Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Chronique

La Chine et quelques uns de ses voisins

L’opposition indienne joue de ces méfiances pour accuser le pouvoir de faiblesse. Récemment, sur le site « project syndicate », Jaswant Singh, nationaliste intransigeant, coutumier des déclarations polémiques, ancien ministre des AE, des finances et de la Défense de l’Inde, membre de l’opposition, dénonçait la présence de 10 000 soldats chinois à la frontière (Col de Khunjerab) et le long de la route de Karakorum, reliant le Xinjiang au Pakistan.

Pour autant, Pékin avait dépêché ces troupes au Cachemire (7000 hommes du génie et des transmissions) pour aider les populations sinistrées par les récentes catastrophes et réparer les infrastructures, dont une partie avait été construite par les ingénieurs chinois eux-mêmes, pour relier le Xinjiang au Pakistan et à la Mer d’Arabie.

Aujourd’hui, la Chine pourrait bien tirer partie de sa maîtrise dans les ponts et chaussées pour étendre et prolonger sa présence dans la zone, non seulement au Cachemire pakistanais toujours sinistré, mais également dans la partie sud, contrôlée par l’Inde. Le 15 septembre dernier, le ministre indien en charge des infrastructures routières, de passage à Pékin, créait en effet la surprise en annonçant que son pays accueillerait des investissements chinois pour l’extension et la réparation du réseau autoroutier en Inde, y compris dans la zone de Jammu, au Cachemire indien.

Cette offre, qui prend l’opposition indienne à contrepied, tranche brutalement avec les attitudes de méfiance qui s’exprimaient jusqu’à présent par de sévères restrictions de visas imposées par l’Inde aux compagnies chinoises. Elle ouvre à la Chine la possibilité d’augmenter son influence dans les zones contestées, où les inondations et les glissements de terrain ont gravement endommagé les infrastructures.

Au Cachemire pakistanais, la Chine, également inquiète des risques de dérapage du pays vers l’islamisme radical, dispose déjà d’un réseau de contacts avec les fonctionnaires d’Islamabad, tandis que ses sociétés de construction commencent à dynamiser l’économie locale par leurs contrats de sous-traitance.

Si la proposition de l’Inde était suivie d’effet, les compagnies chinoises de construction y développeraient les mêmes stratégies d’influence, auxquelles les populations locales et les fonctionnaires, en quête de travail, de contrats et d’argent frais, ne peuvent résister.

Dans une zone en pleine effervescence, proche du bourbier afghan, l’enjeu et les défis sont de taille. S’il est vrai que son implication dans la zone conforte ses projets d’ouverture du grand Ouest chinois vers la Mer d’Arabie, Pékin devra rester à l’écart des violents troubles qui secouent la région. Depuis le 11 juin, en effet, 72 manifestants anti-indiens ont été abattus par les forces de police de New-Delhi dans la région de Srinagar, dans le sud Cachemire où New-Delhi voudrait impliquer les compagnies chinoises (AFP 13 septembre).

Elle devra aussi se défendre des accusations « d’annexion rampante » de ceux qui, en Inde et ailleurs, considèrent avec appréhension l’élargissement de l’influence chinoise dans la région.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Hong Kong : l’Art 21 sur la sécurité nationale, arme absolue de Pékin contre les émeutiers démocrates. Les juges de la R.A.S. résistent-ils ?

Le Parti, point de situation et perspectives. La « sécurité nationale », assurance à large scope pour la pérennité du Parti-État

Bruits de ferraille en mer de Chine de l’Est. Chronique d’un nationalisme enflammé et contrecoups

Retour sur la troublante psychose de l’origine fabriquée de la pandémie

A Hong Kong, Pékin impose le patriotisme électoral et éteint la mèche démocratique allumée par Chris Patten