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›› Editorial

Pyongyang et l’ambiguïté de « la nouvelle musique chinoise »

La Chine fait entendre « une nouvelle musique ».

L’expression est de Christopher Hill, qui, il y un an écrivait un article en ligne sur le site « Project Syndicate » où il affirmait que la politique nord-coréenne de la Chine changerait quand Pékin perdrait patience. Il ajoutait que ce moment pourrait ne plus être très éloigné [2].

L’exaspération est palpable, à plusieurs niveaux, même si depuis quelques jours, Pékin a cherché à la mettre sous le boisseau. Les récentes effervescences autour de la vieille question nord-coréenne surgies au milieu de la réunion annuelle des « 2 assemblées – l’ANP et la Conférence Consultative du Peuple Chinois - 两会, Liang Hui – ont donné lieu à de sévères critiques de l’opinion exprimées sur le réseaux sociaux, et à des manifestations contre les consulats nord-coréens à Changchun et à Shenyang. Même si l’ampleur des protestations reste limitée, elles n’en signalent pas moins une évolution des rapports du public à la Corée du nord.

Les intellectuels et journalistes, y compris ceux des médias contrôlés par le régime ont également donné de la voix. Le 28 février, le Global Times s’interrogeait sur l’état de l’amitié entre Pékin et Pyongyang, dont l’appréciation variait selon les générations, notant que les plus jeunes étaient les plus critiques. Yu Jianrong, sociologue de l’Académie des Sciences Sociales, dénonçait la politique étrangère de la Chine, qu’il qualifiait d’injuste et stigmatisait l’ingratitude et l’indignité de Pyongyang.

Quant à Liu Kaiming, docteur en Littérature à l’Université de Nankin, il dénonçait les 60 ans de propagande du Parti. « En présentant la Corée du Nord comme un membre de la famille, tout en traitant en ennemis les Etats-Unis et le Japon, le Parti Communiste s’était laissé tromper par sa propre idéologie ».

Mais les remises en cause les plus remarquables vinrent de l’intérieur même du système. Lors d’une réunion habituellement tenue secrète de la Conférence Consultative du Peuple Chinois, mais dont la teneur a été révélé par Madame Qiu Yuanping, docteur en droit, professeur à Remin Daxué, et n°2 de la Commission des Affaires étrangères du Parti, la question de l’abandon du soutien à la Corée du Nord a été clairement évoquée en présence de plusieurs ambassadeurs.

Peu avant les révélations inhabituelles de Qiu Yuanping, Deng Yuwen, connu pour ces prises de position iconoclastes et un des éditeurs du Study Times 学习时报, la publication académique de l’Ecole Centrale du Parti, écrivait un article publié le 28 février dans le Financial Times, intitulé « la Chine devrait abandonner la Corée du Nord » qui stigmatisait l’incapacité de la Corée du Nord à se réformer, « d’abord parce que l’oligarchie du régime ne le veut pas, essentiellement par crainte de perdre le pouvoir ».

Appelant à une révision complète de la politique nord-coréenne de la Chine, il pointait du doigt les risques pour Pékin d’une Corée du Nord dotée d’une arme atomique. « Quand Pyongyang possèdera l’arme nucléaire on ne peut pas exclure que le régime se livre à un chantage contre la Chine ».

C’est pourquoi Deng préconisait de tourner le dos à Pyongyang. La meilleure façon de le faire était, selon lui, de pousser à la réunification entre les 2 Corée, qui, ajoutait-il, aurait de surcroît l’avantage de mettre en porte à faux l’alliance entre Séoul, Washington et Tokyo et d’alléger les pressions stratégiques que ce triangle exerce sur la Chine.

Conclusion.

En dépit de la marche arrière du Waijiaobu, il saute aux yeux que, dans un environnement en évolution rapide, la manière dont la Chine considère la Corée du Nord est en train d’évoluer.

