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›› Editorial

Compétition stratégique mondiale. L’envers du décor et l’indigence de l’Europe

Aux Etats-Unis, le sentiment du déclin et de l’effritement de son magistère global exacerbe les contentieux commerciaux ou stratégiques, d’autant plus aigus qu’ils sont, de part et d’autre, attisés par l’effet multiplicateur des surenchères de la politique intérieure. En Chine, la fierté nationale en hausse rapide s’est appuyée sur les succès économiques, récemment concrétisés par l’accession au rang de deuxième économie et de premier exportateur mondial avant l’Allemagne et l’augmentation de l’influence de Pékin au sein du FMI, dans les pays tiers-monde et dans le groupe des pays émergents.

Ces succès et le nouveau prestige de Pékin, également soucieux de flatter son opinion publique par une attitude « profil haut » sur la scène internationale, ont incité le Parti à refuser de s’aligner sur les positions américaines à propos des provocations nord-coréennes et à durcir son discours sur le caractère indésirable de la présence militaire américaine en Asie et sur les ventes d’armes à Taïwan.

N’étant pas disposée à céder un pouce sur les contentieux commerciaux et sur les questions de souveraineté, et en attendant que le dialogue avance sur l’environnement, les énergies propres, la coopération spatiale, lieu de toutes les méfiances, la réforme du système monétaire international, ou la question coréenne, Pékin a, selon son habitude, consenti à mettre de l’huile dans les rouages en signant plus de 45 Mds de $ de contrats.

En arrière plan subsistent cependant les interrogations posées par le surgissement de la Chine dans le paysage mondial, dont les commentaires souvent dilatés de la puissance chinoise ne rendent compte qu’en partie. La nouvelle « arrogance » de Pékin, telle qu’elle est perçue par plupart des Occidentaux, a en effet une face cachée, qui est celle de l’inquiétude ressentie par les dirigeants confrontés aux formidables défis internes du pays, dont certains sont directement liés à la capacité de maintien au pouvoir du Parti. 

Elle s’exprime sur un fond de tableau où se croisent deux phénomènes, dans une conjonction qui n’est pas sans risques : la montée d’un nationalisme, d’autant plus vigoureux qu’il est attisé par le Parti, dont la légitimité idéologique s’est évanouie, et, en amont de la passation de pouvoir en 2012, le retour des rivalités de factions au sein du système de moins au moins monolithique et dont la parole, parfois contradictoire, pourrait exprimer les dissensions internes.


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