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La Chine et quelques uns de ses voisins

Avec Pyongyang, l’attitude de Pékin reste inflexiblement attachée à la préservation du Régime de Kim Jong Il ou de ses successeurs, en dépit des deux explosions nucléaires en 2006 et 2009, qui mirent le régime chinois en porte à faux et un terme au dialogue à 6 sur la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Tout indique même que la position chinoise en faveur de la stabilité de son voisin s’est récemment durcie, créant à Séoul ressentiment et méfiance. Au cours de la deuxième moitié de 2009, après le deuxième test nucléaire, et alors même que Pékin s’était associé aux sanctions onusiennes, Kim Jong Il s’est rendu en Chine, juste avant la visite à Pyongyang du ministre de la défense Liang Guanglie, elle-même suivie, quatre mois plus tard, par celle du Premier Ministre Wen Jiabao.

Peu après, la Chine signait, par le biais d’une société de Dalian, un accord de leasing sur 10 ans des installations du port nord-coréen de Rajin. Enfin, lors du torpillage de la frégate sud-coréenne Cheonan, le 26 mars 2010, Pékin a clairement pris ses distances avec le rapport d’experts qui accusait Pyongyang.

Aujourd’hui, alors que de nombreux observateurs soulignent les risques liés à la transition, le Parti observe avec attention les prémisses politiques de la succession de Kim Jong Il qui devrait être assurée par son fils Kim Jong Oeun, récemment promu général en même temps que la propre sœur du « Cher dirigeant ». Cette situation conduira à une direction collégiale du Régime dont la première conséquence pourrait être la recrudescence des rivalités internes.

A Zhongnanhai, on est d’autant plus attentif aux évolutions en cours, qu’en cette période d’incertitude le Régime Nord-coréen est encore moins enclin aux concessions. Signe qu’à Pékin et Pyongyang on ne veut rien laisser au hasard, la chasse aux transfuges s’est considérablement durcie. Le journal Asahi Shimbun signale que l’appareil de sécurité chinois travaille étroitement avec la police secrète nord-coréenne, dont une centaine d’agents opèrent en Chine, en liaison avec la Police Armée pour traquer les fugitifs partout dans le pays.

Le resserrement des mailles du filet serait directement lié aux incertitudes de la transition. Les équipes de policiers sont déployées dans les régions du Yunnan, du Guangxi et dans la province de Canton sur la route du Vietnam du Laos ou de la Thaïlande, possibles destination des réfugiés. Le Shandong, destination privilégiée des investisseurs sud-coréens et patrie de nombreux Chinois d’origine coréenne, est également la cible des enquêteurs.

Bien qu’il n’existe que peu de statistiques officielles, on estime que plusieurs dizaines de milliers de Nord-coréens fuient leur pays chaque année et que près de 400 000 Coréens vivent clandestinement en Chine.


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