Un pouvoir politique chinois tout neuf, appelant au renouveau du « rêve chinois », où le vieil allié récalcitrant, héritier de la guerre froide, aux méthodes brutales, affamant sa population et mettant Pékin en porte à faux, n’a peut-être plus sa place ; de très récents agacements qui s’ajoutent aux anciens sur fond de prolifération nucléaire ; un poids grandissant de l’opinion publique ; des critiques virulentes de quelques experts chinois ; la crainte d’un chaos ou d’une nucléarisation intempestive à ses portes, risquant de déclencher une contagion, au moins au Japon sinon en Corée du Sud ; à quoi s’ajoutent de très irritantes déceptions commerciales qui ont réussi le tour de force de faire perdre leur calme à quelques hommes d’affaires chinois [3]. Telle est la toile de fond de ce nouveau paysage.

La nouvelle Direction du Bureau Politique est donc confrontée à la difficile tâche d’avoir à réajuster une relation enkystée dans l’idéologie et la réécriture de histoire, devenant problématique et inconfortable, avec un voisin irascible et méfiant, affligé d’une rigidité politique caricaturale, assez souvent ingrat, coutumier des réactions violentes, mais dont l’accès à l’arme nucléaire constitue son assurance vie.

Le tout, dans un contexte, où ses partenaires de l’Asie du Nord-est du dialogue à 6 attendent beaucoup de la Chine, tandis qu’elle-même n’a qu’une visibilité floue et incomplète des conséquences pour elle d’un changement de trajectoire. A quoi s’ajoute le fait qu’elle nourrit une relation de grande méfiance avec les Etats-Unis, son premier rival stratégique et partenaire obligé très intransigeant du dialogue à 6, fermé à toute concession préalable sur la question du nucléaire militaire. Une attitude intraitable, qui enlève à Pékin toute marge de manœuvre, cependant critiquée par nombre d’experts, y compris à Washington.

Que la volonté existe de remettre à plat cet imbroglio explosif est une évidence. L’article paru dans le Financial Times, venant de l’Ecole Centrale du Parti – ce qui exclut la possibilité d’un cavalier seul -, qui appelle à la refonte de la politique nord-coréenne de la Chine l’atteste. Xi Jinping lui-même, président du « petit groupe dirigeant pour les Affaires étrangères » 中央外事工作领导小组, a manifesté l’intention de s’y atteler après les deux réunions législatives de mars. A cet effet, tous les instituts de recherche ont, selon des sources chinoises, été sollicités et préparent des notes d’évaluation.

Mais la Chine n’est pas une Nation occidentale. Ses élites politiques n’ont pas l’obsession de la transparence et cultivent, au contraire, les vertus de l’ambiguïté. C’est pourquoi il serait imprudent d’attendre de la Direction chinoise, que, sur un sujet aussi sensible, enveloppé dans beaucoup de sentimentalisme historique et patriotique, lié à la stabilité de son environnement stratégique direct, à sa prééminence en Asie et à sa sécurité, elle se risque à une mise au point claire et sans détour de sa nouvelle politique nord-coréenne, si toutefois elle existe.

Quoiqu’il en soit on peut douter que l’actuel régime se laisse aller à faire une déclaration de stratégie générale, comme l’avait fait la Maison Blanche à l’hiver 2011, pour annoncer une bascule de ses forces vers le Pacifique occidental.

Tout au plus pourra t-on mesurer les intentions de la Chine à travers divers indicateurs, liés à la mise en œuvre ou non des sanctions, aux livraisons de fuel et de nourriture, à la question des réfugiés, aux relations avec Kim Jong-un, que Pékin a, il y a quelques mois, refusé de recevoir, aux échanges avec la nouvelle présidente de Corée du Sud et au ton de son dialogue avec Washington.

Celui-ci vient à nouveau de se tendre par le truchement de Christopher Hill [4], qui n’hésite pas à suggérer d’augmenter la pression sur Pékin dans un 2Ie article de Project Syndicate, daté du 10 mars – écrit en réaction à la marche arrière du Waijiaobu –, où il précise que l’attitude de la Chine sur ce sujet indiquera sans ambiguïté quel rôle elle souhaite jouer dans la « gouvernance globale », à l’avenir.

