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›› Editorial

Désastre au Sichuan. Importantes pertes humaines. Possibles dégâts écologiques

Les experts français ajoutent toutefois que « plusieurs installations nucléaires autres que celles produisant de l’électricité - usines de fabrication du combustible, réacteurs de recherche - sont répertoriées dans la région du Sichuan, dont certaines à des distances inférieures à 100 km de l’épicentre du séisme ». Toujours selon l’IRSN « il n’est pas possible à ce stade d’exclure que ces installations aient pu subir des dommages ».

La réactivité du pouvoir a cette catastrophe a été remarquable en dépit de quelques retards (déficit de troupes au Sichuan, dont une bonne partie est engagée au Tibet, défaut de qualification vol de nuit ou sans visibilité des pilotes d’hélicoptères) : 1300 médecins et 50 000 soldats de l’APL - chiffre qui pourrait être porté à 100 000 - ont été mobilisés et acheminés sur place. Le premier Ministre s’est rendu dans les régions les plus touchées pour coordonner les secours, tandis que, pour marquer que la priorité du pouvoir était désormais au sauvetage des victimes, les responsables des JO ont décidé de réduire les festivités entourant le périple de la flamme olympique sur le territoire chinois.

La différence par rapport aux réactions officielles lors de la catastrophe de Tangshan, il y a 32 ans, est importante. A l’époque, les élites politiques, préoccupées par les querelles de pouvoir, avaient tenté de minimiser le désastre en occultant une partie du bilan, tout en refusant l’aide internationale. Les secours avaient été pléthoriques, sans équipements appropriés et désorganisés. Jiang Qing, l’épouse de Mao et ses acolytes de la Bande des Quatre, qui tenaient encore le pays, répétaient des slogans tels que : « méfiez vous de Deng Xiaoping qui n’hésitera pas à manipuler la peur du tremblement de terre pour mettre fin à la révolution ».

Mais en dépit des efforts réels consentis par le gouvernement, on n’évitera cependant pas que l’imaginaire des Chinois très superstitieux et impressionnés par la force de cette nature impitoyable, ne focalise ses griefs sur l’appareil bureaucratique, accusé pêle-mêle d’être responsable du retard des secours (pilotes mal formés ou routes mal stabilisées) et de gaspiller l’argent public dans des dépenses de prestige, tandis que plane le mythe ancestral du « mandat du Ciel » qui établit une relation directe entre les catastrophes naturelles de grande ampleur et l’affaiblissement des légitimités dynastiques.

Il est vrai que l’année du Rat a mal débuté, avec un hiver exceptionnellement rigoureux, y compris dans les régions les plus méridionales, des approvisionnements bloqués par la neige, des coupures massives de courant, l’inflation incompressible des prix des produits alimentaires, les émeutes du Tibet et la plus sévère catastrophe ferroviaire en 20 ans. Une longue liste de déboires et de désastres dans un laps de temps très court qui, dans l’esprit de beaucoup de Chinois, très sensibles aux signes, sonne comme un coup de semonce.


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