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›› Société

Suivi de l’épidémie de Coronavirus Covid-19

Le marché aux fruits de mer de Huanan à Wuhan identifié par les autorités chinoises comme l’épicentre de l’épidémie.


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Note de la rédaction.

Depuis le 10 mars, date à laquelle le Président Xi Jinping a déclaré à Wuhan, la victoire sur l’épidémie, cette rubrique n’est plus mise à jour.

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Depuis la mi-décembre, la ville de Wuhan est au cœur d’un très néfaste télescopage des mémoires renvoyant à la crise du SARS de 2003 quand la Chine avait commencé par cacher l’ampleur de l’épidémie de Syndrome Respiratoire Aigu ayant frappé 3000 personnes dans 37 pays dont au moins 800 étaient décédées en Chine continentale à Hong Kong et Taïwan.

L’épisode est d’autant plus resté dans les mémoires de l’appareil que l’actuel Vice-Président Wang Qishan avait été celui que le parti avait chargé de contrôler les dommages politiques de l’absence de communication.

Cette fois, l’infection pneumo-virale de Wuhan a, depuis le 12 décembre, mis 59 personnes sur le flanc. Parmi elles, 7 étaient encore en condition critique le 17 janvier, contre 11, le 12 décembre dernier.

Contrairement à 2003, les informations émanent des autorités sanitaires de la ville. Attentives à ne pas prêter le flanc à une nouvelle accusation d’omerta, elles communiquent mieux depuis quelques jours.

Mais l’affichage de transparence ne suffit pas. Des doutes subsistent sur le nombre réel de cas déclarés en Chine et sur la capacité ou non du virus à se propager directement entre humains.

S’il est vrai que le syndrome paraît moins virulent qu’en 2003, la nouvelle de 2 décès de patients chinois, les 9 et le 15 janvier a contribué à entretenir une psychose.

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Depuis les nouvelles que des cas (non mortels) sont apparus hors de Chine, la vigilance s’est étendue non seulement à la région, mais également aux destinations mondiales qui, dans moins d’une semaine accueilleront le flot des touristes chinois du Chunjie.

Les 14 et 16 janvier en Thaïlande, 2 chinoises de 61 et 74 ans originaires de Wuhan et le 16 janvier au Japon, un homme de 30 ans qui lui aussi avait été en voyage à Wuhan ont été hospitalisés et mis en quarantaine.

L’Organisation mondiale de la santé qui a félicité la Chine pour sa transparence estime que le virus s’est propagé à partir d’un marché de fruits de mer à Wuhan qui vend également des oiseaux vivants et d’autres animaux. Depuis le marché a été fermé et désinfecté.

2 décès et des inquiétudes sur le mode transmission.

Paru dans le Bangkok Post : A l’aéroport de Bangkok, Suvarnabhumi, le 5 janvier le ministre de la Santé thaïlandais Charnvirakul, au premier plan, montrait les contrôles médicaux subis par des visiteurs venant de Wuhan. A cette date, une Chinoise contaminée par le coronavirus était déjà en observation en Thaïlande. (Photo de Pornprom Satrabhaya)


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Il reste que les ministères japonais et thaïlandais de la Santé ont déclaré qu’aucun des deux malades déclarés n’avait visité le marché de fruits de mer de Wuhan, laissant entendre qu’il pourrait s’agir de contamination directe entre humain.

A Wuhan les autorités sanitaires se veulent rassurantes. Le virus détecté le 12 décembre serait moins létal que celui du SRAS en 2003 et, à ce stade, il n’existerait aucune preuve d’une transmission directe entre humains comme l’atteste le fait qu’aucun agent de santé n’a été infecté à ce stade de l’épidémie.

Alors que les nouvelles de Tokyo et Bangkok relançaient les inquiétudes sur le mode de transmission du virus, le 17 janvier, on apprenait le décès le 15 janvier en Chine d’un homme de 62 ans admis à l’hôpital souffrant d’insuffisance respiratoire et d’un dysfonctionnement rénal.

Il s’agissait du 2e décès documenté par les autorités chinoises, depuis le début de l’épidémie. Le premier, un homme de 61 ans est décédé d’un arrêt cardiaque le 9 janvier après avoir été placé sous assistance respiratoire à hôpital Jinyintan de Wuhan.

Pas de décès depuis le 15 janvier. Vigilance.

Pour l’instant moins virale que l’épidémie de SRAS, la fièvre de Wuhan est également due à un coronavirus identifié par les épidémiologistes chinois le 8 janvier. A ce stade, il a provoqué la mort de deux Chinois. Une incertitude demeure sur le mode de transmission. Les appareils de santé de la région sont en alerte en amont des migrations du Chunjie.


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Les symptômes du nouveau coronavirus sont principalement de la fièvre, parfois aggravée par des difficultés respiratoires. Depuis les décès rapportés plus haut, aucun autre n’est à signaler selon CCTV.

Certains des patients étaient employés sur le marché de fruits de mer à Wuhan.

Selon l’OMS, les coronavirus peuvent infecter les humains et les animaux. Celui qui cause le SRAS avait été attribué à une civette ou chat musqué, animal sauvage apprécié pour la finesse de sa chair dans certaines régions de Chine.

Le professeur Leo Poon, virologue à l’Université de Hong Kong et spécialiste du SRAS, rappelle que les coronavirus peuvent être trouvés chez de nombreux animaux, y compris les porcs, les bovins, les chiens, les chats, les chauves-souris et les oiseaux.