Après avoir stigmatisé le danger nucléaire nord-coréen clairement matérialisé par le 3e test, dont la puissance fut sans commune mesure avec les précédents, d’autant plus dangereux qu’il pourrait avoir utilisé de l’Uranium enrichi, Christopher Hill, met en garde contre le risque d’effondrement catastrophique du traité de non prolifération (TNP), et appelle clairement la Chine à cesser de faire croire que la voie des négociations n’aurait pas été entièrement explorée.

« S’il est vrai que l’option négociation devrait toujours rester ouverte, il faut abandonner l’idée qu’elle pourrait constituer la pièce manquante du puzzle. La Corée du Nord a eu le loisir d’étudier toutes les offres mises sur la table durant les négociations du dialogue à 6, depuis un traité de paix, jusqu’à la participation à un forum régional, en passant par une assistance économique et énergétique. Ce qui ne l’a pas empêché de quitter la table des pourparlers en 2009 ».

Dans ce contexte, conclut-il, « la vraie question n’est pas de savoir ce que fera le monde, mais plutôt ce que fera la Chine, dernier allié de la Corée du Nord. Personne n’attend que Pékin résolve ce problème seul. Mais le monde observe le nouveau pouvoir chinois pour comprendre quelle sorte de membre de la communauté internationale il aspire à être. »

Note(s) :

[3En 2011, dans une attaque d’une rare violence, le groupe minier Xiyang basé dans le Nord-est de la Chine, le plus gros investisseur chinois en Corée du Nord, a accusé les Nord-Coréens d’avoir sabordé un investissement de 38 millions de Dollars, par des exigences exorbitantes, non prévues au contrat, n’hésitant pas pour obtenir satisfaction, à menacer les personnels chinois du Groupe et à leur couper l’eau et l’électricité.

« L’investissement en Corée du nord fut un cauchemar, comme si nous étions entrés dans la tanière d’un tigre », raconte un responsable. Quelques mois après la signature des accords, le groupe Xiyang a quitté la Corée du Nord, sans demander son reste, raconte Michael Rank, ancien correspondant de Reuter à Pékin, dans un article publié en Août 2012 par Asia Times. Lire Chinese company vents venom on North Korea.


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Par Caligula Le 12/03/2013 à 19h20

Pyongyang et l’ambiguïté de « la nouvelle musique chinoise ».

Bonsoir,

Je me pose une question :

Toutes les provocations actuelles de la Corée du Nord, ne sont-elles pas à prendre en compte pour ce qu’elles sont : des provocations. J’entends par là, une sorte de « mise en scène » pour crédibiliser Kim le troisième ? Pour le rendre légitime aux yeux de la communauté internationale, pour asseoir son pouvoir ?

Salutations.

Par La Rédaction Le 14/03/2013 à 20h10

Pyongyang et l’ambiguïté de « la nouvelle musique chinoise ».

La provocation, qui par le passé, avait dérapé vers le terrorisme d’Etat, est inscrite dans l’ADN du régime. Le 25 juin 1950, Pyongyang s’était signalé au monde en attaquant par surprise la Corée du sud, que les troupes américaines avaient en partie évacué, et où Sygman Ree, mis en place par Washington, régnait en dictateur, n’hésitant pas à faire assassiner quelques un de ses opposants politiques. Au nord, la peur du communisme avait initié une fuite vers le sud de la partie de la population la plus aisée.

L’agression, fomentée par Kim Il Sung, le grand-père de Kim Jong-un, avait probablement été confortée par une promesse d’aide de Staline et un feu vert de Mao, au pouvoir en Chine depuis 8 mois. A quoi s’ajouta une déclaration de Dean Acheson, le secrétaire d’Etat américain, qui, peu de temps auparavant, avait déclaré à une réunion de presse que la péninsule coréenne ne faisait plus partie de la zone d’intérêt stratégique des Etats-Unis. Ce qui fut une bévue incohérente, dans la mesure où la partition de la Corée, de part et d’autre du 38e parallèle – qui ne devait être que provisoire pour faciliter la reddition des Japonais -, résultait d’un accord entre Moscou et Washington stipulant que des élections libres seraient organisées au nord, comme au sud, mais que les Soviétiques et Kim Il Sung dénoncèrent.

