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17e Congrès, compromis au sommet pour un développement plus équilibré

Enfin, tous les observateurs auront noté l’insistance avec laquelle le Secrétaire Général a évoqué sa manière de concevoir le développement de la démocratie en Chine. Nous sommes encore loin de l’organisation dans tout le pays d’élections libres qui sont des compétitions entre des invidus représentatifs de partis politiques dûment reconnus. Mais il ne fait pas doute que la volonté existe de trouver le moyen d’un dialogue avec le peuple, jusque là laissé à l’écart des questions politiques. Tout en réaffirmant le maintien du monopole politique du PCC, au moins autant préoccupé par son maintien au pouvoir que par les intérêts de la Chine, Hu Jintao, qui récuse toujours le concept démocratique « d’opposition politique », plaide pour une « démocratie aux caractéristiques chinoises », plus faite de dialogue, de concertation et de participation, que de joutes politiques.

A cet effet, il prône un nouveau « style de pouvoir », construit autour d’échanges et de consultations avec les autres partis, les associations représentatives professionnelles ou sociales, et les individus, dans un contexte où des élites non communistes seraient de plus en plus invitées à participer au gouvernement du pays. Ces tendances se développent déjà depuis plusieurs années au travers des élections locales, de la remise à l’honneur de l’ancestral « droit à pétition » et depuis peu, au moyen de sondages réalisés par internet pour vérifier l’impact de nouvelles lois ou pour tester, en dehors des incessantes campagnes d’auto-promotion, la popularité réelle du Parti. Il n’y a là aucun changement constitutionnel radical et le Parti n’est toujours pas prêt à partager le pouvoir et encore moins à le mettre en jeu. Il entend au contraire rester maître de la situation politique qu’il n’estime pas suffisamment mûre pour la livrer au jeu dangereux des affrontements politiques publics.

On aurait cependant tort de sous estimer ces évolutions qui, à bien des égards, conduiront un jour ou l’autre les dirigeants, puis le Parti, à rendre des comptes. Prenons l’exemple des sondages - certains en Chine y voient d’ailleurs un substitut aux élections -. De proche en proche, ils favorisent une liberté de ton qui n’hésite plus à remettre en cause les cadres locaux, jugés par les internautes à l’aune de leur capacité à appliquer les directives du centre. Qu’ils le veuillent ou non, cette tendance qui prend corps, oblige les échelons subalternes de la hiérarchie à plus de vigilance et à moins de désinvolture que par le passé. Il n’est pas exclu que, sauf à revenir en arrière ce qui serait dangereux, le niveau des cadres ainsi mis sur le gril s’élève progressivement.

L’affaire est donc à suivre car elle traduit le retour de la politique en Chine. Elle recèle un potentiel de réformes des mentalités et du style de gouvernement, en même temps que des risques de tensions au sein du pouvoir entre ceux qui se contenteraient de l’actuel niveau d’ouverture, qu’ils jugent déjà très risqué et ceux qui, au contraire, estiment que « plus les réformes politiques prendront du retard, plus le risque de graves désordres sociaux et de crises politiques inopinées sera élevé ».


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