Six coronavirus sont connus pour infecter les humains - quatre d’entre eux provoquent généralement des rhumes anodins, quand les deux autres sont à l’origine du SRAS en Asie et du MERS au Moyen Orient (Middle East Respiratory Syndrom).

Beaucoup de coronavirus portés par les animaux sont inoffensifs pour les humains, ajoute le Professeur Poon. La nouvelle souche de coronavirus peut avoir été causée par la proximité d’humains avec des animaux avec lesquels l’homme n’a habituellement pas de contact.

Le bilan le 17 janvier était de 59 cas avérés hospitalisés et placés en quarantaine, dont 1 au Japon un autre en Thaïlande, 12 sortis de l’hôpital, 2 décès en Chine, 763 personnes mises en observation.

Mises à jour Le 20 janvier. 3 décès

La psychose est montée d’un cran en Chine à l’annonce d’un 3e décès, le 20 janvier.

L’inquiétude est alimentée par le retour à un style de communication parcellaire des autorités chinoises ayant d’abord laissé entendre, contre toute logique, que l’épidémie était circonscrite à Wuhan.

La découverte en Corée du Sud du cas d’une Chinoise de 35 ans arrivée de Wuhan et placée en quarantaine attise la psychose dans la région.

Pour la première fois les responsables sanitaires chinois ont fait état de cas détectés ailleurs qu’à Wuhan (2 à Pékin, un autre à Shenzhen). Le bilan au 20 janvier était de 201 cas diagnostiqués dont 170 hospitalisés, 3 morts et 9 dans un état critique.

A nouveau Pékin est accusé de manque de transparence. Récemment des chercheurs de l’Imperial College de Londres ont, par recoupement, estimé que le nombre de cas déclarés dépasserait le millier.

Le 22 janvier. 9 décès. Retour sur le défaut de communication

Selon la Commission des affaires sanitaires qui s’est exprimée lors d’une conférence de presse à Wuhan, 9 personnes sont décédées. Officiellement 440 personnes ont été atteintes, dans 13 provinces : Hubei, Pékin, Shanghai, Tianjin, Chongqing, Canton, Zhejiang, Shandong, Jiangxi, Henan, Hunan, Sichuan, Yunnan.

Aux États-Unis, un premier cas a été diagnostiqué à Washington sur un patient en provenance de Wuhan le 15 janvier. Les États-Unis sont le 7e pays touché par l’épidémie après la Thaïlande, le Japon, la Corée du sud, les Philippines, Taïwan et l’Australie.

Gao Fu, Directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies a répété que le Coronavirus provenait d’animaux sauvages illégalement commercialisés par le marché de fruits de mer de Wuhan.

Mais le 20 janvier, Zhong Nanshan 钟南山, pneumologue formé au Royaume Uni connu pour avoir rendu publique l’ampleur de l’épidémie de SRAS en 2003, a rappelé que certains des nouveaux malades n’avaient aucun lien personnel direct avec Wuhan. « Dans la province de Canton deux personnes été infectées par des membres de leur famille revenant de Wuhan ».

Le 21 janvier la transmission directe était confirmée par la nouvelle que 14 agents de santé en contact avec des malades avaient été contaminés.

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Laurie Garrett, analyste des politiques de santé lauréate du prix Pulitzer pour sa couverture de l’épidémie d’Ebola en 1995, estime que les chiffres des autorités chinoises sont « une flagrante sous-estimation » de la gravité de la situation.

« La panique s’est emparée de Wuhan » dit-elle. Selon elle, la réponse des autorités chinoises, gênée par le réflexe d’occultation, n’est pas au niveau de la gravité de la situation.

Alors que le premier cas a été diagnostiqué le 12 décembre, il n’a été confirmé officiellement que le 31 décembre, après un délai de près de 3 semaines.

« Alors qu’une réaction immédiate dès la première semaine de janvier aurait permis de juguler plus facilement les contagions, les autorités sont restées dans le déni et l’espoir insensé qu’il ne s’agissait que de symptômes anodins ne touchant qu’une poignée de personnes ayant traîné dans un marché. »

La tête du régime a réagi contre les réflexes d’omerta.

Le 20 janvier, le Président Xi Jinping a exigé que tout soit mis en œuvre pour identifier les causes de l’infection et empêcher sa propagation. En même temps, il a insistait sur la nécessité de diffuser rapidement l’information et demandé d’améliorer la coopération internationale.

Le 21 janvier la Commission Centrale des Affaires politiques et juridiques publiait une note mettant en garde les cadres contre la tentation de dissimuler la gravité de la situation passible de sanctions sévères et frappée par l’opprobre moral.

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Alors que les vastes migrations du Chunjie très difficiles à contrôler ont commencé en Chine et vers l’étranger la Direction politique craint une extension rapide de l’épidémie.

Le 24 janvier. 26 décès. Wuhan en quarantaine

La maladie a jusqu’à présent en majorité tué 4 fois plus d’hommes que de femmes. Beaucoup, pour la plupart âgés, avaient des problèmes de santé sous-jacents.

La plus jeune victime est une femme de 48 ans, décédée le 20 janvier, plus d’un mois après l’apparition des premiers symptômes Les plus âgés sont deux hommes de 89 ans décédés le 19 et le 20 janvier. L’âge moyen des décès est de 75 ans.

Le 23 janvier tous les transports publics vers l’extérieur à partir de Wuhan et des villes proches de Huanggang, Ezhou, Chibi et Zhijiang, ont été suspendus.

