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La manœuvre globale de l’économie chinoise

Chine – ASEAN.

L’Asie du Sud-est est sans nul doute l’une des cibles majeures de la diplomatie, du commerce et des investissements chinois. Dans cette arrière cour historique de l’Empire chinois, où Pékin revendique la majorité de la mer de Chine du Sud vaste comme la Méditerranée, le Bureau Politique entend bien faire pièce à l’influence des États-Unis et promouvoir sa stratégie pour résoudre les questions de souveraineté en évitant d’avoir à confronter une ASEAN solidaire et en prônant les dialogues bilatéraux au cas par cas.

Appuyé sur un traité de libre-échange en vigueur pour 6 pays depuis 2010 et qui en 2015 sera étendu aux 4 restant (3 pays de l’Indochine + le Maynmar), le commerce de la Chine à été multiplié par 6 en 10 ans pour atteindre 400 Mds de $. Le stock des investissements cumulés atteint 100 Mds de $ avec en priorité l’Indonésie (26 Mds de $), le Cambodge (12 Mds de $), le Vietnam (11 Mds de $), la Malaisie (9 Mds), Singapour (8 Mds de $), le Laos (7 Mds de $) et le Myanmar (6 Mds de $).

Au cours du dernier trimestre le président Xi Jinping et Li Keqiang en voyage dans plusieurs pays de la région ont rappelé le plan d’action présenté le 3 septembre à Nanning par le premier ministre lors du 10e sommet Chine – ASEAN, qui focalise sur le commerce, les transports, les finances, la coopération maritime et les échanges culturels :

1) Approfondir le traité de libre échange (promouvoir les investissements, accélérer la baisse des taxes douanières et réduire les barrières non tarifaires, conclure des accords de long terme pour l’importation des produits agricoles, ouvrir le marché chinois aux meilleurs produits de l’ASEAN). L’objectif pour 2020 est de porter la valeur totale des investissements bilatéraux à 150 Mds de $ et du commerce bilatéral à 1000 Mds de $ – il était de 400 Mds de $ en 2012 – ;

2) Améliorer la « connectivité » de la région, d’abord par le développement des infrastructures de transport régionales - efforts pour avancer le réseau de chemin de fer pan-asiatique –, ensuite par la création de mécanismes de prêts adaptés au sein du Fonds d’Investissement Chine ASEAN, enfin par des efforts pour améliorer les échanges d’informations sur les taxes douanières et les perspectives d’investissements réciproques dans des zones industrielles écologiques prioritaires ;

3) Renforcer l’harmonisation financière avec la mise en place de fonds de sécurité régionale, la possibilité pour les pays de l’ASEAN, d’acheter des obligations chinoises, et par l’augmentation de la valeur des échanges libellés dans les monnaies locales ;

4) Développer la coopération maritime avec la proposition de Pékin de créer une structure de coopération maritime Chine – ASEAN avec des échanges entre les villes portuaires de la région appuyés par un fond de coopération maritime de 3 Mds de Yuan (371 millions d’€) ; 5) Multiplier les échanges culturels avec notamment l’annonce de l’année de l’amitié Chine – ASEAN en 2014, accompagnée par 15 000 bourses d’études offertes dans les 5 ans qui viennent aux étudiants des pays de l’Asie du Sud-est.

Avec en Indonésie et en Malaise un arrière plan particulier de rapprochement stratégique autour d’échanges de défense, les accords commerciaux et économiques ont conclu à l’exploitation conjointe des ressources d’hydrocarbures avec Brunei, un train à grande vitesse avec la Thaïlande et à la mise sur pied d’un groupe de travail avec le Vietnam dédié à l’amélioration des infrastructures, à la coordination financière et à la coopération maritime dans le golfe du Tonkin, déjà articulée autour d’accords bilatéraux discrètement conclus lors d’une visite en 2011 de Xi Jinping lui-même, alors encore Vice-président.

Notons que ces arrangements discrets avec Hanoï, contredisent les tensions entre le Vietnam et la Chine, sur lesquelles Washington avait un moment semblé vouloir s’appuyer pour se rapprocher du Vietnam. Plus généralement il faut noter la souplesse de l’attitude commerciale chinoise, comparée aux rigoureuses exigences américaines de libre échange qui entourent les négociations pour l’accord Transpacifique.

En Indonésie, Xi Jiping présida à la signature d’un accord de coopération de 30 Mds de $ et à des engagements chinois pour l’exploitation des ressources minières et pour des projets d’infrastructure. En Malaisie, Pékin et Kuala Lumpur ont prévu de porter les échanges commerciaux dont la valeur est de 95 Mds de $ en 2013 à 160 Mds dès 2017 et arrêté un plan en 5 ans pour approfondir la coopération bilatérale dans les technologies, la finance, et les services.


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