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›› Société

Les 裸官 – Luo Guan -, « fonctionnaires nus », dans le collimateur

Les mesures de pollution de l’ambassade des Etats-Unis ne sont pas bienvenues.

Le 5 juin le Vice-ministre de l’environnement Wu Xiaoqing a déclaré que les mesures de pollution effectuées par les ambassades étrangères étaient illégales en Chine. La déclaration visait l’ambassade des Etats-Unis à Pékin et les consulats américains à Shanghai et Canton qui publient toutes les heures, depuis 2008, un état de la pollution de l’air. Les mesures sont diffusées via twitter à plus de 20 000 destinataires.

Depuis la large diffusion des mesures américaines dans les trois grandes villes de Chine, le Chinois moyen accueille avec scepticisme les bulletins officiels sur la qualité de l’air. La différence des résultats provient de la dimension des particules analysées – plus fines chez les Américains -.

Ainsi quand les mesures chinoises estiment que l’air est « modérément ou légèrement pollué », il arrive que les Américaines le jugent « dangereux », voire « très dangereux ». En novembre dernier, le Global Times, pressait le gouvernement de ne pas distordre les faits. En janvier 2011, le ministre de l’environnement Zhou Shengxian avait reconnu que l’air était pollué dans 30% des villes chinoises.

Deux villes chinoises Tianying – District de Jieshou dans le Nord-ouest de l’Anhui - et Linfen – sud du Shanxi -, figurent parmi les 10 villes les plus polluées du monde, la première pour la très forte concentration de métaux lourds dans l’atmosphère, la deuxième à cause des particules de charbon (mais à Linfen des efforts drastiques sont en cours pour remplacer le chauffage au charbon par le chauffage au gaz – aujourd’hui 85% des foyers se chauffent au gaz -).

Quant aux grandes métropoles, leur combat contre la pollution reste insuffisant. L’air à Pékin est à peine meilleur que celui des capitales les plus polluées de la planète (Ulan Bator, Gaborone, New Delhi, Islamabad, Riyadh, Dakar, Le Caire, Dhaka, Koweit) ; Lanzhou, Jinan, Chongqing, Hangzhou, Tianjin, Harbin, Chengdu, figurent aussi sur la liste noire des statistiques mondiales de la pollution.

En revanche des améliorations sont nettement perceptibles à Shanghai, Canton, Fuzhou, Kunming, Haikou, où les autorités ont lancé des programmes d’assainissement de l’air. Il est évident qu’en ces temps de controverses, toutes les statistiques doivent être considérées avec prudence.

Incidents à l’usine Foxconn à Chengdu.

Plusieurs douzaines d’ouvrières ont été arrêtées le 4 juin dernier à l’usine Foxconn de Chengdu après qu’une petite foule d’une centaine d’ouvrières occupant un dortoir de l’usine aient pris à partie des gardes de sécurité qui tentaient d’arrêter des voleurs. L’échauffourée, qui de toute évidence s’alimentait de rancœurs contre les gardiens, s’est rapidement étendue à un millier d’ouvrières lançant des boîtes de conserve, bouteilles et autres projectiles sur les gardes, au point qu’une centaine de policiers sont intervenus pour mettre fin à l’émeute.

Depuis 2010, Foxconn, sous traitant taïwanais qui fabrique des pièces pour les iphones d’Apple et emploie près d’1 million de personnes en Chine, est secoué par des incidents de cette sorte. En 2010, 14 ouvriers de Foxconn s’étaient suicidés lors d’une série d’incidents dans la province de Canton. En mai dernier deux ouvriers avaient trouvé la mort lors d’une explosion survenue à l’usine de Chengdu. 16 autres avaient été blessés.

Le 2 janvier dernier 2012, 300 employés de l’usine Foxconn de Wuhan étaient montés sur le toit d’un atelier, pour réclamer une hausse de salaires en menaçant de se suicider. Le maire de Wuhan était personnellement intervenu pour calmer les protestataires.

Mise aux enchères des plaques d’immatriculation.

L’explosion du nombre de voitures particulières est un problème sérieux dans les grandes villes chinoises. A Pékin l’attribution des plaques d’immatriculation est limitée par un quota mensuel qui attribue les plaques par tirage au sort. A Shanghai l’attribution est mise aux enchères. C’est la seule ville de Chine qui pratique ce système.

A la dernière séance du mois de mai, la moyenne des enchères proposées était de 10 000 $, en augmentation de 245 $ par rapport à avril. Depuis la mise en place de ce système en 2011, les records d’enchères ont été battus 10 fois et l’inflation des prix sur un an est de 315 $. En mai, le gouvernement a accordé 9300 immatriculations, soit 800 de plus qu’en avril. Mais ce chiffre ne satisfait que 38,3% des demandes.

La Chine est aujourd’hui le plus gros marché automobile potentiel de la planète et les grandes villes, dont les réseaux routiers ne sont pas assez denses, doivent faire face à d’importants problèmes de circulation. En 2008, il y avait 20 millions de voitures en Chine, en 2010, elles étaient 85 millions. En 2020 elles seront 200 millions. Ce qui représenterait 25% des voitures circulant dans le monde. A ce rythme, en 2040, le nombre des voitures circulant en Chine représenterait 50% du parc mondial, évalué par certaines études à 1,2 milliard.


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