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›› Taiwan

Mises au point de Ma Ying Jeou

Enfin, le Département d’Etat américain expliquait par la voix de David Shear, n°2 du bureau Asie-Pacifique, que s’il était exact que la modernisation des forces armées chinoises s’adaptait à ses nouvelles priorités, telles que la surveillance de ses lignes de communication, une partie des équipements neufs et des entraînements restait calibrée dans la perspective d’un conflit dans le Détroit.

Le même David Shear qui, le 18 mars dernier, concluait sa déposition au Congrès en affirmant sa confiance dans l’évolution pacifique de la relation dans le Détroit, rappelait cependant que le plus dur restait à faire : « Après les questions simples qui touchent aux domaines économiques et culturel, Pékin et Taipei doivent maintenant s’attaquer aux questions politiques et militaires, plus ardues ».

De son côté, le Bureau Politique à Pékin ne ménage pas ses efforts pour « donner de la face » au Kuo Min Tang (KMT) et lui faciliter les choses à Taïwan. Sur ce dernier point le Premier Ministre Wen Jia bao a, à plusieurs reprises, répété que la Chine serait prête à des « arrangements tarifaires appropriés » pour protéger les produits taïwanais mis en danger par l’Accord Cadre. Au passage, il faut préciser que ces promesses pourraient ne pas suffire à calmer les critiques taïwanaises contre l’Accord Cadre. Le 15 mars dernier, lors d’une séance au Yuan législatif, un député du DPP avait en effet traité Wen Jiabao de « menteur ».

Plus récemment, l’ouverture de l’exposition de Shanghai a été l’occasion pour le Parti de dérouler le tapis rouge au KMT. Lien Chan, Président honoraire du KMT, natif de Xian, candidat malheureux aux présidentielles de 2000 et 2004, mais, depuis 2005, habitué des voyages en Chine (Voir l’article « Retrouvailles des frères ennemis » du 8 mai 2005), a été reçu comme un chef d’état par Hu Jintao. D’autres dignitaires taïwanais proches du KMT, tels que Wu Poh-Hsiung, également Président Honoraire du KMT, et James Soong, Président du Premier Parti du Peuple, ont aussi eu droit à des égards particuliers.

Enfin, incident symbolique révélateur de la souplesse chinoise : lorsque les Taïwanais se sont plaints aux organisateurs de l’exposition que, dans la présentation officielle, leur pavillon était trop directement intégré à celui de la Chine, situé juste en face, le texte de la plaquette a été immédiatement modifié pour limiter la Chine à seulement trois entités : la République Populaire et les deux Zones économiques spéciales de Hong-Kong et Macao, tandis que le stand taïwanais retrouvait son « autonomie ».

Ces gestes visent à la fois à flatter le protocole taïwanais très à cheval sur la souveraineté de l’Ile et à rassurer les inquiets de l’Accord Cadre qui, à Taiwan, pourraient affaiblir Ma Ying Jeou. Ils montrent au moins que le Bureau Politique a bien compris que sa nouvelle approche oblique vers la réunification par le biais d’un rapprochement économique, serait radicalement compromise si le parti indépendantiste revenait au pouvoir à Taïwan en 2012.


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