L’anxiété à Wuhan a été exacerbée par les informations selon lesquelles les hôpitaux refusent les patients faute de place. Les médias chinois ont annoncé que huit hôpitaux de Wuhan ont lancé des appels à dons d’équipement de protection.

La mairie a déclaré qu’elle construirait un nouvel hôpital dans les six jours pour accueillir les patients, sur le modèle d’un centre d’isolement dont la construction avait été décidée par Wang Qishan lors de l’épidémie de Sars, après sa nomination à la tête de la mairie de Pékin.

Des cas ont été diagnostiqués aux États-Unis, au Royaume Uni, à Taïwan, en Corée du Sud, en Thaïlande, au Japon, à Hong Kong, au Vietnam, et à Singapour.

27 janvier. 80 décès. 3 Français contaminés à Bordeaux et Paris.

Le total reconnu par les autorités du nombre de personnes contaminées en Chine est de 2744 dont 769 nouveaux cas récents. Au 27 janvier, le nombre de décès était de 80, tous en Chine. Parmi eux Liang Wudong, 62 ans, médecin décédé le 25 janvier dans un hôpital de Wuhan.

Il s’agit du premier personnel de santé décédé après avoir été en contact avec des malades. Au total, selon Beijing News 15 personnels de santé sont actuellement soignés, dont un médecin d’un hôpital à Pékin. Sur les réseaux sociaux courent photos et commentaires indiquant l’épuisement physique et nerveux des personnels de santé à Wuhan.

En même temps le régime tente d’évacuer la responsabilité sur les responsables locaux et le système de santé. Récemment par un tweet sur son compte weibo, Hu Xijin, le rédacteur en chef du très nationaliste Global Times, blâmait les autorités sanitaires locales et nationales.

« Cette épidémie est similaire au SRAS dont nous avions l’expérience » écrit-il. « Elle n’aurait pas dû se produire en Chine qui a des normes médicales avancées et une capacité d’organisation sociale. Je crois personnellement que la ville de Wuhan et les autorités nationales de santé devraient être responsables. »

Le 23 janvier, David Heymann, en charge de la sécurité sanitaire à l’OMS déclarait que le virus se propageait plus facilement d’une personne à l’autre qu’initialement prévu. Mais il s’est abstenu de déclarer une urgence internationale.

Le virus continue à se répandre en Chine. Toutes les provinces sont touchées sauf le Tibet. A Pékin 70 cas ont été diagnostiqués.

Mesurant les risques, le Comité Permanent du BP, Xi Jinping en tête a directement pris le contrôle des opérations. La brutalité et l’ampleur des décisions atteste de la fébrilité des autorités centrales hantées par le souvenir de la mauvaise gestion de la crise du SRAS en 2003.

Dans la province du Hubei où se trouve Wuhan 15 municipalités ont été totalement ou partiellement placées en état de siège – soit 57 millions de personnes -. La ville de Wuhan elle-même est fermée. 11 milliards de Yuan (1,44 Mds d’€) ont été dégagés pour financer la lutte contre l’épidémie.

Le 26 janvier, 1300 agents de santé dont 135 du service de santé de l’APL sont arrivés à Wuhan pour aider les hôpitaux surchargés. Un hôpital d’isolement des malades a été construit en un temps record.

Pour réduire les risques de propagation par les déplacements, la fin des congés de nouvel-an a été reportée au 2 février. Toutes les célébrations de masse ont été annulées les autorités ont exhorté les gens à éviter de tenir de grandes réunions de famille traditionnelles.

Le 26 janvier, le tournoi de qualification olympique de football féminin ainsi que celui de la « Fed Cup » de tennis ont été déplacés hors de Chine. Une compétition d’athlétisme a été annulée. A Shenzhen, le groupe Huawei a reporté sa conférence annuelle des développeurs prévue pour la mi-février.

Le 27 janvier Le Premier ministre Li Keqiang est arrivé à Wuhan où il a fait le tour des hôpitaux.

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A Fanling, au nord des Nouveaux Territoires de Hong Kong près de la frontière chinoise, où les souvenirs des 1750 cas et des 286 décès du SRAS en 2003 hantent toujours les mémoires et où le pouvoir chinois est l’objet de sévères contestations depuis juin 2919, les habitants ont dressé des barrages routiers, à l’annonce qu’un « centre de quarantaine temporaire » serait installé dans un immeuble inhabité.

Après de brefs affrontements avec la police, le projet a été abandonné. Le week-end du 26 janvier, Carrie Lam, décidait de relever le niveau d’alerte de « sérieux » à « urgent » et de fermer les écoles jusqu’au 17 février.

Plusieurs pays dont la France, le Japon, les États-Unis et l’Australie travaillent en liaison avec les autorités chinoises à rapatrier leurs ressortissants de Wuhan. Selon Agnès Buzyn, le recensement des Français souhaitant rentrer est en cours. A leur arrivée en France, probablement en milieu de semaine, ils seront soumis à une quarantaine

A l’extérieur de la Chine, 13 pays sont touchés : Japon (4), Corée du Sud (4), Taïwan (3), Hong Kong (5), Macao (2), Népal (1), Thaïlande (5), Malaisie (4), Vietnam (2), Singapour (4), États-Unis (5), France (3).

A Taïwan les autorités ont infligé 10 000 $ d’amende à un homme qui avait tenté de cacher ses symptômes apparus après un voyage à Wuhan. Peu après, l’Île a interdit l’accès à tous les visiteurs venant de Wuhan et suspendu tous les voyages touristiques sur le Continent. Tandis que la Corée du Nord fermait ses frontières.

