Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Société

Manipulations des tests PISA. Éducation des campagnes et réactivité chinoise

Le graphe montre les évolutions anormales du niveau des élèves du secondaire mesuré par le test PISA. La manipulation, entérinée par l’OCDE apparaît après la baisse de niveau de 2015, aussitôt corrigée en 2018. L’explication est simple. En Chine le test ne mesure pas le niveau moyen des élèves chinois, mais celui d’un échantillon sélectionné. Le but n’est pas d’offrir une image exacte du niveau d’éducation, mais de confirmer l’excellence du système éducatif chinois. Ce qui ne signifie pas que le Parti n’a pas conscience du retard d’éducation des campagnes, mais seulement qu’il n’aime pas qu’on le dise ouvertement.


*

Le 3 décembre dernier, après une enquête de trois années, était révélé le classement PISA (en Français : « Programme international pour le suivi des acquis (des élèves) ») établi en évaluant les compétences de 600 000 élèves des lycées de 79 pays dans trois domaines : compréhension de l’écrit ; culture mathématique ; culture scientifique.

Une fois de plus, les résultats de la France étaient « médiocres » se lamentait avec raison Maxime Tandonnet dans une tribune du Figaro.

Relégués à la 23e place, loin derrière la Chine qui, dit Tandonnet, « caracole en tête », les lycéens français sont aussi distancés par plusieurs pays occidentaux comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou la Suède.

Dans les 3 domaines étudiés en revanche, les élèves chinois arrivent en tête juste avant Singapour et deux autres territoires du Monde Chinois, Hong Kong et Macao.

La Corée, 9e, colle à ce peloton asiatique de l’excellence. Mais elle est devancée par l’Estonie, le Canada, la Finlande et l’Irlande. Les États-Unis, le Royaume Uni et l’Allemagne se classent respectivement 13e, 14e et 20e. La France est 23e, au même rang qu’en 2016.

Les causes du déclassement des lycéens de la patrie de Descartes, Montaigne, Victor Hugo et Chateaubriand, également lauréate des médailles « Field » en mathématiques, équivalant du prix Nobel, sont connues. Tandonnet les passe en revue. Elles se résument à un dévoiement du principe d’égalité en une idéologie « égalitariste » et au refus de la sélection jugée traumatisante.

S’y ajoutent « les méthodes pédagogiques douteuses », le rejet de l’autorité et le mépris des apprentissages de base, considérées par les idéologues comme le moyen de « perpétuer un élitisme de classe ».

L’élitisme est précisément le cœur même du système éducatif chinois. Il pousse à l’extrême la psychose de l’apprentissage et du diplôme. Chaque année l’obsession traumatise de longues cohortes d’élèves mis sous pression par le système et leurs familles lors des examens d’accès au secondaire (高中) et à l’université (高考). Sans compter qu’il véhicule une série d’effets pervers affairistes qui tirent profit du désir des parents de promouvoir leur progéniture.

QC avait traité cette question en 2012 : Les affres du Gaokao. L’université entre réformes et tradition.

*

Pour autant, le système chinois est-il vraiment à ce point efficace ? Est-il le moyen le plus performant pour augmenter le niveau de conscience, de connaissances et l’esprit critique de la population chinoise ? Enfin, dans quelle mesure peut-on faire confiance aux résultats diffusés par le Parti ?

Préoccupé par son image internationale et la promotion interne de son excellente politique, il lui arrive en effet souvent d’embellir la réalité ou de ne la présenter que de manière tronquée.

Jean-Raphaël Chaponnière s’est récemment penché sur la question dans Asialyst.

Sans nier l’excellence des élèves chinois de la côte Est, l’analyse prend, dans sa conclusion, le contrepied des idées reçues. La clé d’un système éducatif de qualité n’est pas la quantité de travail fourni, les « boîtes à bac et le nombre d’heures de travail à la maison ».

C’est en tous cas ce que prouve le succès des systèmes éducatifs estoniens et finlandais dont les élèves qui sont classés 5e et 7e, ne s’abrutissent pas en bachotages, en cours particuliers et en heures d’études à la maison.

Soulignant qu’il s’agit d’un point commun avec les systèmes asiatiques, J-R Chaponnière rappelle une évidence que la philosophie de Confucius, humanisme de la promotion individuelle par l’étude porte aux nues dans toute l’Asie : « Le point commun entre les systèmes d’éducation d’Asie de l’Est et d’Europe du Nord ? La qualité de leurs enseignants qui coopèrent au sein des équipes pédagogiques. »

Mais il y a plus. S’agissant de la Chine dont les résultats sont systématiquement au sommet des classements, l’article met à jour un artifice confinant au dévoiement des règles d’une compétition équitable.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Suivi de l’épidémie de Coronavirus Covid-19

Chinois victimes du fléau des trafics d’êtres humains

Mises en garde occidentales contre la force intrusive des réseaux sociaux chinois

La très grave crise porcine

Timides réactions populaires à « Big Brother » (suite)