›› Chronique
Hausse des prix du minerai.
Une des conséquences les plus spectaculaires du coup de fouet par injection de capitaux publics estimé à 1000 Mds de $ en grands travaux d’infrastructures de transports et en investissements industriels et immobiliers, est déjà visible dans le prix du minerai de fer, qui en décembre a atteint son plus haut niveau depuis 2010.
Au 4e trimestre 2012, la tonne se négociait à 119,88 $, au port de Tianjin. En janvier 2013, elle était à 145 $. En juin, elle pourrait, en fonction des analystes, se situer dans une fourchette de 150 à 170 $ la tonne. L’estimation la plus optimiste étant celle de Westpac Banking Group Corp. (WBC). Quel que soit le chiffre, il constituera une sérieuse embellie après la chute des prix de septembre à moins de 90 $ la tonne, que WBC avait anticipée, à leur plus bas niveau depuis trois ans.
La hausse rapide depuis septembre a été tirée par la confiance dans une accélération de la croissance chinoise, dont les estimations pour 2013 varient entre 8,6% pour HSBC et 7,4% pour la Société Générale, avec une moyenne de 8,2% établie à partir d’un panel de 18 banques et agences d’investissements, dont JP Morgan, la Banque Mondiale, le FMI, l’OCDE, Natixis, le Crédit Suisse, Goldman Sachs et la Bank of America.
Tous les observateurs estiment qu’en 2013, poussées par la demande des secteurs de l’acier - infrastructures de transport, constructions mécaniques et machines de chantier, à quoi s’ajoutera l’immobilier -, les importations chinoises de minerai de fer augmenteront de plus de 7% pour atteindre au moins 770 millions de tonnes, soit 65% du marché mondial.
La demande chinoise sera encore accélérée par la baisse régulière de la qualité du minerai domestique dont la teneur en fer est aujourd’hui près de quatre fois inférieure à celle du minerai importé (14% au lieu de 63%). Enfin, l’accélération des importations chinoises contribue d’autant plus à la hausse du prix du minerai de fer que les tensions sur la demande ont été renforcées par le recul en 2012 des investissements de grands minéraliers du secteur (BHP Billiton, Vale SA et Rio Tinto).
Mais s’il est vrai que tout le monde s’accorde pour dire que la relance continuera à produire ses effets sur la croissance et les prix du fer en 2013, les avis sont partagés dès qu’on tente de se projeter au-delà. Beaucoup spéculent en effet sur un nouveau ralentissement de l’économie chinoise en 2014, freinée par l’absence de réformes structurelles et la persistance des prébendes qui sont autant d’obstacles à un saut qualitatif et aux indispensables augmentations de productivité du capital et de la main d’œuvre.
Il reste que le mouvement d’urbanisation en cours, avec ses immenses défis de logements, voies de communication et d’infrastructures, continuera à maintenir les besoins de la Chine en minerai de fer à un taux élevé.


Par Caligula Le 25/02/2013 à 22h33
La Chine et la guerre du fer.
Bonjour,
La boulimie de matières premières de l’Empire du Milieu peut-elle s’accorder avec les besoins de l’Occident (j’entend par là les USA, l’UE). Quand on voit à quelles extrémités en sont arrivés ses pays pour s’approvisioner en minerais, et autres énergies fossiles, on peut (enfin, c’est le cas pour moi) se poser quelques questions sur l’issue de cette course aux matières premières et, par extension, aux profits.
Exemple : le gouvernement nord-américain est en train de ravager, au sens écologique, son territoire avec les gazs de chistes pour éviter une trop grande dépendance pétrolière.
La France a dit non à l’exploitation de cette ressource, mais par-là même augmente sa dépendance à l’importation de gaz. Le-dit gaz, vendu par la Russie et acheminé à l’aide du Northstream et, prochainement, du Southstream ; construit avec l’aide de la Chine.
Chine qui a investit en Algérie, dans la compagnie pétrolière Sonatrach, laquelle a fait de nouvelles découvertes de gisements. Et la Sonatrach est une des sociétés qui approvisionne l’Europe.
Au-dela de ça, la Chine a, depuis quelques années, massivement investit dans les pays émergents (sauf ceux situés sur son continent, il me semble) Amérique du Sud, et Afrique. Hors, il semblerait que ses vues sur le continent africain soient mal vues (zut, une répétition) par l’Occident. Et quand on connait la tactique mise en place par les USA et consors pour avoir accés à des matières premières...
Mais, et cela peut paraître ahurissant ; à ma connaissance la Chine n’a rien employé de plus agressif que son droit de véto à l’ONU (à propos de la Syrie).
Donc, question : le gouvernement chinois, serait-il prés, en cas de nécessité, à défendre ses intérets sur d’autres continents que le sien avec l’aide de l’APL ? Et, dans ce cas-là, il serait intéressant de voir la réaction de l’Occident.
Je vous remercie pour votre réponse à mon précédent post.
Salutations.