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La Chine met en veilleuse ses rancœurs contre le Dalai Lama

Quant au Dalai Lama, il a, à plusieurs reprises, précisé que sa venue n’avait aucun caractère politique et qu’elle visait uniquement à alléger les souffrances des Taïwanais victimes du cyclone. Pour éviter les tensions, il a même annulé un rassemblement à Taipei, remplacé par une harangue religieuse devant une audience de 20 000 personnes à Kaohsiung, fief de l’opposition, situé à l’extrême sud de l’Ile.

A première vue, on dira que la marge de manœuvre de Ma Ying Jeou était étroite. Placé d’une part sous la pression de l’opposition, qui l’aurait accusé de se plier aux exigences de Pékin s’il avait fermé la porte au Dalai Lama et d’autre part, étroitement surveillé par le Parti Communiste qui, cette fois, lui a pourtant facilité la tâche, il a apparemment pris le risque de mettre en danger sa politique d’ouverture dans le Détroit.

En réalité Pékin, qui tient beaucoup à cette relation nouvelle, tellement plus rassurante que celle, très conflictuelle que lui imposait le DPP, et dans laquelle le Bureau Politique du PCC voit à tort ou à raison, le seul espoir de réunification en douceur, n’avait pas vraiment d’autre choix que de mettre ses aigreurs en sourdine. Le Parti n’aura cependant pas manqué de constater que, durant tout son séjour, le Dalai Lama aura été l’objet de la ferveur de beaucoup de Taïwanais, dont le nombre dépassait très largement celui des opposants à la visite du Saint homme.

Pour Ma Ying Jeou l’épisode est positif. Le Président taïwanais apparaît en effet avoir réussi un exercice de haute voltige politique, grâce à la mansuétude intéressée de Pékin et à la prudence politique du Dalai Lama.

Au-delà, l’événement renvoie aux difficultés du rapprochement avec la Chine initié par Ma, dans un contexte où Pékin a toutes les raisons de douter de ses convictions d’unification sous l’égide du PCC, tandis que l’opposition, qui tient l’opinion publique en éveil sur les questions de souveraineté, ne manque pas une occasion d’accuser le Président de brader l’identité de Taiwan.


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