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Chine-Taiwan. Le poids de l’histoire, des non-dits et des ingérences extérieures

Ma Ying-Jeou et Frank Hsieh diversement appréciés

A bien des égards la manière dont les deux candidats taiwanais sont perçus à Pékin, Tokyo et Washington, reflète en partie la complexité des situations. Ma Ying-Jeou, ancien étudiant à Harvard, né à Hong Kong sous la juridiction britannique rassure pourtant la Chine par son opposition à l’indépendance de l’Ile. Mais il agace les Japonais quand, se réclamant des revendications territoriales chinoises, il réaffirme les prétentions taiwanaises sur le petit archipel des Diaoyutai (Senkaku pour les Japonais).

Frank Hsieh, diplômé de l’université de Kyoto, entretient des relations chaleureuses avec le Japon, tandis que Pékin voit en lui le porteur des inacceptables projets d’émancipation de Taiwan et craint que son élection n’accentue les dérives de l’Ile vers l’indépendance formelle. Quant aux Américains, ils entretiennent le flou dans leurs préférences. Se méfiant de Chen Chui-Bian, le président transgresseur, promoteur virulent de l’indépendance, ils n’accorderont leur confiance à Frank Hsieh - enfant chéri du lobby pro-taiwanais à Washington - que s’il se démarque des provocations de Chen. En attendant, la Maison Blanche estime avec Pékin, et peut-être à contre-courant des nationalistes Japonais, que Ma Ying-Jeou, porteur d’un discours plus rassurant pour les Chinois, serait un président plus acceptable et, pour tout dire, plus contrôlable.

Non-dits, ambiguïtés et héritage empoisonné de l’histoire

Ces crispations croisées sont sous-tendues par une longue série de non-dits et de questionnements sur la nature réelle du statu-quo dans le Détroit, sur les acceptations diverses du « concept d’une seule Chine » à Tokyo, Pékin, Washington et à l’état-major du KMT, héritier du rêve de réunification de Tchang Kai-Chek sous la férule du parti nationaliste, et « last but not least » sur la réalité des menaces militaires chinoises et la crédibilité de l’engagement américain dans le Détroit. Elles sont aussi les poisons laissés en héritage par l’histoire. Ceux de l’humiliaton de la Chine par le traité de Shimonoseki qui, en 1895, ouvrit les 50 années d’occupation de Taiwan par le Japon. Une humiliation que les vainqueurs de 1945, mettant à profit l’incertitude de la guerre civile chinoise qui devait encore faire rage pendant quatre années, se gardèrent bien d’effacer. Tandis que Tchang Kai-Chek, vaincu sur le Continent, prenait le contrôle de l’Ile, dont il purgea les communistes à la faveur d’une loi martiale qui dura près de 40 ans.


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Par Anonyme Le 17/01/2008 à 21h54

> Chine-Taiwan. Le poids de l’histoire, des non-dits et des ingérences extérieures.

Excellent décryptage.

L’île de Taiwan est comme tirée par cinq ficelles, tenues par cinq protagonistes différents.

Trop d’ingérences extérieures nuisent à l’appaisement du conflit sino-taiwanais, qui n’a plus lieu d’être.

DM

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