En France où 3 patients sont traités et une soixantaine sous surveillance en attendant les résultats des tests, des cellules médicales ont été mises en place dans les aéroports. Agnès Buzyn confirme que le virus se répand plus rapidement que prévu.

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Le 26 janvier, Ma Xiaowei, président de la Commission Nationale de la santé à Pékin, a indiqué que les chercheurs chinois n’avaient encore qu’une connaissance partielle du virus et que l’épidémie allait durer « un certain temps ».

Par rapport au virus du SRAS, celui-ci de la famille des « coronavirus » présente la difficulté que la période asymptomatique durant laquelle un malade infecté, mais non diagnostiqué est contagieux, pourrait aller jusqu’à 14 jours.

L’origine des infections en revanche semble être la consommation de viande ou d’abats d’animaux sauvages souvent braconnés. Leur commerce a été provisoirement interdit.

Le 31 janvier. 212 décès. Plus de 12 000 contaminés.

Le 30 janvier, l’OMS, constatant la « rapidité inédite de la contagion », déclarait une « Urgence internationale de santé publique ». La déclaration « intervient alors que la première transmission de personne à personne du virus a été signalée aux États-Unis » (Courrier International.30 janvier).

22 pays sont touchés hors de Chine. Allemagne (4), Australie (9) Cambodge (1), Canada (3), Corée du sud (7), Émirats (4), États-Unis (6), Finlande (1), France (6), Hong Kong (10), Italie (2), Inde (1), Japon (14), Macao (7), Malaisie ( 8), Népal (1), Philippines (1), Singapour (1), Sri-Lanka (1), Taïwan (9), Thaïlande (14), Vietnam (5).

Après, les États-Unis, la France et le Japon, la Corée (700 candidats), la Nouvelle Zélande, l’Indonésie (243 candidats), les Philippines (300 candidats), le Canada, l’Italie se préparent à évacuer leurs ressortissants de Wuhan et même du Hubei.

Le 30 janvier les autorités pakistanaises ont laissé flotter l’idée d’évacuer rapatrier 30 000 ressortissants résidant dans toute la Chine.

Un avion évacuant quelque 200 Français devrait atterrir dans la journée à Istres. Un autre avec à bord 83 Britanniques et 27 passagers d’autres nationalités est attendu sur la base militaire de Norton à 13h30 locales.

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Un mois après la première déclaration officielle ayant reconnu l’existence d’un virus pathogène d’un nouveau type, information que la bureaucratie a attendu 3 semaines avant de rendre publique, l’épidémie et la manière dont elle est gérée révèlent d’importantes fragilités et dysfonctionnements de l’appareil.

Ce premier défi de grande ampleur auquel l’équipe de Xi Jinping est confrontée met à l’épreuve la cohésion politique de l’appareil. Voir l’analyse de J.P. Yacine à la rubrique « Politique intérieure » : Wuhan, crise médicale et craquement dans l’appareil.

Le 7 février. 638 décès. 31 532 cas. 31 207 en Chine

L’épidémie se propage lentement. Avec au total en Chine 31 207 cas (+3189 en 24 heures) et 637 décès - dont 1 à Hong Kong- Un autre malade est décédé aux Philippines.

Hormis les R.A.S de Hong Kong (25 cas, 1 décès) et Macao (10 cas) et la Chine où, selon la commission nationale de santé publique, 4821 patients seraient dans un état critique, 25 pays sont désormais touchés.

Certains chiffres ci-après émanent de pouvoirs habituellement peu transparents et habitués à la censure. Ils sont à prendre avec précaution.

Japon : 86, Singapour 33 dont 1 critique, Thaïlande 25, Corée du sud 24, Taïwan 16, Malaisie 15, Australie 15, Allemagne 13, Vietnam 12, États-Unis 12, Canada 7, France 6 dont 1 critique, Émirats 5, Philippines 3 dont 1 décès, Royaume Uni 3, Italie 3 dont 2 critiques, Inde 3, Russie 2.

La date du 7 février marque peut-être un tournant dans la crise sanitaire menaçant soudain de devenir une crise politique.

A 3h48 du matin, le 7 février l’hôpital central de Wuhan City annonçait sur Weibo que le Dr Li Wenliang 李文亮 qui fut un des premiers lanceurs d’alerte en décembre dernier harcelé par la police qui avait tenté de le faire taire, était décédé à 2h58 du matin.

La mort d’un médecin qui avait tenté d’alerter l’opinion publique, alors même que la police l’avait censuré a déclenché une effervescence critique sur les réseaux sociaux. Le drame a soudain déchiré le voile de la propagande et laissé entrevoir les fragilités du régime. Voir l’analyse d’une possible crise à venir dans la dernière mise à jour de l’article : Wuhan, crise médicale et craquements dans l’appareil.

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Au milieu d’autres nouvelles alarmantes comme celle d’une sévère pénurie de lits d’hôpitaux à Wuhan, commencent à surgir des informations moins catastrophiques.

La première est que jusqu’à présent l’infection a épargné les enfants. La deuxième concerne le taux de mortalité. Il pourrait être moins élevé que les presque 3% annoncés. Le pourcentage est en effet à réviser si on considère - ce qui est probable - que le nombre total de cas est plus important que ceux officiellement déclarés.

11 février. 1018 décès. 43099 cas.

La Chine reste de très loin le principal foyer de l’épidémie avec 1016 décès et 42638 cas. En quatre jours, le nombre global de contaminés et de décès a dépassé le bilan du SRAS en 2002 - 2003. Soit +11564 cas et +380 décès.

