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Les 裸官 – Luo Guan -, « fonctionnaires nus », dans le collimateur

Une endémie politiquement gênante, difficile à stopper.

La blogosphère chinoise discute du sujet sur le thème de la confiance. Les leçons de morale des « Luo Guan » sur le patriotisme et la corruption ne sont plus crédibles, dit un internaute. Mais les cadres du Parti ne sont pas les seuls, dont la vie est à cheval entre la Chine et l’étranger. A l’automne dernier, un sondage révélait que 14% des Chinois riches avaient pris leurs dispositions pour émigrer ou se préparaient à le faire. L’immigration à l’étranger n’est au demeurant pas obligatoirement liée à la corruption. Mais, explique un autre internaute, « quand ils envoient leur famille à l’étranger, ils ne contribuent pas à la confiance dans l’avenir de la Chine ».

En janvier, un cadre du Guangdong suggérait que l’avancement des fonctionnaires dont les familles sont installées à l’étranger soit bloqué. Mais Cao Lin, journaliste du Journal de la jeunesse - 中国青年报 Zhong Guo Qing Nian Bao – critiquait déjà en 2009 ces mesures à l’emporte pièce : « Les fonctionnaires ont, comme tout le monde, le droit d’immigrer. Le fait que leurs familles vivent à l’étranger n’a, au terme de la loi chinoise, rien à voir avec leur probité morale. En ces temps de globalisation s’installer à l’étranger n’est pas inhabituel. »

Certains au Parti sont résignés, tandis que les sociologues et analystes politiques des centres de recherche considèrent que le mal est chronique. Il prend en effet racine dans la crainte d’une secousse politique, en même temps que dans le sentiment d’insécurité latent, conséquence d’un système judiciaire aux ordres, dont la colonne vertébrale n’est pas l’équité et l’intégrité au service de la loi, mais la préservation à tout prix de l’ordre social et politique, au service du magistère du Parti. Voir notre article « Procès de Rio Tinto. Coup de projecteur sur le système judiciaire chinois »

Selon un professeur de Beijing Daxue, qui protège son anonymat et met brutalement les pieds dans le plat : « ceux des officiels qui peuvent expatrier épouse et enfants sont non seulement les plus puissants, mais également les plus conscients des problèmes de la Chine, dont ils savent bien que le modèle de développement n’est pas durable. C’est précisément la raison pour laquelle ils s’en vont ».


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