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›› Chronique

HONG KONG à l’orée de 2020

Protestation de masse au nouvel an.

Dès le 1er janvier 2020, la foule compacte opposée au gouvernement était de retour dans les rues de la R.A.S entre Victoria et Central encore une fois à l’appel du front des droits civiques. Estimée à un million, les manifestants dont beaucoup étaient masqués et vêtus de sombre avaient obtenu l’autorisation de la police et brandissaient des pancartes et des banderoles réclamant une réponse de Carrie Lam à leurs requêtes.

Quelques pancartes réclamaient l’indépendance. La plupart des participants disaient se battre pour les libertés de la R.A.S.

Après la mise à sac d’une banque, la police demanda aux organisateurs de disperser la manifestation. Il s’en suivit un chaos. Alors que nombre de participants obéirent, les quelques centaines restées sur place firent face à la police et se trouvèrent en situation illégale. 400 d’entre eux ont été arrêtés.

Dans la foulée des protestations contre l’invasion des hommes d’affaires du Continent, le 5 janvier, quelques milliers de manifestants défilèrent encore à Sheung Shui, aux cris de « Bénissons Hong Kong 保佑 香港. Protégeons Seung Shui 保护 上水 ». Eux aussi en avaient contre les commerçants chinois.

Un bilan alarmant, marqué par l’effondrement de la confiance.

Au total plusieurs milliers de protestataires sont toujours sous les verrous. Depuis la mi-juin, 10 personnes sont décédées dont 9 par suicide directement lié aux troubles (a Hong Kong, même en situation normale, le taux de suicide est élevé).

Selon les statistiques de la R.A.S l’économie est entrée en récession, marquée par une crise des approvisionnements, la baisse de la consommation et la chute des transactions immobilières. Le tourisme a été le secteur le plus affecté avec une baisse moyenne des visites de plus de 30%.

Politiquement, la crise a révélé et aggravé la fracture entre une partie de société et le gouvernement de la R.AS. L’autorité de la Gouverneure Carrie Lam, vue comme arrogante, absente, peu réactive et obstinément inféodée à Pékin s’est gravement affaiblie. Au point que Robert Chung, directeur de l’Institut indépendant d’opinion publique de la R.A.S, constatant l’effondrement de la popularité de Carrie Lam à seulement 22,3% en octobre 2019 - la plus basse depuis 1997 - qualifiait la situation de « désastreuse ».

Celle-ci est encore aggravée par la défiance générale qui frappe les forces de police accusées de brutalités indiscriminées. Dans une analyse mise en ligne le 9 octobre (lire : « Hong Kong noir ». Le conservatisme du Parti à l’épreuve d’un courant révolutionnaire, Fonrath explorait le dilemme de la police.

« Pour ce corps, la crise en cours comporte de nombreux risques ; celui, évidemment, de faillir à sa mission et de se voir reprochés des excès par les manifestants (la reconnaissance des violences policières est déjà une des revendications des protestataires) et d’être un bouc émissaire facile pour les autorités, avec en fin de compte la “double peine“ d’une fracture irrémédiable au sein de la société hongkongaise et l’accentuation de l’emprise du Ministère chinois de la Sécurité Publique, symbole s’il en est de la fin du caractère spécial de Hong Kong. (…)

(…) « Cette “double peine“ catalyse l’escalade dans la crise car elle rend naturelle la mainmise des forces de sécurité chinoises sur le maintien de l’ordre à Hong Kong. »

Tout au long du 2e semestre 2019, les positions se sont durcies entre, d’une part, le radicalisme des pro-démocrates angoissés par l’échéance de 2047 qui avalera Hong Kong, détruisant son originalité politique, son système économique et ses libertés et, d’autre part, la raideur inflexible du Parti communiste chinois pour qui la rétrocession est le symbole indépassable de la rédemption nationaliste après les humiliations subies par la Chine au XIXe siècle.

Écoutons Martin Purbrick, résident dans la R.A.S, ancien de la police Royale Britannique de Hong Kong. Lire : A report of the 2019 hong kong protests.


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