La presque totalité est en Chine (+11 431 cas et +379 décès).

Le taux de mortalité calculé globalement doit être affiné. S’il est vrai qu’il n’est que de 2,1% en moyenne générale, à Wuhan, foyer de l’épidémie, il est de 4,9%. Dans la province du Hubei en partie mise en quarantaine, il est de 3,1%. Ailleurs, en Chine il est de 0,16%.

Plus inquiétant, après admission à l’hôpital, il est de 15% (source : Etude The Lancet).

Extrait : « L’infection 2019-nCoV a provoqué une série de maladies respiratoires sévères similaires au coronavirus du SRAS et une mortalité élevée après l’admission à l’hôpital. » (...)

« Des lacunes majeures dans nos connaissances sur l’origine, l’épidémiologie, la durée de la transmission humaine et le spectre clinique de la maladie restent à combler par de futures études. »

Plus de 6 semaines après les premières alertes, la dangerosité du virus 2019-nCoV - les Chinois l’ont baptisée Novel Coronavirus Pneumonia (新冠肺炎 xīn guān fèiyán) - (NCP) est toujours mal cernée.

Alors que le taux de transmission de personne à personne (potentiel d’infection transmise par une personne) est estimée de 3 à 4, le taux de mortalité à Wuhan et dans les hôpitaux est nettement plus élevé que la moyenne générale. Quant à la durée de la période d’incubation asymptomatique, l’estimation des experts varie entre 2 et 14 jours.

Le risque existe que l’épidémie s’aggrave en pandémie. Si la crise continuait, elle mettrait l’économie chinoise en difficulté, avec d’importantes conséquences globales.

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A la date du 10 février 28 pays étaient touchés. Le premier chiffre est le nombre de cas, le 2e celui des décès.

Chine (42 638, 1016), Japon (161, 0) Singapour (45, 0), Hong Kong (42, 1), Thaïlande (32, 0), Corée du sud (28, 0), Malaisie (18, 0), Taïwan (18, 0), Australie (15, 0), Vietnam (14, 0), Cambodge (1, 0), Allemagne (14, 0), États-Unis (13, 0), France (11, 0), Macao (10, 0), EAU (8, 0), Royaume Uni (8, 0), Canada (7, 0), Philippines (3, 1), Italie (3, 0), Inde (3, 0), Russie (2, 0), Espagne (2, 0), Nepal (1, 0), Finlande (1, 0), Suède (1, 0), Sri Lanka (1, 0), Belgique (1, 0).

Par ailleurs, depuis le 7 février la nouvelle du décès de patients non chinois à Wuhan a contribué à aggraver la psychose hors de Chine. Le 6 février une femme américaine de 60 ans est décédée à l’hôpital de Jinyintian. De Wuhan circule la nouvelle non confirmée du décès d’un citoyen japonais.

17 février.1776 décès. 71 334 cas.

La progression ne faiblit pas +28 235 cas et +758 décès.

La très grande majorité des cas - 70 550, 98,9% - et des décès - 1771
99,7% - restent confinés en Chine. Essentiellement à Wuhan et dans la province du Hubei.

5 décès ont à ce jour été enregistrés en dehors de la Chine (0,28%). 2 étaient déjà connus, à Hong Kong et aux Philippines. Une femme de 80 ans hospitalisée depuis le 1er février est décédée au Japon le 13 février.

Le premier décès signalé hors d’Asie a été celui d’un touriste chinois de 80 ans, le 15 février dans un hôpital parisien. Le patient était l’un des 12 cas confirmés de Covid-19 en France. Parmi eux 4 personnes ont récupéré, 7 sont toujours hospitalisées.

Le 16 février, un chauffeur de taxi de 60 ans est décédé à Taipei. A Wuhan et dans la province du Hubei, un millier de Taïwanais attendent d’être rapatriés.

L’Égypte est le 29e pays touché par l’épidémie avec 1 cas apparu le 15 février dont la nationalité n’a pas été révélée par les autorités.

Plusieurs haut-responsables de la santé ont récemment rendu publiques des appréciations pessimistes.

1. Le Dr Robert Redfield, Directeur du CDC, Centre américain de contrôle et de prévention des maladies infectieuses.

« L’épidémie survivra au-delà de cette saison et de cette année. Il faudra commencer à y penser comme à une grippe saisonnière. La seule différence est que nous ne comprenons pas le virus. »

2. Prof. Marc Lipsitch. Prof épidémiologie, Institut de santé publique de Harvard.

C’est un problème mondial qui ne va pas disparaître dans une semaine ou deux. Ce qui rend ce virus peut-être plus difficile à contrôler que le SRAS, c’est qu’il peut se transmettre avant d’être malade.

Bilan mondial par pays infecté au 17 février. Les chiffres entre parenthèses montrent l’évolution entre le 11 et le 17 février.

Chine (42 638, 1016 / 70 552, 1771), Japon (161, 0 / 430,1)

Singapour (45, 0 / 75,0), Hong Kong (42,1,1 / 57,1),

Thaïlande (32,0 / 35,0), Corée du sud (28,0 /30,0),

Malaisie (18,0 / 22,0), Taïwan (18,0 / 20,1),

Australie (15,0 / 15,0), Vietnam (14,0 / 16,0), Cambodge (1,0 / 1,0),

Allemagne (14,0 / 16,0), États-Unis (13,0 / 15,0), France (11,0 / 12,1),

Macao (10,0 / 10,0), EAU (8,0 / 9,0), Royaume Uni (8,0 / 9,0),

Canada ( 7,0 / 8,0), Philippines (3,1 / 3,1), Italie (3,0 / 3,0), Inde (3,0 / 3,0),

Russie (2,0 / 2,0), Espagne (2,0 / 2,0), Népal (1,0 / 1,0), Finlande (1,0 / 1,0),

Suède (1,0 / 1,0), Sri Lanka (1,0 / 1,0), Belgique (1,0 / 1,0). Égypte (1,0).

