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›› Taiwan

Détente dans le Détroit. Réalités et illusions

La première proposition touche aux questions militaires avec, en filigrane, le poids de la menace missiles régulièrement mise en avant par Pékin en réponse au développement des tendances indépendantistes. Celles-ci avaient été facilitées dans l’Ile par l’évolution démocratique qui, en 2000, avait conduit le DPP au pouvoir.

Hu Jintao, semble maintenant tenir compte de ce que la persistance des risques militaires et du chantage aux missiles ferait obstacle aux apaisements. Il propose que les deux parties mettent sur pied une structure d’échange entre les forces armées, destinée à « instaurer la confiance » et, partant, à réduire les risques de dérapage militaire dans le Détroit. A défaut du démantèlement des missiles réclamé par Ma Ying-Jeou, ce geste, s’il est suivi d’effets, constituera déjà un effort important pour la faction dure le l’APL, dont la modernisation et les exercices sont, depuis une dizaine d’années, calibrés en vue d’un conflit dans le Détroit.

La seconde ouverture renvoie à la quête des élites taiwanaises pour une plus grande marge de manœuvre diplomatique. Pour le Secrétaire Général du PCC, la question des attentes taiwanaises pour plus de liberté diplomatique pourrait être résolue par la négociation.

A cet égard la plupart des observateurs anticipent que Pékin autoriserait bientôt l’accession de Taiwan à l’Organisation Mondiale de la Santé sous le nom de « Chinese Taipei ». Une initiative sans grands risques pour la Chine, puisque l’Ile est déjà représentée sous ce nom au sein du Comité International Olympique et de l’Organisation Mondiale du Commerce.

C’est peu dire que ces évolutions positives tranchent avec la rigidité du Parti sur les autres questions liées à l’unité du pays, au Xinjiang et au Tibet. Il est vrai que dans ces deux cas les divergences sont compliquées par de lourdes fractures culturelles, alors que dans le cas de Taiwan le conflit est essentiellement historique et politique. En tous cas la souplesse chinoise a fait surgir chez les hommes d’affaires taiwanais des espérances nouvelles.

Les entrepreneurs de l’Ile qui, en 30 ans, ont investi 100 milliards de dollars en Chine, lient toujours leur destin au faible coût de la main d’œuvre sur la « Grande Terre » et aux dimensions du marché chinois. En dépit des critiques sur l’Ile qui craignent l’avalanche des produits chinois bon marché à Taiwan et l’aggravation du déficit commercial, (déjà très lourd dans l’agriculture, puisque la Chine vend déjà 6 fois plus de produits agricoles à Taiwan que l’Ile n’en exporte vers la « Grande Terre »), il est probable que les liens directs accélèreront encore le rapprochement économique et commercial entre les deux rives.


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