Par la suite, l’histoire a répertorié une longue suite de provocations parfois meurtrières et à caractère terroriste, rassemblées par le Congrès des Etats-Unis dans le document http://bit.ly/Z7d31t (document pdf). On retiendra l’attentat à la bombe contre le gouvernement sud-coréen de Chun Du Wan, en octobre 1983 (21 morts dont 3 ministres et 46 blessés, dont 14 membres du gouvernement) et la destruction en vol le 29 septembre 1987 - confessé par la femme complice de l’attentat – d’un Boeing de la Korean Air (115 morts). A quoi il faut rajouter, le 26 mars 2010, le torpillage terroriste en pleine Mer Jaune de la frégate sud-coréenne Cheonan, (46 marin morts dont beaucoup étaient des recrues faisant leur service) et, quelques mois plus tard, le bombardement de l’Ile sud-coréenne de Yeonpyeong (4 morts 18 blessés).

Aujourd’hui la situation se tend. Avec la possible, sinon probable, correction de trajectoire de Pékin, qui commence à s’inquiéter des progrès nucléaires de Pyongyang, les options du régime se réduisent, tandis que, pour la première fois depuis longtemps, Washington a réagi aux menaces du Régime avec une grande fermeté. Mettant au centre de sa rhétorique l’arme nucléaire de Pyongyang, le Conseiller sécurité d’Obama a en effet mis en garde : « Il ne doit pas y avoir de doutes, nous puiserons dans tout l’éventail de notre arsenal pour nous protéger et protéger nos alliés. Nous riposterons non seulement à l’usage des armes de destruction massive, mais également au transfert d’armes ou d’équipements nucléaires à des pays ou à des organisations tiers, que nous considérons comme une grave menace contre les Etats-Unis et nos alliés, et dont la Corée du nord sera tenue pour responsable. » On ne peut être plus clair.

Dans cette affaire, Pékin est seul, vaguement appuyé par Moscou, face à une alliance bien rodée entre Washington, Tokyo et Séoul. Plus encore, depuis la disparition de l’esprit d’indépendance et de courage qu’incarnait Kim Dae Jung, Séoul n’est plus que le suiveur vassalisé de Washington, sans aucune marge de manœuvre. C’est dommage, car Kim Dae Jung apportait une vision rafraîchissante et iconoclaste par rapport à celle de la Maison Blanche et des conservateurs sud-coréens, uniquement axée sur la menace nord-coréenne et les dividendes politiques que véhicule la peur. L’éloignement de cette vision, qui exprimait aussi la miséricorde des Sud Coréens à l’égard de leurs compatriotes du Nord, martyrisés par le régime, constitue sans nul doute un affaiblissement des possibilités d’apaisement.

On affirme que la fille de Park veut renouer avec ces stratégies dites de la « Sunshine policy », à condition, dit-elle, que Pyongyang soit capable d’y répondre. Ce qui pour l’heure ne semble pas être le cas, au contraire. Il resterait aussi à savoir si l’alliance des Chaebols et des militaires, qui règne à nouveau sur la Corée du Sud, après le bref intermède de Kim Dae Jung qui les avait mis au pas, la laissera faire. Quant au Nord, il est possible que Kim Jong-un soit le jouet de l’oligarchie militariste qui joue sa survie. Ce qui constitue un motif supplémentaire d’inquiétude, puisque l’arme nucléaire est l’assurance vie du régime. A quoi il faut ajouter que, contrairement à ce que dit Pékin, les marges de manœuvre négociables ont toutes été explorées et offertes à Pyongyang dans l’enceinte du dialogue à 6, entre 2003 et 2009. Toutes furent repoussées par le régime qui n’a jamais voulu accéder à la condition préalable de Washington, d’abandonner son programme nucléaire et a quitté les négociations en 2009.