21 février. 76 742 cas. 2247 décès

La carte publiée par le NYT, le 21 février, donne une idée nette de la concentration des cas au Hubei qui compte plus de 60 000 cas, totalisant, 82% des cas chinois et 78% des cas dans le monde.


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A ce stade les informations diffusées par le site Worldometers et les autorités chinoises permettent d’affiner les chiffres.

1. Le total cumulé des cas doit être réduit du total des guérisons (18 584). Au 21 février, le reliquat des cas actifs était de 55 911, dont 12065 en situation critique (21,5%).

2. Si la croissance du nombre des cas actifs faiblit, celle des décès augmente toujours à un rythme soutenu. Entre le 4 et le 10 février, elle était 87/jour. Depuis cette date, le nombre de décès est passé de 492 à 2247 au rythme moyen de 103 décès par jour. Entre 11 et le 21, le taux est passé à 132/j.

Le taux de mortalité des hospitalisés pour symptômes respiratoires aigus (The Lancet) reste élevé à 15%.

Si en moyenne, le taux de mortalité générale, reste faible à 2,1%, il est de 3,1% au Hubei et de 4,9% à Wuhan.

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En dehors de la Chine, 29 pays sont touchés où on compte 11 décès : Diamond Princess 2, Corée du Sud 1, Japon 1, Hong Kong 2, Taïwan 1, France 1, Iran 2, Philippines 1.

A noter la forte augmentation du nombre de cas en Corée du Sud, passés de 30 à 204, depuis la dernière mise à jour du site. Le Japon voisin reste aussi un des pays les plus touchés, tandis qu’à bord du Diamond Princess, où le taux de contamination reste élevé et dont les passagers américains sont en cours d’évacuation, on compte 2 décès.

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Japon (97/1), Diamond Princess (634,2), Singapour (85,0),

Thaïlande (35,0), Corée du sud (204,1), Malaisie (22,0),

Taïwan (26,1), Macao (10,0), Hong Kong (69,2),

Australie (17,0), Vietnam (16,0),

Allemagne (16,0), France (12,1), Royaume Uni (9,0),

Italie (4,0), Suède (1,0), Canada (9,0), États-Unis (27,0),

Russie (2,0), Espagne (2,0), Finlande (1,0), Belgique (1,0).

EAU (9,0), Iran (5,2), Égypte (1,0)

Philippines (3,1), Inde (3,0),

Népal (1,0), Sri Lanka (1,0), Cambodge (1,0)*.

(*) S’il est un pays dont les statistiques peuvent être mises en doute, c’est bien le Cambodge. Aux dires de Phnom-Penh, il n’y aurait qu’un seul cas, un touriste Chinois, rétabli.

Alors que la Thaïlande et le Vietnam voisins comptent respectivement 35 et 16 cas, on peut douter de cette information, alors que des rumeurs non vérifiées font état de décès. En revanche au moins 8 personnes ont été testés positif, mais l’information n’a pas été rendue publique.

Le 13 février, une partie passagers du navire de croisière, Westerdam venant de Hong Kong (5 cas, 2 décès) et qu’aucun port de la région n’avait autorisé à faire escale, ont débarqué à Sihanoukville, alors que seulement 20 passagers avaient été testés.

Plusieurs experts et responsables ont fait état de leurs inquiétudes, tandis qu’une ancienne passagère du navire a été testée positive à Kuala Lumpur. Depuis, les autorités cambodgiennes ont commencé à rechercher la trace des passagers éparpillés.

23 février. 2462 décès, 78 773 cas, dont 23 226 rétablis.

La Chine épicentre de l’épidémie reste, de très loin, le pays le plus durement frappé avec 2442 décès (99,1%) et 76 936 cas dont 22 977 rétablis (97,6%). Le 21 février, Pékin signalait 230 cas dans la seule prison pour femmes de Wuhan

L’épidémie commence à s’étendre hors du Hubei. Au moins 200 prisonniers et 7 gardiens contaminés à la prison de Rencheng, 150 km au sud de Jinan au Shandong, et 34 cas dans la prison de Shilifeng à 150 km au sud-ouest de Hangzhou au Zhejiang où le directeur a été renvoyé.

A Pékin, à l’hôpital Fuxing partiellement en quarantaine depuis le début février, on dénombre 36 cas dont des personnels de santé des patients et leurs familles. Un autre cas est signalé l’hôpital de Beida.

*

Hors de Chine, 2 foyers importants se confirment en Corée du sud (4 décès et 556 cas dont 120 adeptes de « l’Église de Jésus » à Taegu, 240 km au sud-est de Séoul) et au Japon (135 cas, 1 décès).

Pour le Diamond Princess (2 décès et 634 cas), toujours à Yokohama, les procédures de fin de quarantaine ont commencé au milieu de controverses où les autorités japonaises ont reconnu des erreurs dans les contrôles des passagers dont 23 ont quitté le navire sans être testés.

Tous les passagers japonais ont débarqué. Les autres sont rapatriés par des vols affrétés par leurs pays d’origine. A l’issue, l’équipage sera placé en quarantaine au Japon.

