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Les réserves chinoises et les bons du trésor américains. La force des choses

3.- Développement du pays.

Investissements au Xinjiang

Deux années après les émeutes au Xinjiang, le gouvernement a lancé une campagne de relations publiques promettant de stimuler le développement de la région.

Le nouveau secrétaire général du Parti Zhang Chunxian, qui tente de se construire une image plus souple que son prédécesseur Wang Lequan limogé, a promis plus d’investissements publics, tandis que gouverneur Ouïghour Nur Bekri affirmait que le Xinjiang allait augmenter ses efforts de développement et d’ouverture vers l’étranger.

Tel était le thème de la première exposition Chine – Eurasie, organisée au Xinjiang du 1er au 5 septembre 2011. Le 1er septembre, Li Keqiang, futur Premier Ministre, venu inaugurer l’expo à Urumqi devant un parterre de chefs d’état d’Asie Centrale, insistait sur le désenclavement de la province grâce aux voies ferrées, routes, lignes aériennes, télécommunications et oléoducs vers le Moyen Orient et l’Europe.

L’expo d’Urumqi est la manifestation la plus voyante de la mise en œuvre des décisions du Bureau Politique prises en 2010, sous l’égide de Hu Jintao, qui avait souhaité que le Xinjiang soit propulsé par un « bond en avant » et serve « de pont vers l’étranger ».

Faisant allusion aux questions ethniques qui plombent la province, Li Keqiang, incitait aussi aux « efforts d’harmonie » et « au développement des « relations ethniques socialistes » », prônant « l’égalité, l’unité et l’assistance mutuelle, capables d’améliorer la qualité de vie et la stabilité sociale ». Ce discours venait 2 mois après un communiqué d’Amnesty International du 5 juillet dénonçant les détentions arbitraires de plusieurs centaines de Ouïghours et la répression qui, depuis 2009, s’était traduite par plusieurs douzaines d’exécutions capitales.

Investissement publics au Tibet

(Xinhua)

Fin juillet le gouvernement annonçait 21 Mds de $ d’investissement au Tibet pour les 5 prochaines années. Les priorités iront à la construction d’infrastructures (autoroutes, voies ferrées, aéroports, centrales hydrauliques), à l’appui aux industries locales et à la protection de l’environnement.

Cette promesse d’investissements pour le développement du Tibet accompagnait deux intéressantes évolutions politiques :

 L’une à Dharamsala, où Lobsang Sangay, 43 ans Docteur en droit diplômé de Harvard, élu le 27 avril dernier nouveau Premier Ministre du gouvernement tibétain en exil, promettait, à la grande déception des militants adeptes de solutions plus radicales, de continuer la politique non violente du Dalai Lama ayant démissionné de ses fonctions politiques.

 L’autre à Lhassa, où, le 25 août, était nommé un nouveau Secrétaire Général du Parti, Chen Quanguo, économiste de 55 ans, mis en place pour mettre en œuvre le plan de développement concocté par le Centre. Il restera à montrer que la cohérence économique de cette approche saura résister aux provocations politiques d’où qu’elles viennent et répondra favorablement à la main tendue par Lobsang Sangay et aux attentes des Tibétains pour une meilleure prise en compte de leur culture religieuse.

La Banque Chinoise de Développement cible les PME

La BCD vient de décider de prendre des parts dans MP Pacific Harbor Capital, spécialisée dans les prêts aux PME en Asie. Elle sera en compagnie du fonds d’investissement new-yorkais Mattlin Patterson, déjà impliqué dans l’aide aux PME en Chine.

La décision vient après que le Vice-Premier Ministre Wang Qishan ait critiqué les banques chinoises pour leur indifférence aux petites et moyennes entreprises, et leur tendance à n’accorder des prêts qu’aux entreprises d’état. La BCD qui n’est pas cotée en bourse est le bras armé le plus efficace de la politique de Pékin.

Une enquête publiée fin juillet par le groupe Alibaba, n°1 de la vente en ligne en Chine, révélait que 80% des PME chinoises qui fournissent 80% des emplois et comptent pour 65% du PIB, souffraient de la hausse des salaires et du coût croissant des équipements. Cette proportion est en forte hausse depuis une étude de 2010.


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