Si l’on admet que les positions américaines et celle du Japon sont connues et ne varieront pas – renoncement à l’arme nucléaire par Pyongyang comme préalable à une négociation sur un traité de paix -, les inconnues qui demeurent sont : 1) Les intentions réelles de la Chine, dans un contexte où il est très probable que le PCC est en train de réévaluer sa politique nord-coréenne ; 2) La solidité interne du régime nord-coréen dans le cas hypothétique de l’augmentation des pressions chinoises ; question collatérale : la détermination du Régime à pousser à bout sa logique d’agression ; 3) la liberté de manœuvre de Madame Park, nouvelle venue dans ce jeu de Poker menteur, dont l’apport pourrait constituer un facteur adoucissant, offrant une possibilité de sortie du cul-de-sac, à condition que Pyongyang réponde favorablement – rien n’est moins sûr - et que ceux, à Soul et à Washington, qui surfent sur l’angoisse d’un cataclysme, lui laissent une marge d’initiative.

Par Anonyme Le 17/03/2013 à 13h06

Pyongyang et l’ambiguïté de « la nouvelle musique chinoise ».

Pékin bouge t’il ?

On peut, a priori en douter ;

Le lancement récent d’un satellite n’était que le dernier d’une longue liste de lancements de missiles plus ou moins ratés. Le fait que ce dernier tir ait été plutôt réussi est notable mais s’inscrit dans une stratégie nord-coréenne connue et annoncée depuis belle lurette.

Le troisième essai, jusqu’à preuve du contraire nucléaire (mais en est-on vraiment sûr ?), est certes fort déplaisant, mais la Corée du Nord était rentrée dans le club des joyeux lurons possédant la bombe, dès son premier essai. Les récentes déclarations belliqueuses et enflammées du régime sont déplacées et choquantes, mais pas vraiment différentes de celles proférées par le régime depuis plusieurs décennies…

On peut donc se poser la question de savoir où et dans quelle mesure, la Corée du Nord aurait franchi une limite inadmissible par son voisin chinois.

Que la Chine soit irritée c’est concevable. Pyongyang déstabilise une région que Pékin aimerait bien être seule à déstabiliser. La Corée du Nord pousse la Corée du Sud et le Japon à renforcer leurs armements et à se rapprocher d’un parapluie américain qui s’était fait plus discret dans la zone ; c’est agaçant…

Alors que la Chine se forge une nouvelle image de Grande Puissance, les exactions nord-coréennes font tâches en soulignant son incapacité à contrôler son impétueux petit voisin et a priori allié. Mais cette situation n ‘est pas nouvelle et la Chine s’en est toujours accommodée

Mais la Chine peut-elle pour autant laisser tomber son encombrant allié ?

Un effondrement du régime nord-coréen entraînerait une situation de crise majeure à la frontière nord-est de la Chine, où vivent quelques millions de coréens chinois, un exode massif et la possibilité de la perte d’un état tampon… Et une perte de face monumentale, aux yeux du monde et surtout d’une bonne partie de sa population…

Je pense que la Chine essaie de faire passer clairement un message flou : rien a changé mais pas trop quand même…Du genre, je t’aime, moi non plus…

Par Caligula Le 30/03/2013 à 23h03

Pyongyang et l’ambiguïté de « la nouvelle musique chinoise ».

Lundi, il me semble, la Corée du Nord à plus ou moins déclaré la guerre aux USA. Vendredi, elle s’est déclarée en guerre contre son voisin du Sud. La Russie à appelé à l’apaisement, ainsi qu’une grande partie du reste du monde...mais je n’ai pas entendu la Chine.
J’ai entendu deux personnes en train de discuter de ce conflit, l’une d’elles a dit : « Je m’inquiète, car le dirigeant Nord-Coréen a fait couper la ligne téléphonique le reliant à son homologue du Sud. » Ce à quoi son interlecuteur, lui a répondu :« Je serai beaucoup plus inquiet quand Pyongyang coupera la ligne qui la relie à la Chine. » C’est pas faux.

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