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Mohammed Ben Salman, la Chine, l’ONU, Masood Azhar, l’Asie du sud et l’Iran

Le 18 février, au milieu de fortes tensions militaires entre l’Inde et le Pakistan, Mohammed Ben Salman (MBS) visitait la base militaire de Nur Khan à Rawalpindi face au Cachemire Indien en compagnie du PM Pakistanais Nur Khan et du chef d’état-major des armées, le General Qamar Javed Bajwa. La visite officielle de MBS au Pakistan précédait celle qu’il a effectuée en Inde le 20, puis en Chine, le 23. La présence dans le quartier général pakistanais au cœur du dispositif militaire d’Islamabad face à l’Inde de ce personnage emblématique de l’Islam Sunnite, également en recherche d’influence par ses « pétrodollars » à Pékin et New-Delhi a été suivie avec attention à Téhéran.


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Aux frontières directes de la Chine une guerre ouverte a éclaté entre le Pakistan et l’Inde. Elle met le Parti communiste chinois d’autant plus mal à l’aise qu’il est stratégiquement très proche d’Islamabad et que sa rivalité avec l’Inde est loin d’être éteinte.

Le 13 mars à l’ONU, Pékin a, pour la 4e fois, bloqué une résolution du Conseil de sécurité visant à placer sur la liste des terroristes internationaux associés à l’État Islamique, Masood Azhar, fondateur du groupe Jaish-e-Mohammed (JeM), auteur de l’attentat meurtrier de Pulwama au Cachemire contre un bus de l’armée indienne.

Il est difficile de sous-estimer la frustration indienne face à ce que New-Delhi considère comme la protection par Pékin d’un dangereux terroriste opérant au Cachemire contre l’armée indienne.

Le 13 mars, Syed Akbaruddin représentant l’Inde à l’ONU postait très diplomatiquement sa déception dans un tweet où il ne citait pas Pékin : « Un grand pays bloque à nouveau ». En même temps, il remerciait tous ceux « grands et petits pays » - dont les 4 autres membres du Conseil de sécurité - qui soutiennent la démarche de New-Delhi.

L’incident met en lumière la difficulté du rapprochement sino-indien en dépit des efforts de Narendra Modi et Xi Jinping pour stabiliser la relation après les tensions sur la frontière arrivées à un paroxysme en 2017.

Lire : Les BRICS à Xiamen. Contraste entre les discours et la réalité et Les crispations territoriales ternissent la visite de Xi Jinping en Inde.

Une autre carte sauvage troublant le jeu de Pékin est le surgissement dans la région des ambitions saoudiennes dans le port de Gwadar point d’appui chinois, à moins de 100 km de la frontière iranienne. Une initiative que Téhéran, porteur de l’Islam chiite et rival stratégique et culturel de Riyad considère avec la plus extrême méfiance.

Attaque terroriste et riposte.

La région de Pulwama au Cachemire indien après l’attaque suicide contre un bus de l’armée indienne le 14 février qui tua 40 réservistes des forces de police indiennes.


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Le 14 février, un attentat suicide à la voiture piégée perpétré par un militant du groupe islamiste Jaish-e-Mohammed basé au Pakistan tuait 40 Indiens membres des forces de police de réserve de Pulwama dans le Jammu et Kashmir (J&K), la partie du Cachemire jouissant d’une autonomie garantie par l’Inde.

Situé dans un ensemble culturel complexe, sous fortes tensions communautaires et religieuses, la zone où, dans la vallée du Cachemire au nord, se concentre la majorité des Musulmans, se partage aussi entre le Jammu hindouiste au sud, et le Ladakh à l’est Bouddhiste et moins peuplé.

A l’Est, l’Aksaï Chin, cédé par le Pakistan à la Chine en 1963 et réclamé par l’Inde ; à l’Ouest, sous pression terroriste des Taliban [1] le Pendjab pakistanais (110 millions d’habitants) avec sa capitale Lahore et le quartier général de l’armée pakistanaise à Rawalpindi, qui positionne la majeure partie de ses effectifs le long de la frontière avec l’Inde ;

Au sud, le Pendjab indien peuplé de Sikhs portant barbe et turban. Monothéistes, ils ont la particularité d’être les mal aimés de l’Inde, d’avoir fomenté une révolte contre l’empire britannique et, en même temps, de lui avoir fourni des combattants aux qualités guerrières reconnues.

Le 27 février, en riposte à l’attaque suicide, 4 Sukhoi 30, 12 Mirage 2000-H appuyés par 2 MIG 21 de l’armée de l’air indienne engagés pour la première fois depuis 1971, effectuèrent un raid contre le camp d’entraînement terroriste de Balakot au Pakistan, dans la vallée Kunhar. Il n’est pas anodin de signaler que, détruite en 2005 par un tremblement de terre, Balakot avait été en partie reconstruite grâce à l’aide de l’Arabie Saoudite qui accentue son influence au Pakistan.

Le 29 février, après s’être insurgé contre l’attaque indienne qu’il considérait comme une violation hostile de sa souveraineté, Islamabad restituait à l’Inde le pilote du MIG 21 écrasé dans la partie du Cachemire qu’il contrôle. New-Delhi dément toujours que l’appareil aurait été abattu par l’aviation pakistanaise qui avait engagé 24 chasseurs dont 8 F-16 américains, 4 Mirage III français et 4 JF-17 chinois.

Notes :

[1Le 27 mars 2016 le groupe terroriste Jamaat-ul Ahrar avait revendiqué l’attentat suicide contre la communauté chrétienne à Lahore tuant 72 personnes dont 29 enfants. 340 autres avaient été blessés.


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