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›› Editorial

Hong Kong : bataille rangée, controverse juridique, souveraineté et droit des individus

Malentendus des « Deux systèmes ». Nationalisme et contestation.

On se souvient des vastes protestations fustigeant le projet d’article 23 sur la sécurité nationale que Pékin avait en 2003 « suggéré » au gouverneur Tung Chee-hwa (gouverneur de 1997 à 2005, date à laquelle il a démissionné), de faire adopter par le Conseil Législatif.

Sa teneur aux allures de loi d’exception fut, 6 années après la fin de la règle britannique remplacée par les « deux systèmes », une première alerte qui mobilisa l’opinion de la R.A.S. Un premier accroc dans le pacte de confiance liant Pékin à Hong Kong. Son souvenir ne s’est pas effacé.

Alors que rien dans la situation du Territoire ni dans celle de son environnement direct ne justifiait autant de précautions sécuritaires, le projet finalement retiré sous la pression de la foule, ciblait expressément : « la trahison, la sécession, la sédition et la subversion contre le gouvernement central ».

Autant dire que la marge d’interprétation volontairement vague aurait donné au pouvoir la possibilité de tuer dans l’œuf la moindre contestation.

Dans la plus pure tradition totalitaire assimilant toute information sensible à une félonie, il condamnait aussi le « vol de secrets d’État » et, confirmant la crainte politique que le régime éprouve à l’égard des menées des ONG américaines de promotion de la démocratie comme National Endowment for Democracy (NED), il interdisait aux « organes et groupes politiques de la R.A.S d’établir des liens avec des organisations ou organes politiques étrangers ».

En 2014, le mouvement « Occupy Central » de désobéissance civile (27 septembre au 5 décembre 2014) fut une autre réaction de déception – certains parlèrent de désespoir - des étudiants de Hong Kong soutenus par le parti démocrate.

Les deux qui militaient pour l’élection du gouverneur au suffrage universel sans limites, s’insurgèrent contre l’annonce le 31 août 2014 du Comité permanent de l’A.N.P à Pékin, de passer au préalable les candidats au crible d’un comité de sélection de 1200 membres identique au comité électoral fonctionnant sous l’influence de Pékin pour la nomination du gouverneur.

La fermeté des pro-démocrates et des étudiants en faveur d’un scrutin sans intervention de Pékin constitua probablement le premier signe d’un durcissement anti-chinois d’une partie de la population de Hong Kong [2].

Lors d’une réunion à Shenzhen, le 31 mai 2015 avec une délégation du Legco comprenant des membres le parti démocrate, le parti répliqua par une rigidité tout aussi inflexible en rejetant l’exigence d’un suffrage universel sans intrusion de Pékin.

Étaient présents, outre les parlementaires de Hong Kong, représentant Pékin : Li Fei membre du Comité Permanent de l’ANP et Wang Guangya Directeur du Bureau des Affaires de Hong Kong et Macao et, venant de Hong Kong, Zhang Xiaoming chef du bureau de Pékin à la R.A.S.

Le 18 juin 2015, le Legco rejeta la proposition de Pékin d’un suffrage universel aménagé par 28 voix contre 8, au milieu d’un désordre où 33 députés favorables à Pékin ayant quitté les lieux, ne participèrent pas au scrutin. Lire : Hong Kong : un suffrage universel aux « caractéristiques chinoises. ».

A l’époque certaines voix démocrates s’étaient élevées contre le rejet de la proposition de Pékin estimant qu’elle fermait la porte à une opportunité. Il faut cependant reconnaître que le maintien sans changement d’un comité de sélection des candidats aux ordres de Pékin donnait à la proposition de Pékin toutes les apparences d’une manœuvre et d’une provocation.

Note(s) :

[2En 2014 l’opposition exprimée contre Pékin était moins large qu’en 2019. Il y a 5 ans, en effet, la mouvance favorable aux hommes d’affaires et opposée aux désordres avait réussi à organiser le 17 août une vaste manifestation pour protester contre les actions de « Occupy Central ».

Rassemblant de 80 000 à 100 000 personnes, en moyenne plus âgées que les militants d’un authentique suffrage universel, le défilé avait rallié les organisations professionnelles et les milieux d’affaires venus en groupes constitués brandissant assez souvent des drapeaux chinois. Lire : Hong Kong : Pékin soutenu par les milieux d’affaires et le mouvement de la « majorité silencieuse ».

En 2019, l’absence de mouvements identiques significatifs montre à quel point l’audience de Pékin s’est rétrécie dans la R.A.S.


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