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Ouverture des banques chinoises : parcours d’obstacles difficile pour les banques étrangères

Le 11 décembre prochain, date à laquelle prendra effet la règlementation pour les banques étrangères publiée le 15 novembre 2006, la Chine, conformément aux engagements pris en 2001, ouvrira officiellement le marché bancaire chinois à la concurrence internationale.

Sans attendre la règlementation, le processus a déjà commencé, facilité par de nombreux intermédiaires ayant eu vent des conditions d’accès au marché et plusieurs lobbyistes de très gos calibre, comme Georges Bush père lui-même. Ce dernier a favorisé l’entrée de la Citibank dans le capital de la Guangdong Development Bank (GDB), convoitée sans succès par la Société Générale, elle-même associée à Sinopec et Baosteel.

Depuis deux ans quelques unes des plus grandes banques étrangères, pour la plupart anglo-saxonnes, se bousculent aux portes du marché financier chinois, à la tête de consortiums qui réunissent des sommes considérables pour acheter leur ticket d’entrée. Pour n’en citer que quelques unes, HSBC, déjà bien implantée à Hong Kong et en Chine a engagé 1,75 milliards de dollars pour 20% des parts de la Banque des Communications ; Citibank (déjà 7 succursales et un réseau de distribution automatique pour étrangers) et Bank of America ont chacune déboursé 3 milliards de dollars pour entrer dans le capital de la GDB et dans celui de China Construction Bank ; Temasek, la holding d’investissement de Singapour, a acheté 10% de la Banque de Chine pour 3,5 milliards de Dollars.

Ces démesures soulèvent d’autant plus d’interrogations que les spécialistes internationaux de la finance continuent à mettre en garde les opérateurs contre les risques. Malgré l’assainissement en cours, la gestion des banques chinoises, toujours dangereusement opaque, est encore obérée par de lourdes dettes non recouvrables et une corruption rampante inquiétante.

Au fond, le décalage entre les appréciations pessimistes des spécialistes et l’enthousiasme des banques étrangères qui lorgnent vers la formidable épargne chinoise, estimée à 45% du PIB, vient d’une conception différente du rôle du capital. Pour les banques étrangères, les prêts sont accordés selon des critères commerciaux à but lucratif, alors que dans le système chinois, le capital n’a longtemps été qu’un moyen au service d’une politique, dont le but est le maintien de l’ordre social, garantie de la stabilité du pays.


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