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›› Editorial

Chine – Europe. Bruxelles se cabre en plein « BREXIT »

Appel pour une meilleure cohésion européenne.

Le premier ministre Li Keqiang en visite à Bruxelles à l’été 2015, avec à sa droite Jean-Claude Junker président de la Commission et à sa gauche Donald Tusk, président du Conseil européen. Federica Mogherini regrette le manque de cohésion des Européens face à la Chine.

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La fin du document est un appel pour une approche « globale et européenne » de la relation avec la Chine. A cet égard, le papier réclame une position concertée qui tiendrait compte des intérêts communs de l’Union assortie d’une réévaluation régulière des objectifs, des modes d’action et des priorités.

La question n’est pas nouvelle. Au printemps 2012, le Think Tank européen « European Council on Foreign Relations - ECFR - » avait déjà publié un document sur le développement univoque, hors des priorités de Bruxelles, des relations économiques entre la Chine et l’Allemagne et leurs conséquences pour l’Union Européenne. Il appelait déjà à la prudence et plaidait pour une unité d’action de l’Union face à la Chine.

L’étude s’interrogeait sur les conséquences négatives des relations économiques de plus en plus étroites entre Pékin et Berlin, sur les intérêts stratégiques de l’UE que sont sa politique étrangère commune, ses approvisionnements en matières premières et en énergie, ses efforts contre le réchauffement climatique et pour la promotion des droits de l’homme. Lire aussi Chine – Allemagne – Europe. Le grand malentendu

Aujourd’hui, les frictions politiques apparues lors du dernier voyage d’Angela Merkel en Chine dont le fond est la protection des technologies de l’industrie allemande, marquent un retour en force de la priorité donnée aux intérêts européens, maintes fois réaffirmées dans la proposition de Federica Mogherini.

Alors que, contrairement à certains de ses ministres, Angela Merkel ne s’est pas opposée à la reprise de Kuka par MIDEA et que les actionnaires du groupe allemand eux-mêmes sont favorables à la fusion, les frictions signalent également un craquement à l’intérieur de la classe politique allemande au moment où la Chancelière commence à être affaiblie par la question des migrants qui secoue l’UE.

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Le surgissement des grandes menaces qui planent sur la construction européenne au moment où les électeurs britanniques viennent de décider de quitter l’Union, pose une fois de plus la question de la crédibilité stratégique de l’Europe et, par conséquent, de ses politiques à l’égard de la Chine dans un contexte où Pékin, après avoir en 2003 d’abord parié sur la puissance montante de l’Europe, préfère aujourd’hui et, de très loin, entretenir des relations séparées avec les États membres.

Influence et liberté stratégiques de l’Europe affaiblies.

Lors de la manœuvre Anaconda en juin, les troupes de l’OTAN ont construit un pont sur la Vistule en Pologne que les troupes de l’OTAN, essentiellement américaines et polonaises, ont franchi avant une troisième phase de l’exercice prévue en Lituanie, aux portes de la Russie.

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Ce ne sont pas les dernières évolutions en cours dans notre « Vieux Continent » qui conduiront Pékin à modifier sa position à l’égard l’Europe où elle constate que Bruxelles ne semble plus avoir aucune prise sur la situation désormais marquée, comme en Asie, par la rivalité entre Moscou et Washington.

S’il fallait une preuve de ces évolutions néfastes qui relèguent l’Europe au rang de spectateur chez elle, il suffirait – comme vient de le faire une des dernières éditions de la Lettre de Léosthène - de considérer les récentes manœuvres de l’OTAN baptisées Anaconda, du 7 au 17 juin en Pologne qui mobilisaient au nez et à la barbe de Bruxelles 12 000 Polonais, 14 000 Américains, 3000 véhicules, 105 avions et 12 navires de guerre.

Fortement critiqué en Allemagne par le SPD, mais encouragé par le CDU et un article au vitriol de la Frankfurter Allegmeine Zeitung qui dénonçait une déclaration du ministre des Affaires étrangère Steinmeier parlant de rodomontades provocatrices étalées sous le nez de Moscou, le déploiement de forces rejoue en Europe les manœuvres militaires américaines, constamment vilipendées par Pékin en Asie.

En Europe, elles compliquent le dialogue avec la Russie. Affaiblissant l’empreinte stratégique de Bruxelles plus bureaucratique que jamais, elles poussent presque mécaniquement la Chine dans les bras de Poutine arrivé à Pékin le samedi 25 juin.

La communication en Anglais :
JOINT COMMUNICATION TO THE EUROPEAN PARLIAMENT AND THE COUNCIL, Elements for a new EU strategy on China (document PDF).


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