En Iran, le nombre de cas a bondi à 29 avec 6 décès. En Italie, pays non asiatique le plus touché (79 cas), on compte 2 décès, l’un âgé de 78 ans en Vénétie, l’autre, une femme de 70 ans, en Lombardie. La majorité des contaminations ont eu lieu en Lombardie (54 cas) autour de Codogno, et en Vénétie (18 cas).

Le 22 février, la situation de l’épidémie en Italie où 11 villes ont été isolées, était la suivante : Lombardie 54 cas dont 1 décès et 18 en situation critique ; Vénétie 18 cas dont 1 décès. Emilie Romagne (Bologne), 3 cas ; Rome, 3 cas ; Turin, 1 cas.

Au total hors de Chine, 3 nouveaux pays sont touchés : Israël, Liban, Irak (1 cas chacun), ce qui, avec la Chine, porte à 33 le nombre de pays où l’épidémie s’est déclarée. Le nombre total de décès hors de Chine est de 20 ; le nombre de cas déclarés est de 1203 dont 232 rétablis.

Constatant l’extension de l’épidémie hors de Chine, le 21 février, le Directeur Général de l’OMS a, lors d’une conférence de presse, fait part de ses craintes que la fenêtre de contrôle de l’épidémie se ferme.

Le 27 février 2814 décès. 82 588 cas dont 33 345 rétablis.

Globalement la progression du nombre de cas et de décès fléchit.

Pour la première fois depuis le début de l’épidémie, le nombre de nouveaux cas hors Chine (+741) est supérieur à celui de la Chine (+450).

Hors Chine 49 pays sont touchés, avec une explosion des cas en Corée du sud (1766 dont 505 nouveaux et 13 décès), en Italie (528 dont 58 nouveaux et 14 décès), en Iran (245 cas dont 106 nouveaux et 26 décès), au Japon (207 dont 35 nouveaux et 4 décès).

Le nombre de cas augmente aussi à Singapour (96, 0 décès), à Hong Kong (92, 2 décès), aux États-Unis (60, 0 décès) au Koweit (43, 0 décès), en Thaïlande (40, 0 décès), à Barhain (33,0 décès).

Les nouveaux pays touchés sont l’Afghanistan, l’Algérie, le Brésil, le Danemark, l’Estonie, la Georgie, la Macedoine, la Norvège, la Roumanie. Tous avec 1 seul cas.

En France on compte 18 cas dont 11 rétablis, 1 en situation critique et 2 décès.

28 février. 2858 décès. 83 106 cas. 8493 critiques. 36 525 rétablis.

Globalement, les courbes de croissance des nouveaux cas et décès continue à fléchir. Depuis le 19 février, le nombre de cas rétablis chaque jour est supérieur à celui des nouveaux infectés.

On note trois fois plus de nouvelles contaminations hors de Chine (+ 947) qu’en Chine (+330)

En revanche, compte tenu du nombre de cas actifs en Chine (42 697 dont 8346 critiques) le total des nouveaux décès en Chine (+ 43) reste logiquement supérieur à ceux hors de Chine (+ 14). Depuis le début de l’épidémie, le nombre de décès en Chine est de 2788 (97,5%). Hors de Chine il est de 70.

Au dernier bilan, le plus grand nombre de nouveaux cas a surgi en Corée du Sud + 505. Viennent ensuite l’Italie + 185, l’Iran + 106, le Japon + 35, l’Allemagne + 21, la France + 20 (dont 12 sur la base militaire de Creil), le Koweit + 17, l’Espagne + 12, la Suisse + 7, les Émirats + 6. Ailleurs, la progression de l’épidémie varie entre + 1 et + 5 cas.

L’exactitude des chiffres doit cependant être tempérée par la variable de la transparence des autorités sanitaires de chaque pays.

Si on considère le nombre de décès cumulés, hormis la Chine, les pays les plus touchés sont l’Iran (26) et l’Italie (17). Viennent ensuite le Japon (4) Hong Kong (2), la France (2), Taïwan (1), Philippines (1).

Avec au total 53 pays touchés, le bilan du nombre de cas au 28 février est le suivant : (Le 2e chiffre est celui des rétablis) :

Chine 78 825, 36 128 ; Corée du Sud 1766, 24 ; Italie 655, 45 ; Iran 245, 54 ; Japon 207, 32 ; Singapour 96, 66 ; Hong Kong 92, 18 ; États-Unis 60, 6 ; Allemagne 48, 16 ; Koweit 43, 0 ; Thaïlande 40, 22 ; France 38, 11 ;

Bahrain 33, 0 ; Taïwan 32,5 ; Espagne 25, 2 ; Australie 23, 15 ; Malaisie 22, 20 ; Émirats 19, 5 ; Royaume Uni 16,8 ; Vietnam 16, 16 ; Canada 13,3 ; Macao 10,6 ; Suisse 8,0 ; Irak 7,0 ;

Suède 7,0 ; Oman 6,0 ; Autriche 5,0 ; Norvège 4,0 ; Philippines 3, 2 ; Croatie 3,0 ; Grèce 3,0 ; Inde 3,0 ; Israël 3, 0 ; Liban 3, 0 ; Finlande 2,1 ; Pakistan 2,0 ; Russie 2,2 ; Afghanistan 1,0 ; Algérie 1,0 ; Belgique 1,1 ; Brésil 1,0 ; Cambodge 1,1 ; Danemark 1,0 (*) ; Égypte 1,1 ; Estonie 1,0 (*) ; Géorgie 1,0 ; Macédoine 1,0 ; Népal 1,1 ; Pays-Bas 1, 0 ; Nigeria 1,0 (*) ; Saint-Marin 1,0 (*) Roumanie 1,0 ; Sri Lanka 1,1.

