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Transparence du fonds souverain chinois et querelles commerciales

On cite Google, symbole des heurts entre le système chinois et les sociétés occidentales, pour rajouter aussitôt que, contrairement au moteur de recherche américain, la plupart des sociétés engagées en Chine ont plus que jamais, besoin du marché chinois. Au demeurant le tableau n’est pas aussi noir pour tout le monde puisque les grands noms de l’automobile, comme Volkswagen, General Motors et d’autres, qui souffrent partout ailleurs, se portent plutôt bien en Chine. Mais la tendance générale est à la grogne et à la multiplication des conflits à l’OMC, avec des contre attaques chinoises.

« L’Occident attend beaucoup trop d’une Chine, dont la puissance et l’influence augmentent, mais qui n’est pas prête à jouer selon ses règles », dit David Shambaugh, sinologue à l’Université Georges Washington, tandis que Pékin, qui apprend vite, augmente le nombre de ses plaintes à l’OMC contre les Etats-Unis et l’Europe. Mais les nouvelles règles de l’OMC qui autorisent des représailles contre un Etat reconnu coupable d’avoir installé des barrières pour protéger son marché, sont de nature à calmer le jeu. Notamment entre ceux des pays qui peuvent faire valoir la force d’attraction de leur marché ou la valeur de leurs produits d’exportation, qu’il s’agisse de matières premières ou de produits industriels.

L’affaire Rio Tinto, qui refait surface est un exemple de conflit susceptible de se résorber par la tyrannie de l’offre et de la demande, à moins que Pékin, se sentant en position de force et cédant aux démangeaisons nationalistes, fasse exagérément grimper les enchères. Ce qui n’est pas impossible. Alors que Rio Tinto et le secteur de l’acier chinois ne sont pas encore parvenus à un accord sur le prix du minerai de fer, Pékin vient d’inculper - sans en avoir fourni publiquement les preuves - quatre cadres de Rio Tinto travaillant à Shanghai (1 Australien d’origine chinoise - Hu Stern - et 3 nationaux chinois), accusés d’avoir accepté d’importants pots de vin de la part d’aciéristes chinois, et détenus depuis juillet 2009.

Par ailleurs, alors que les aciéries japonaises et coréennes pourraient accepter la hausse des prix du minerai de fer de 40%, exigée par les géants minéraliers pour revenir aux tarifs d’avant 2008, les Chinois, sous la conduite de Baosteel, véritable Etat dans l’Etat, faisant valoir l’importance de leurs achats, refusent d’envisager une hausse supérieure à 30%. Mais Rio Tinto, qui est loin d’être sorti du rouge, a conscience que son redressement en cours - ses bénéfices 2009 ont augmenté de 33% - dépend surtout des importations chinoises, de loin le plus important marché de la planète, dont les besoins augmenteront encore de 9% en 2010.

L’affaire se complique encore avec les réminiscences néfastes de la rebuffade subie par Chinalco en juin 2009, quand Rio Tinto avait finalement tiré l’échelle d’une négociation qui durait depuis février pour le rachat, par le groupe chinois, de 18% de ses parts. Le conflit est emblématique du mélange détonnant entre les dures réalités économiques, les effets du nationalisme chinois mal placé et le « poison du péril jaune », qui commence à monter dans beaucoup de régions du monde face à l’irrésistible émergence de la Chine.


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