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17e Congrès, compromis au sommet pour un développement plus équilibré

Le 17e Congrès n’a pas réservé de surprises majeures. La politique de réparation des dommages produits par plus de 20 ans de modernisation rapide et parfois sauvage, initiée dès 2002 et confirmée en 2004, a été entérinée par le nouveau Comité Central. Ce dernier a adopté le concept de « développement scientifique » comme le moyen d’atteindre l’objectif idéal d’une « société harmonieuse ». Ces deux concepts complémentaires figurent maintenant dans la constitution au même titre que les « 4 modernisations » de Deng Xiaoping et les « Trois représentativités » de Jiang Zemin.

Dès lors la trajectoire est claire : à la fin des années 70, la Chine se lance avec enthousiasme dans la modernisation et les affaires, poussant sur le devant de la scène des entrepreneurs de plus en plus puissants. Au milieu des années 90, Jiang Zemin, anticipant qu’il était impossible que le Parti tienne à l’écart les forces vives économiques du pays, invente sa théorie des « 3 Représentativités », qui, après Deng Xiaoping confirme le rejet de l’idéologie de la lutte des classes et invite les hommes d’affaires capitalistes à se joindre au Parti.

Cet ajustement idéologique n’a à ce jour connu qu’un succès mitigé (en 2007, près de 10 ans après ce coup de barre idéologique, les hommes d’affaires privés ne comptent que pour 3% du total des 72 millions d’adhérents au PCC). Il reste qu’il a fonctionné comme une incitation et une caution supplémentaires du pouvoir, poussant les Chinois dans le maëlstrom de la modernisation et des affaires, grandes ou petites, publiques ou privées. Souvent sans trop de discernement ni de considération pour les effets pervers qui créèrent une longue série de déséquilibres humains, sociaux et écologiques.

Nous en sommes là : dans son discours d’ouverture de plus de 2h30, Hu Jintao, Secrétaire Général du Parti, a longuement énuméré les causes des possibles fractures -corruption, faiblesse de l’état de droit, creusement des inégalités, indigence du revenu des campagnes, des couvertures sociales et de santé, déficiences du système éducatif dans l’arrière pays, destruction de l’environnement. Il a souligné que la Chine s’était certes développée de manière spectaculaire, mais qu’elle avait payé un prix humain et écologique trop élevé. De surcoît, la croissance continuait à un rythme accéléré au prix de considérables gaspillages de ressources.

Le discours fixait aussi la direction à suivre : replacer l’homme au centre du développement en réduisant les inégalités sociales et les déséquilibres ; mieux gérer la croissance en économisant les ressources et l’énergie et en réduisant les pollutions ; enfin rechercher la qualité et l’excellence dans tous les domaines. L’attention portée à la qualité tourne le dos au développement quantitatif et aux avalanches de statistiques de la propagande qui cachent les immenses gaspillages du système productif. Et la nouvelle considération portée aux individus renvoie à l’ancien slogan maoïste, si souvent répété et si rarement appliqué : « pour servir le peuple », encore inscrit sur tous les bâtiments administratifs et à l’entrée de Zhongnanhai, siège du pouvoir chinois à Pékin. Elle s’accompagne d’une attention particulière accordée à la réduction de l’arbitraire, autre point fort du discours de Hu Jintao qui a longuement insisté sur la nécessité de renforcer le droit et les performances de l’appareil judiciaire.


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