise. et Au-delà des indices, les grands soucis économiques du régime.

De janvier à octobre la valeur totale des obligations non honorées émises par les entreprises a atteint 14,5 Mds de $, tandis qu’en 2018, celle estimée des faillites sera de 1,74 Mds de $. Parmi les victimes on compte le géant du verre Bohai Steel (渤海钢铁) classé dans les 500 premiers groupes mondiaux, ayant accumulé 27,86 Mds de $ de dettes.

Un autre souci est le gonflement de la dette des administrations locales estimée entre 2580 Mds de $ par les statistiques nationales et à 5800 Mds de $ par He Keng, n°2 de la Commission des Affaires financières de l’ANP Lire : Le nationalisme économique perpétue les risques de crise financière.

Quant à la bourse elle ressemble, dit Xiang, à celle de Wall Street en 1929, avec la plupart des titres en chute sévère. Parmi eux, 83 avaient perdu plus de 90%, 1018 plus de 80%, 2125 plus de 70% et 3150 en moyenne 50%, classant le marché financier chinois parmi les moins performants de la planète.

S’il est vrai que les mesures publiques de régulation inadéquates sont en partie la cause de la chute, Xiang estime que le problème de fond est que les compagnies chinoises listées en bourse ne sont tout simplement pas rentables (la valeur totale des profits de 1144 sociétés cotées en bourse est à peine égale 1,5 fois la valeur de la Banque Industrielle et Commerciale ICBC.)

Sur l’ensemble des groupes chinois, seul Huawei dont les profits sont de 10 Mds de $ est comparable aux groupes américains. Ironie de la situation, le groupe dont la structure du capital est opaque, n’est pas coté en bourse, où nombre de sociétés chinoises listées se contentent de spéculer sur les marchés financiers ou immobiliers. Exemple : au cours des 10 dernières années, 40% des sommes dégagées lors des offres publiques d’achat sont allées vers des compagnies financières ou des groupes immobiliers.

La situation n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave. Depuis 2009 le taux d’endettement général ne cesse d’augmenter au point que les entreprises chinoises sont 3 fois plus endettées que les américaines et 2 fois plus que les japonaises. La conclusion de Xiang n’est pas optimiste.

A court terme la consommation intérieure baissera sur l’ensemble de l’offre de l’automobile à l’immobilier. De même, l’export sera touché par la guerre des taxes et les modifications dans les chaînes d’approvisionnement globales, tandis que, pour le pouvoir qui prétend tout contrôler, les défis s’accumulent. Le voilà confronté à la baisse du Yuan et des réserves de change, à la hausse de l’immobilier, au marasme de la bourse, aux hésitations des investisseurs et aux risques sur l’emploi.


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