(*) Nouveaux pays touchés.

Nombre de cas critiques :

Chine 8346 (98,2%) ; Corée du Sud 18 ; Italie 56 ; Japon 13 ; Singapour 8 ; Hong Kong 6 ; Allemagne 2 ; Thaïlande 2 ; France 1 ; Taïwan 1 ; Espagne 2 ; Émirats. 1

1er mars. 2977 décès. 86602 cas. 7868 critiques. 42 137 rétablis.

A la date du 1er mars, la croissance du nombre de cas et de décès dans le monde par rapport à la période d’extension la plus rapide de l’épidémie (11 au 18 février) a été divisée par 2,1 pour le nombre de nouveau cas (+285/jour contre +1978/ jour) et par 2,3 pour les décès (+127/ jour contre + 54/ jour).

Les chiffres indiquent que l’épidémie freine en Chine, alors qu’elle continue à s’étendre dans le monde.

Le nombre de nouveaux cas hors de Chine est de +1403 contre +575 en Chine. La persistance du nombre de cas critiques en Chine (7664, en baisse de 829 cas) continue à produire plus de décès en Chine +35 (en baisse de 8) contre +19 hors de Chine (en hausse de 5).

Depuis le début de l’épidémie, le nombre de décès en Chine est de 2870 (96,4%). Hors de Chine il est de 107, soit +37 par rapport au bilan du 28 février.

Le plus grand nombre de nouveaux cas a surgi en Corée du Sud +813. Viennent ensuite l’Italie +239, l’Iran +205, la France +43, l’Espagne +25, la Norvège +9. Ailleurs la progression varie entre +1 et +5 cas.

L’exactitude des chiffres doit cependant être tempérée par la variable de la transparence des autorités sanitaires de chaque pays.

Si on considère le nombre de décès cumulés, hormis la Chine, les pays les plus touchés sont l’Iran (43), l’Italie (29), la Corée du sud (17). Viennent ensuite le Japon (5), Hong Kong (2), la France (2), Taïwan (1), Philippines (1) et les États-Unis (1)*.

(*) 1er décès depuis le début de l’épidémie.

Les nouveaux pays touchés sont l’Équateur, le Luxembourg, Monaco, le Qatar, la Lituanie, l’Irlande, l’Islande, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Nouvelle-Zélande.

Cas critiques :

Chine 7664 (97,4%) ; Italie 105 ; Japon 20 ; Corée du Sud 10 ; France 8 ; Singapour 7 ; Hong Kong 6 ; Allemagne 2 ; Thaïlande 2 ; Taïwan 1 ; Espagne 2 ; Émirats 2 ; États-Unis 1 ; Équateur ; Saint-Marin 1.

Le 8 mars. 3802 décès. 109 648 cas. 60 956 rétablis.

Important freinage du nombre de nouveaux cas en Chine +52 contre +3549 ailleurs. Le nombre de nouveaux décès en Chine (+28) est également notablement inférieur à celui hors de Chine (+202).

Autre indice que l’épidémie freine en Chine alors qu’elle se répand ailleurs dans 104 pays, la baisse du nombre de cas critiques (décès potentiels). Le 8 mars il était de 5264 alors que le 28 février, il y a une semaine, il était encore de 8346, soit une baisse de 36,9 %.

En dehors du Hubei, le nombre de nouveaux cas s’est aussi notablement contracté. Le 6 mars, le Zhejiang qui fut la première province à prendre des mesures restrictives hors du Hubei, réduisait son niveau de vigilance, après n’avoir constaté aucun nouveau cas en 9 jours.

Depuis quelques jours le site de suivi mondial de l’épidémie, établit le rapport entre le nombre de cas et la population de chaque pays touché, calculé pour chaque million d’habitants.

Au 8 mars, le palmarès toxique était le suivant : 1) Corée du sud : 142,6 ; 2) Italie : 122 ; 3) Iran : 78,2 ; 4) Chine : 56,1 ; 5) Bahreïn : 50 ; 6) Suisse : 38,9 ; 7) Norvège : 31,9 ; 8) Singapour : 25,6 ; 9) Suède : 20,1 ; 10) Belgique : 17,3 ; 11) France : 17,3 ; 12) Pays-Bas 15,5 ; 13) Hong Kong 15,2 ; 14) Koweit 15 ; 16) Espagne 13,1 ; 17) Allemagne 12,2 ; 18) Autriche 11,5 ; 19) Grèce 7 ; 20) Danemark 6 ; 21) Irlande 4,3 ; 22) Royaume Uni 4 ; 23) Portugal 2,9 ;

En Europe, l’Italie se trouve dans la situation la plus préoccupante avec 7375 cas, 366 décès (dont 133 ces dernières 24 heures) et 650 cas critiques. Le nombre de cas et leur augmentation justifie les mesures de fermeture et de restrictions adoptées par le gouvernement.

Quand la Chine cumule 80 703 cas dont 57 333 rétablis et 3098 décès, le Continent européen compte 12 090 cas dont 850 ces dernières 24 heures, 682 rétablis et 413 décès dont 146 ces dernières 24 heures (la plupart en Italie).

*

Constatant l’aggravation de l’épidémie hors de Chine, Pékin a entrepris d’installer des contrôles pour les voyageurs entrant et sortant de Chine.

Prévu début avril, le voyage officiel du Président Xi Jinping au Japon a été reporté à une date ultérieure.


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